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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Antimondialisti et Anticapitalisti sonno in una barqua
Article mis en ligne le 29 janvier 2014

par ArchivesAutonomies
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Contribution aux débats de rue soulevés par une partie du prolétariat européen à l’occasion d’une réunion de chefs d’État à Gènes.</p<

Dans un centre-ville transformé en camp retranché, au large sur un navire de guerre ou peut-être même ailleurs qu’à Gènes vont se retrouver quelques individus que leurs serviteurs reconnaissent, et qui se considèrent eux-mêmes, comme les maîtres du monde.
Naturellement il n’en est rien, et leur regroupement dans un lieu identique est un non-évenement. Un anarchiste audacieux se ferait-il sauter avec sa bombe au beau milieu de cette assemblée que le cours du monde n’en serait pas changée : les entrepreneurs ne cesseraient pas d’entreprendre, les employés d’être employés, les pauvres des pays très pauvres de mourir de faim et les pauvres des pays occidentaux de mourir d’ennui. Le Capital continuerait d’exploiter les prolétaires et l’économie de ruiner les perspectives d’une vie un tant soit peu enviable. L’émotion qui résulterait de l’attentat - la peur ou le plaisir suivant que l’on prend plus ou moins d’intérêt à la conservation de ce qui est - se dissiperait, les chefs d’État auraient des funérailles nationales et seraient remplacés par certains des milliers de politiciens envieux qui attendent, à leur tour, de pouvoir se considérer comme les maîtres de ce qu’ils servent.
Nous disons donc ici que, dans les rues de Gênes, ce n’est pas la mondialisation ou l’absence de démocratie dans les institutions financières qui est en cause. Il n’y a pas de bonne économie, citoyenne et encadrée, qui serait à opposer à une mauvaise économie incontrôlée et "ultra-libérale". Avec ou sans taxation des mouvements de capitaux, avec ou sans roquefort biologique, mondialisée ou sous sa forme nationale et chevenementiste, la domination imposée par le Capital et L’État demeure la même. Ce n’est pas la mondialisation de l’économie qui est le problème, mais l’économie elle-même. Antimondialisation et Anticapitalisme sont embarqués dans le même mouvement, mais Antimondialisation tombe à l’eau. Que reste-t-il ?
Une superstition immensément répandue parmi les opposants mouillés à la mondialisation voudrait qu’une intervention citoyenne et véritablement démocratique soit à même de corriger ce qu’il y a de plus fâcheux dans le système économique qui nous oppresse. Mais quelle démocratie a le pouvoir de s’opposer aux lois de la rentabilité et du profit (on pourrait aussi bien dire : de l’extraction de la plus-value) et à leurs conséquences ? Celle qui élit Berlusconi quand il arbore son plus beau sourire de vendeur de Fiats d’occasion ? Celle qui choisit le plus parfait crétin (W.Bush), le plus beau mafieux (Poutine), le binoclard trotskiste qui a le mieux retourné sa veste ou l’amateur de tête de veau qui empoche les plus larges pots-de-vin ? Ou une quelconque démocratie directe, participative, formée des plus disciplinés des militants d’ATTAC ou de YA BASTA, à l’exclusion des prolétaires qui préfèrent taper sur des flics ? Même si cette démocratie réformée est à l’image de ces mouvements, avec une petite élite de dirigeants bureaucrates et une masse de suiveurs privés de pouvoir de décision ? Il n’y a rien à attendre de la démocratie, parce que la démocratie est une forme particulière d’organisation des pouvoirs de l’État, et qu’il n’y a rien à attendre d’un État. L’État ne peut pas "réguler" l’économie, parce que l’État et l’Économie sont les deux moments d’une même domination.
Bloquer une réunion de chefs d’État est un objectif limité, mais pour un propos qui ne l’est pas : la remise en cause radicale d’un monde entièrement dominé par les lois du Capital.




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