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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Aux savants, aux dirigeants !
Article mis en ligne le 15 octobre 2014
dernière modification le 20 août 2014

par ArchivesAutonomies
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La Terre qui devrait être pour l’Humanité un splendide paradis, ne serait-elle comme le disait un jour Sébastien Faure : "Qu’une vallée de larmes" ? Elle est un lieu de délices pour une poignée de sacripants, qui par spoliation, ont usurpé tout ce qui pourrait faire le bien-être de la masse prolétarienne, ne lui laissant qu’un immense champ de douleur. Le perfectionnement de telles ou telles choses engendrées le plus communément par la faim, le grand besoin de sortir d’une situation commerciale quelconque, ou par la platitude d’un contre-maître, d’un ouvrier, ou encore par l’ambition de faire rapidement fortune, on est arrivé à former pour l’homme une quantité considérable de soi-disants besoins, dont la plus grande partie est aussi inutile qu’absurde, et tout cela, au prix d’incalculables souffrances. L’homme s’est passé la corde au cou le jour où il a marché sur le chemin de la civilisation.
Nous, Naturiens, nous rompons avec la civilisation, car nous avons compris qu’elle porte dans ses flancs les plus terribles malheurs ; et si, d’après tous ceux qui jettent le cri d’alarme, et combattent pour faire pénétrer chez les êtres dits civilisés, que la Terre dans sa vaste étendue ne doit pas être recouverte d’une monstrueuse misère, mais bien parsemée d’une couche abondante de produits et de bien-être, que la Nature y a étendue pour faire le bonheur des peuples, ils s’en trouvent qui croient que l’homme doit être condamné pour y vivre, nous leur opposons un formel démenti ; il est insensé de se servir d’une maxime aussi erronée et de répéter dans les cerveaux un principe sorti d’une doctrine préconisée par une secte dont les propagateurs ont la conscience aussi noire que leurs vêtements et qui s’en vont de tous côtés, beuglant sur tous les tons, que "l’homme doit manger son pain à la sueur de son front". Non ! ces hommes noirs, de par la parole de leur Dieu, ont effrontément menti ; que ceux qui se laissent enduire de ce mensonge crèvent le voile qui vitre encore leurs yeux et ils se pénétreront que la Nature engendre et fait germer plus qu’il ne faut pour la satisfaction de tous les besoins naturels de l’homme (rien des besoins factices) et sans qu’il soit obligé à un labeur forcé qui puisse le contraindre à suer et à souffrir, et qu’il peut jouir de son séjour sur la Terre au milieu d’un bonheur parfait.
D’ailleurs, nous posons les questions suivantes à tous les individus qui nous sont en opposition :
Pourquoi cet appétit carnassier ? Cette autorité de l’homme sur l’homme, ce pape, ces rois, ces ministres, ces juges, ces gardes-chiourme, ces tortures, ces supplices d’hommes sur d’autres hommes, puisque dans la mort, les êtres deviennent ce qu’ils devraient être de leur vivant, c’est-à-dire égaux ? Pourquoi tyrans de toutes sortes, vos griffes de vautours s’enfoncent-elles à chaque seconde dans les flancs de vos victimes pour en extraire les plus terribles douleurs avec lesquelles vous savourez votre cruauté puisque vous savez qu’un jour la Mort viendra s’asseoir sur vos têtes et que vous disparaîtrez à tout jamais ?

(A suivre)

Honoré Bigot

P.S. :

Texte publié dans Naturiens, végétariens, végétaliens et crudivégétaliens dans le mouvement anarchiste français (1895-1938), Supplément au n°9, Série IV, de la revue Invariance, paru en Juillet 1993.




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