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La Lanterne Noire, n°3, Juin-Juillet 1975
Article mis en ligne le 13 avril 2014
dernière modification le 29 décembre 2017

par ArchivesAutonomies
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Je t’envoie quelques réflexions sur le dernier numéro de La Lanterne Noire, probablement plus parce que je vous connais que pour le canard lui-même. Disons tout d’abord que pour mes besoins, je le trouve trop théorique. Non pas que je refuse la théorisation, mais je ne la désire pas si abstraite. L’étiquette même "anarchiste", je la trouve non seulement inutile, cloisonnante, mais surtout mystificatrice, trop vieille, trop insignifiante. En tout cas, ce genre de langage, de mot, n’a plus de sens pour moi ni autour de moi. Ne s’agit-il que de mot ? Ou bien le drapeau auquel s’accrochent des gens qui perdent pied, qui ont peur d’imaginer, d’innover, de débusquer encore un peu les rouages, la récupération… et cela à travers leurs luttes collectives, ou leur démarche individuelle ? Enfin, je ne sais pas si c’est important.
Bien sûr ma critique implique la question de ma participation à ce que vous écrivez. Mais j’ai du mal à participer à un truc dont je ne connais pas la vie des gens en question. Il s’agirait alors d’une coopération théorique. (…) Ce qui m’a apporté c’est le débat sur la littérature sur Lip. Je trouve que vous mettez le doigt là où c’est nécessaire, mais je trouve que c’est con de trop s’étendre. Je comprends que pour vous discuter des positions de Négation, du Mouvement Communiste, d’Utopie, etc, ça peut être important, mais je n’ai plus envie de ce genre de débats. C’est donner trop d’importance aux théoriciens qui effectivement se sentent (et font sentir aux autres) au-dessus de la mêlée, en dehors des contradictions. (…)
Un débat par contre sur la violence et sur la lutte armée, ça me semble concret et opportun, mais sans prendre pour base ou prétextes les actions des GARI ou autres groupes organisés, clandestinisés, et parfois professionnalisés. De plus en plus de copains et de gens se posent ce problème. Mais tout cela est très éclaté, très dispersé, c’est normal et d’autant plus intéressant. En tout cas je n’ai pas envie d’un "débat" mystificateur de la "violence" (elle est partout, quotidienne) et de la « contre-violence » celle des héros, des vedettes, des types qui se donnent les moyens de leurs exigences et qui sont récupérés par le spectacle, les jérémiades sans fin sur "l’armée de guerre civile". Les institutions étatiques ("droite" ou "gauche") sont bien là pour réprimer quotidiennement le mouvement révolutionnaire qui se radicalise et s’élargit, mais la violence bourgeoise est omniprésente, y compris parmi nous, en nous. Les schémas simplistes, "classe contre classe", les "bons" contre les "méchants" ne sont pas les vraies bases de discussions, et surtout d’action.
(…) Il y a actuellement 4 ou 5 grèves à Toulouse, plus celle de Berge’s, à 40 km au sud, mais peu de liens. On se bat pour le salaire, l’emploi. Et à la CII, c’est tellement dur et limité que la principale revendication, concernant une centaine de temporaires a été abandonnée. Pourtant les gens commencent à se poser des questions au-delà de la revendication salariale ou de la peur fantastique de perdre l’emploi. À une réunion la semaine dernière où il y avait des mecs de Badin, CII et SNIAS, surtout de la CFDT, on est resté nombreux à discuter du travail salarié en tant qu’activité essentielle, centrale, du capitalisme. Chacun en est venu à avouer la connerie de la production en tant qu’acte entièrement imposé par le profit, et de la vie quotidienne dans son ensemble. Il paraît qu’à la SNIAS, de plus en plus de mecs commencent à se sentir mal à l’aise face aux syndicats, qui demandent aux mecs de crier "sauvons Concorde", en sous-entendant en plus, les Mirages, et toutes leurs conneries derrière ! La CGT surtout, c’est vraiment une organisation capitaliste, régulatrice, encore plus dangereuse que d’autres institutions. Mais attaquer les syndicats, c’est très difficile, même quand on a travaillé dans une boîte.
Ça me rappelle un arrêt de travail sans motif que l’on avait fait au dépôt Épargne à Toulouse, en 72, pendant une heure et demie, à 30 mecs. Contremaîtres, direction, puis syndicats sont venus nous implorer de reprendre les chariots. C’était vraiment spontané et sympa, cet arrêt, pour souffler, discuter, fumer… et ça se passait dans l’endroit de la pause de 10 heures : les chiottes !

Un camarade de Toulouse.

