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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Classe et idéologie
La Lanterne Noire, n°1, Juillet-Août 1974
Article mis en ligne le 22 janvier 2014
dernière modification le 29 décembre 2017

par ArchivesAutonomies
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L’une de nos premières discussions s’engagea sur le problème de l’idéologie et la position de classe. Le point de départ fut une constatation : notre groupe se définit comme tel en fonction d’une prise de position politique révolutionnaire. C’est-à-dire que la définition idéologique est préalable, au niveau individuel, et constitue la raison de notre rassemblement.
Nous ne sommes pas un groupe d’usine, nous ne sommes pas un groupe de quartier. Nous sommes un groupe idéologique.
Quel est le rapport que nous pouvons déceler entre notre appartenance de classe, actuelle et d’origine, et notre idéologie politique ? À un autre niveau, quel est le rapport qui existe entre la classe sociale et la composition de classe de différents mouvements révolutionnaires ?
Et cette réflexion ne peut pas échapper à la prégnance de "l’idéologie dominante" c’est-à-dire, à la position privilégiée qu’occupe le prolétariat urbain (industrie) dans la théorie révolutionnaire. (Référence à un autre problème à discuter : Luttes de classes et classes sociales. Prolétariat et bourgeoisie. Fonction révolutionnaire de la classe : le rôle historique du prolétariat. Changement de structures de classes dans le capitalisme avancé.)
Il semble évident que le rapport entre "la classe", les individus (agents d’une classe) et l’idéologie, n’est pas immédiat, l’idéologie n’est pas un reflet de la position de classe. En ce qui concerne l’idéologie il faut tenir compte de : 1° l’idéologie en tant qu’instance sociale ; 2° l’idéologie en tant qu’expérience vécue, en tant que pratique, qui "ne passe pas par la conscience" ; 3° l’idéologie en tant que systèmes d’idées ou représentations ; une idéologie politique : le marxisme, l’anarchisme, le conservatisme.
Le rapport n’est pas immédiat, mais quelles sont les médiations ?
Le fait qu’une couche de la classe ouvrière - l’élite ouvrière par ex. - prenne une position réformiste ou de collaboration de classe et qu’elle fasse le jeu de la bourgeoisie admet une explication socio-économique, de même que, dans la bourgeoisie, il y a des "intellectuels" qui défendent des positions de la classe ouvrière.
Mais au niveau individuel ou de groupe il est possible de refuser l’idéologie de sa propre classe, d’être un "traître" à sa classe, et à ce niveau-là l’explication ne peut être que psychologique.
Le problème devient plus aigu si l’on considère qu’un mouvement révolutionnaire ne recoupe pas nécessairement une classe, et dans la mesure où une théorie ou position révolutionnaire est franchement minoritaire et ne "représente pas empiriquement" une classe [sauf pour une théorie politique qui court-circuite le problème liant par définition la théorie (ou la conscience) à la classe] l’explication relève d’une théorie à construire sur la relation des niveaux en jeu.
Ce problème, croyons-nous, est fondamental pour la question de la fonction révolutionnaire d’une classe, de la relation entre les minorités révolutionnaires, l’organisation et le spontanéisme, à l’autonomie de la classe dans son rapport à la conscience, et à la théorie révolutionnaire.


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