Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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"Élection… perturbation" et "À propos des élections"
La Lanterne Noire, n°3, Juin-Juillet 1975
Article mis en ligne le 13 avril 2014
dernière modification le 29 décembre 2017

par ArchivesAutonomies
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Perturbations et plus encore confusion, au point que les réponses apportées par ces articles ne semblent pas d’une aveuglante clarté.
Pourtant une fois admise une position de base anti-État et anti-délégation, on ne peut considérer le RÉSULTAT d’une élection que comme purement anecdotique.
Ce qui est important, c’est la situation électorale. Elle s’impose à nous comme la pluie, nous pouvons l’ignorer ou tenter d’en tirer parti mais non la nier.
Le premier débat devrait donc porter sur ce point : le phénomène est-il, oui ou non, exploitable. On peut estimer que non. Parce que les élections sont, en effet, une formidable machine de dépolitisation. Parce que ce serait entrer dans le système ou encore par crainte des confusions voir des compromissions. Il faut cependant reconnaître que pendant la campagne, le public dans son ensemble est sensibilisé aux questions politiques, que l’ensemble du personnel politique est contraint de monter en ligne augmentant ainsi sa vulnérabilité. Enfin il est indiscutable que ce peut être l’occasion d’un certain "détournement des mass-média du capital". Contester cela en citant Krivine c’est condamner La Lanterne Noire en citant Minute.
Il semble donc qu’il soit possible de tirer autre chose des élections que notre perturbation. Le problème qui se pose alors, notre attitude envers tel ou tel candidat est d’ordre purement tactique. Peu nous chaut que notre action risque de favoriser dans l’immédiat la "droite" ou la "gauche", le résultat électoral importe peu. La question est de choisir une attitude qui favorise notre travail réel, c’est-à-dire la diffusion de nos idées.
Ce travail de diffusion a malheureusement tendance à se faire en circuit quasi fermé. On parle toujours de "démasquer", "démystifier", ce qui implique en fait comme cible les militants et sympathisants des autres groupes et organisations, peut-être 5 % de la population. Celle-ci est beaucoup plus aliénée que mystifiée. Notons au passage que cette attitude est parfaitement logique chez certains. Pour eux il faut "animer les masses" et surtout pas de masses animées.
Cette tendance n’épargne pas les libertaires, il semble que Gilberte, par exemple, se passionne pour les déclarations de Cohn-Bendit. Krivine, Seguy, voire Levy Leblond, alors qu’il vaudrait sans doute mieux penser aux moyens de semer le doute et la réflexion dans l’esprit de gens qui ont surtout entendu parler de Poulidor. Le plus ironique c’est que si on peut en quelques mois fabriquer un honnête stalinien à partir d’un Dupont courant, quinze années ne seront pas de trop pour le ramener à une pensée plus saine.
Dans ces conditions on ne voit pas trop d’intérêt à attaquer systématiquement la "gauche" surtout qu’elle n’est pas au pouvoir. Et ce d’autant plus que :

  • Il est généralement plus facile de "faire passer" un thème positif.
  • Il faut parler aux gens de ce qui les touche, il n’est pas évident que même la masse des électeurs communistes se passionnent pour Marchais.
  • Toute attaque entraîne riposte. Est-il vraiment efficace de polémiquer à longueur d’année avec les mêmes ennemis ?

    En guise de conclusion, ne serait-il pas raisonnable de penser d’abord au contenu de notre message, ensuite de nous préoccuper de ses destinataires afin de définir forme et moyens plutôt que de nous amener à tenter d’établir un classement par ordre de nocivité croissante entre les différentes sous-espèces d’autoritaires ?


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