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Je suis assez d’accord avec le contenu de votre texte "nos points communs" bien que je doute de son utilité ; les plates-formes politiques n’intéressent pas les lecteurs qui ne sont pas habitués à la vie des petits groupes politiques. Quant à son utilité pour la constitution d’un groupe publiant une revue, elle est plus que douteuse. Comme vous le dites il est illusoire de croire qu’un groupe puisse transformer, dans la société actuelle, ses relations internes ; il subit les mêmes merdes, luttes pour le pouvoir, etc. que dans n’importe quel autre regroupement et la plate-forme risque seulement de masquer ces merdes qui n’ont rien de particulier sous prétexte qu’elles affectent un groupe politique ; elle risque seulement d’en fixer les règles. D’un côté il y aura les "anarchistes" de l’autre ceux qui refusent de se dire anarchistes, etc. (sans vous offenser à la lecture de votre premier numéro on avait l’impression que vous preniez bien soin de mettre en place les oppositions destinées (?) à animer le groupe.)
La logique de groupe est obligée de jouer dès qu’on se met à plusieurs pour faire une revue, mais ça ne sert à rien de la masquer par les "plates-formes politiques". Peut-être que la solution se trouve, contrairement à ce que vous dites, dans une certaine défense de l’individualisme, dans le refus de constituer un groupe politique. Des relations affinitaires sont déjà assez compliquées comme ça sans qu’on essaie de les régler par le jeu de la discussion politique, jeu qui n’explicite en rien la réalité de ces relations affinitaires (ce qui permettra toujours à une fraction du groupe de choisir pour étendard dans les joutes de réunion de décalage, comme le fait Claude dans son texte du numéro 2).
Que des individus se trouvent d’accord pour faire une revue c’est déjà pas mal ; on peut espérer qu’ils pourront s’y exprimer "individuellement" tout en développant, au fil des numéros et des articles, une manière de voir les choses assez commune, sans pour autant pondre, à plusieurs, en une page et demie et en préalable, ce qu’ils veulent dire par la suite. Si leur point de vue individuel, c’est-à-dire produit par leur vie individuelle, propre à chacun, et non par la serre chaude et folle du groupe, ne correspondent pas, ils se sépareront, la revue crèvera ; mais de toute façon la plate-forme de départ ne l’empêchera pas de crever au contraire, puisqu’aux divergences individuelles elle ajoute la lutte pour le pouvoir, pour l’amour dans le groupe, la lutte pour le droit à formuler la "plate-forme" juste.
À moins, bien sûr. que la revue ne soit le prétexte au jeu subtil et excitant de la vie en groupe politique. Dans ce cas il faut bien en respecter les règles…
Si je vous dis tout ça, c’est bien sûr parce que je suis à 500 km et que je ne vous connais pas.
Contrairement à ce que dit Claude dans le numéro 2, je pense que vous avez tout à fait raison de poser, comme le mouvement anarchiste l’a toujours fait, (c’est pour ça qu’on l’appelle anarchiste), l’importance de la question de l’État et de la nécessité d’une lutte antiétatique pour réussir à transformer l’ordre existant. C’est effectivement extrêmement dommage qu’en disant cela on ait l’air d’être des nostalgiques d’un courant d’idée qui a dépéri et des utilisateurs de notions éculées, mais on n’y peut rien, les mots ne sont pas si nombreux que ça et on ne peut pas les transformer comme on veut pour paraître nouveau. Le problème est de savoir s’il est vrai que les notions d’État, de pouvoir politique, d’autorité, etc., permettent de comprendre (ce ne sont pas les seuls) les mécanismes de l’oppression de classes qui règne depuis si longtemps dans l’ensemble des sociétés et dont nous subissons les effets dans notre vie, à une place individuelle limitée il est vrai, mais c’est pour ça que j’en parle (entre autres choses).
Pour moi l’importance de ces notions ne fait pas de doute, non parce que j’ai lu les grands auteurs anarchistes, je ne les ai lus que très peu, mais parce que depuis 60 ans des événements sociaux se sont produits (fascisme, socialisme russe et chinois, luttes de libération nationales…) qui ne peuvent pas, à mon avis, s’expliquer sans utiliser principalement ces notions ; et parce que la masse de documentation historique dont nous disposons actuellement, fait apparaître clairement l’importance du politique dans l’organisation des sociétés de classes, et en particulier l’importance de cette forme particulière d’oppression sociale que constitue l’État.
Que les grands penseurs anarchistes l’aient déjà compris, sans disposer des matériaux permettant une élaboration théorique plus poussée, c’est tout à leur honneur ; qu’ils datent, c’est certain, mais je ne vois pas en quoi ça doit nous empêcher de développer les mêmes idées, si elles sont justes, en essayant d’élaborer davantage leurs implications théoriques. Ce qui me semble possible.
Reste la qualification d’anarchiste. C’est une notion chargée de valeur et d’affectivité, liée à un mouvement historique qui est derrière nous, et c’est vrai que ça joue (pour la refuser ou l’accepter), mais dans la mesure où elle définit très bien la volonté de critiquer le rôle du pouvoir politique et de l’État dans le fonctionnement des sociétés de classes et d’oppression, je ne vois pas pourquoi je la refuserai, à condition qu’elle se mette à désigner une véritable critique, une critique actuelle, et non la répétition monotone et religieuse d’un passé qui est mort.
Sur ces bonnes paroles, bien amicalement.

