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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Erreurs propagées : La férocité de l’homme
{La Nouvelle Humanité}, n°11/12, Novembre-Décembre 1896
Article mis en ligne le 17 octobre 2014
dernière modification le 15 juillet 2014

par ArchivesAutonomies
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Pour légitimer et assurer leur domination, les religions et les gouvernements - complices - ont de tout temps représenté la Terre comme un lieu de misère. C’était nécessaire, indispensable, c’était urgent même. Il fallait masquer la Nature et son inépuisable richesse, la travestir, la représenter coupable de tous les maux, sans quoi la version du Paradis disparaissait, la nécessité d’une administration soutenue par l’Autorité n’était plus acceptable, ni supportable. De même l’homme était représenté comme pétri de tous les vices, poussé instinctivement à tous les crimes. Or, il suffit d’étudier la constitution physique et chimique de la Terre pour être convaincu de l’admirable harmonie qu’elle représente, pour s’assurer que la superficie qu’elle offre à ses habitants est 10 fois plus grande qu’il ne le faut pour assurer les besoins de sa population actuelle, que dans toutes les régions et selon les zones, la végétation naturelle, spontanée, est assez abondante et variée pour alimenter selon leur espèce et leur goût, les animaux servant aux besoins de l’homme et l’homme lui-même, que partout se rencontrent les matières premières pour l’abri et le vêtement et qu’ainsi la Nature a assuré les conditions nécessaires favorables pour le développement de l’organisme humain.
Or, quels sont les résultats du développement normal de l’organisme humain ? D’abord la santé, mère de la beauté, puis la force musculaire et le fonctionnement régulier de tous les viscères : coeur, poumons, poche stomacale et entrailles Or, le cerveau étant également un viscère, son fonctionnement normal dans un corps bien constitué, donnera à défaut de génie ou d’intelligence transcendante, un résultat minima qui sera le bon sens. Donc l’être humain, placé dans son véritable milieu, la Nature, ayant à sa disposition tous les éléments pouvant satisfaire ses besoins matériels - indépendant par cela même - et, doué de bon sens, ne se trouve en aucun cas susceptible d’éprouver un sentiment de haine, de colère ou d’envie. Mais si l’on examine la situation de la majeure partie de l’Humanité dans l’état dit civilisé, où la jouissance des productions du sol lui est supprimée, ce qui la contraint au labeur industriel quotidien, rétribué comme l’on sait, alors naissent les questions d’intérêts, les compétitions, les lottes sourdes ou avortées, et la bassesse, la cupidité, la servilité, la cruauté, la haine surgissent de toutes parts, créées par les situations anti-naturelles où la société (lisez réunion d’associés) a placé ceux qui vivent sous ses lois.
Et voilà comment il ressort que l’homme, établi heureux et bon par la Nature, est devenu féroce et malheureux dans la Civilisation.

Émile Gravelle.

P.S. :

Texte publié dans Naturiens, végétariens, végétaliens et crudivégétaliens dans le mouvement anarchiste français (1895-1938), Supplément au n°9, Série IV, de la revue Invariance, paru en Juillet 1993.




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