D. C. (Inf. Ras. à Lyon)

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Un mot au passage sur le choix du titre. Je crois que votre choix est judicieux ; la référence à un "isme" ne me semble pas inutile dans le cas d’une revue s’adressant à des lecteurs déjà sensibilisés politiquement. Elle économise pas mal de répétitions et fait l’économie de certaines incompréhensions. En gros cela revient à un "on suppose connu".
Le risque de "cacher" bloquer… en bon français de heurter n’existe que quand on s’adresse à la masse des lecteurs qui ne sont guère intéressés par la politique et dont le bagage dans ce domaine est surtout riche de clichés réactionnaires.
Pour prendre un exemple vécu, le stalinien que j’étais encore il y a quelques années aurait sans le moindre doute été bloqué par votre titre. Il y avait d’abord un travail de rééducation à faire. "Charlie-hebdo" s’en est chargé en douceur. Maintenant, j’ai besoin de quelque chose de plus. La Lanterne tombe très bien.

Un camarade de Paris

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… Pourquoi ne faites-vous pas une mise au point sur ORA, OCL, CERCA, etc. Est-ce que, parce que vous n’en parlez pas, ces gens-là, n’existent pas ? Il serait intéressant de voir les subtiles différences, sinon quoi ? l’esprit de secte ?

Y. B.

Réponse

Quelle mise au point pouvons-nous faire sur ORA, OCL, CERCA, etc. ? Nous l’avons dit dans notre présentation, nous avons fait cette revue parce que nous ne nous reconnaissons complètement dans aucun groupe révolutionnaire ; c’est-à-dire que nous avons bien entendu des divergences. Certaines, nous les connaissons bien, d’autres moins, question de sensibilité, de manière d’aborder les problèmes peut-être.
Est-il besoin de consacrer un numéro spécial à ces divergences ? Ces gens-là existent, nous le savons, nous le reconnaissons, et nous les rencontrerons un jour (si ce n’est déjà fait). Nos divergences avec eux apparaîtront au lecteur par les positions que nous prendrons sur différents problèmes. Bien entendu, s’il le faut, nous tenterons de nous situer plus précisément par rapport à l’histoire du mouvement libertaire.
En outre, et ceci est fondamental, nous ne sommes pas de ces groupes dits « radicaux », qui pensent que l’ennemi principal est son voisin le plus proche (car représentant le modernisme, la forme la plus avancée et la plus insidieuse du capital… et autres sornettes). C’est la bourgeoisie et l’organisation de notre société que nous voulons attaquer, et non des petits groupes qui, comme nous-mêmes, tentent ou croient tenter de l’abattre.
La polémique ne nous intéresse donc que sur des points précis quand elle peut concerner des gens engagés dans une action précise.
Nous pensons au contraire que ce sont ceux qui ont un esprit de secte qui consacrent le plus clair de leur temps à critiquer le petit groupe voisin.

L. N.

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Sur la lanterne (tous des aristocrates à la lanterne...)

Dans l’ensemble tous les textes se lisent - et en gros je suis d’accord. Sur le détail, évidemment, j’aurais des tas de petits trucs à dire. Je me limiterai.
Sur les fedayins : pour être plus dur encore, et plus efficace, il faudrait bien voir que la limite entre "la fausse" violence révolutionnaire et "la vraie" n’est pas toujours nette. Exemple : "Qui sont ces terroristes internationaux ?" (Italiens, comme Goliardo Fiaschi, récemment libéré d’Espagne ; écossais, comme Stuart Christie espagnols, français, qui sait, juifs allemands) ? "Le plus souvent des intellectuels, soit des gens qui le sont devenus grâce aux privilèges du militantisme international, etc."
Pendant qu’on y est, allons même un peu plus loin (Libé va pâlir de dépit en me voyant dresser si haut le drapeau de l’anti-terrorisme). Autant l’ascension de Carrero Blanco (l’irrésistible ascension, cette fois-ci) me paraît avoir un caractère clairement et immédiatement révolutionnaire, et être un encouragement à la lutte, autant les voitures piégées devant Ibéria (hors d’Espagne, en plus !), etc. me paraissent très "palestiniennes" : un type, ou une fille, ou les deux, rentrent tard le soir, ils passent devant Ibéria, ou Minute, ou n’importe quoi - une voiture saute - Adieu - Le lendemain tous les braves gens, nos frères sans courage, se disent : c’est nous qui trinquons. Les journaux se régalent.
Ce terrorisme-là, qui terrorise-t-il ? Ibéria ou le prolo du coin ? Être efficace c’est être sûr (autant qu’on peut l’être) de frapper un ennemi, et montrer aux autres que la lutte paye. Il me semble que certains soutiens au GARI ne l’ont pas très bien compris. Et le silence de la presse anar là-dessus, son manque de clairvoyance (qui a favorisé et qui favorisera tous les attentats-bidons par des dingues de bonne foi ou par des CDR locaux) me gêne un peu - même beaucoup.
Suffit-il de se dire anarchiste pour qu’un acte de violence soit de la vraie violence révolutionnaire ? Que MARTIN ne prenne pas ça pour une critique à lui. - Je saisis l’occasion, à partir de son article, parce qu’effectivement il pose le problème. Et je crois qu’il faudrait prendre position assez vite là-dessus - et souvent. Quand les conneries seront arrivées, il sera un peu tard pour le faire. La "stratégie de la terreur" a trouvé de vilains fascistes pour la mettre en oeuvre - elle a aussi trouvé des imbéciles anarchistes pour leur servir de "zone d’ombre" au début, par leurs cris, leurs bravades inutiles (cf. la devise de jeunesse de P. Valpreda), leurs petits pétards idiots et leur manque de positions claires et explicites (sans compter notre bonne vieille tradition "illégaliste").
Vive Bonnot, c’était un crétin mais ça ne fait rien il a fourni une parole intense dans un discours refoulé (cf. article justement cité par MARTIN). Refoulé, il serait temps de comprendre que nous le sommes tous plus ou moins, et qu’il est impossible de ne pas l’être (au moins actuellement) alors qu’est-ce qu’on fait avec cette part de refoulement irréductible ? On applaudit sans oser (Ah, pacifiques apologistes de la terreur palestinienne), ou on essaye vraiment de se battre efficacement. Mais il faut plus de courage et de risques individuels pour enlever Suarez que pour plastiquer une voiture devant une vitrine. Plus de risques individuels, mais dix fois moins de risques collectifs, pour la révolution.
Refoulement du désir ? Puisqu’on jargonne psychiatrie entre nous, si on parlait un peu de régression ? Et de tous ceux d’entre nous qui risquent un jour d’être tentés de raconter leur vie, et pas seulement au psychiatre - Désir de se justifier, même chez un révolté, d’être en règle avec Papa, avec la société, avec le "carcan matelassé de la légitimité".
Bon - À propos, j’ai rencontré un gars qui m’a dit qu’il avait vu une Porsche blanche (enfin, il est pas sûr, c’était peut-être une Volkswagen) stationnée à 20 m de chez vous. Et moi-même, à Avignon, au début du mois d’août, ça se pourrait que j’ai vu passer des Belges avec des barbes. Ça m’inquiète, avec ces types du groupe Paladin, rompus (j’adore ça !) à tous les types de provocation - Vous croyez pas qu’on devrait en parler à Libé ?
P.S. - Éclairez votre lanterne, les gars ! Quand on reproduit les articles, il faut éviter de reproduire les bêtises. Ex. : article sur Marini. Le juriste Rocca a, il est vrai, préparé les lois sur les syndicats. Mais le Code Rocca, c’est tout simplement le vieux code de Procédure Pénale datant de Mussolini, et préparé d’ailleurs par le même salaud. Quant à "ici à Saint-Paul" ça doit pas être très clair pour des gens qui sont pas lyonnais.

J. P., Lyon

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Il manque en effet en Italie, une revue théorique de critique anarchiste. Par exemple, une revue comme Noir et Rouge, qui aurait approfondi et élaboré la théorie anarchiste en la vidant de son aspect moral (anarchisme comme système de valeur) en s’opposant en même temps à une conception "efficiente", néo-archinoviste, n’a jamais existé. En Italie, hélas, le refus de tendances humanitaristes et de collaboration de classes entraîne des positions néo-archinovistes qui, d’un côté, réintroduisent le concept de lutte de classe, mais de l’autre, réduisent l’anarchisme à un sous-produit léniniste (dictature du prolétariat, phases de transition…) ; dans cette situation, La Lanterne Noire peut être utile…

L. Trente, Italie.


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