Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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A la société civile globale...
Article mis en ligne le 29 janvier 2014

par ArchivesAutonomies
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Nous avions dit le 26 mai dernier d’être descendus sur le pied de guerre. Nous le confirmons. Mais notre guerre n’a pas les effets "collatéraux" de leurs guerres. Car elle n’est pas combattue avec des bombes et des balles, mais avec des corps, avec des mots et avec les diableries et les instruments mécaniques confectionnés dans nos pacifiques ateliers de la fantaisie. [...] Pour cela aussi, nous abattrons ce mur.

A la société civile globale,

à tous les travailleurs, aux chômeurs, aux étudiants, aux retraités ; aux artisans, aux ouvriers, aux employés, aux commerçants ; aux migrants, au S.D.F., aux séropositifs, aux homos et aux lesbiennes ; à tous les citoyens et aux citoyennes de Gênes ;

UN PACTE AVEC LA VILLE ET LES CITOYENS DE GENES

Il est désormais officiel que le gouvernement italien, comme l’a déclaré son représentant, le préfet de Gênes en date du 2 juin 2001, suspendra les droits de circulation et de manifestation et niera la liberté d’opinion et d’expression dans la ville de Gênes durant le sommet du G8 prévu en juillet prochain.
Cette mesure très grave, jamais subie par Gênes même pas pendant la guerre et les occupations étrangères vécues ces derniers siècles, confirme encore une fois le caractère anti-démocratique et répressif d’un système économique, politique et social qui, quotidiennement, dévaste la planète, exploite, affame, tue, piétine la dignité et les rêves de milliards d’être vivants.
Les huit plus grands représentants de ce système inégalitaire prétendent s’acheter une légitimité en se rencontrant et réquisitionner une ville à coups de milliards dépensés pour embellir leur vitrine alors que le fort taux de chômage, les nombreux et répétés accidents mortels du travail (sur le port mais aussi dans le bâtiment, sans oublier les usines), le manque de services publics, la carence de structures adaptées pour affronter les problèmes sociaux font aussi de Gênes une victime des huit puissants. Ainsi, nous retenons que la "guerre" que nous agitons envers les huit puissants n’est pas seulement la nôtre.
Ils vous disent et continueront à vous dire que nous avons l’intention de dévaster et de détruire la ville ; cette même ville que nous aimons et dans laquelle nous avons vécu pour améliorer notre vie et celle de ceux que nous rencontrons dans les rues. Ils vous disent et continueront à vous dire que les frères et les s*urs qui arriveront des diverses villes lointaines, n’ont aucun autre but que de détruire et saccager, souiller et avilir la ville. Et bien ceux-là, qui qu’ils soient, gouvernements, préfets, vautours ou vendeurs de la désinformation ceux-ci mentent.
Pas une vitrine ne sera cassée, du moins pas par nous. Pas une violence ou un geste d’offense à l’égard de cette ville qui est, hélas, violée et rendue barbare mais non pas par notre faute, ni par la présence de nos frères et sours du monde entier. A ces derniers, à ceux qui ne nous connaissent pas, à ceux qui nous détestent et à ceux qui nous apprécient, nous lançons un appel pour le respect de cette ville et de ses citoyens, en combattant à leurs côtés pour libérer Gênes de cette injustifiable invasion militaire. La décision d’occuper une ville avec les milices et de faire peser sur ses citoyens le poids des responsabilités, que les huit puissants ont envers l’humanité, a pour seul effet de rendre, chaque femme et chaque hommes libres, des compagnons de route des citoyens génois.
Nous avions dit le 26 mai dernier d’être descendus sur le pied de guerre. Nous le confirmons. Mais notre guerre n’a pas les effets « collatéraux » de leurs guerres. Car elle n’est pas combattue avec des bombes et des balles, mais avec des corps, avec des mots et avec les diableries et les instruments mécaniques confectionnés dans nos pacifiques ateliers de la fantaisie.
Ces instruments, et seulement ceux-ci, nous permettrons d’ouvrir une brèche dans le mur de la honte. Un mur qui sera érigé pour diviser cette ville, en centre et périphéries. De la même manière que les huit grands ont divisé le monde.

Pour cela aussi, nous abattrons ce mur.

Nous, petits sujets rebelles, nous ne nous résignerons pas face aux armées de l’Empire et nous désobéirons à leurs diktats. Bien au contraire, nous défierons pour revendiquer les droits et la dignité des multitudes en lutte contre le néo-libéralisme. La seule vitrine que nous casserons sera celle des huit qui mettent en scène leur symposium en érigeant barrières, en promulguant des interdits, en violant les droits inscrits constitutionnellement, en alignant leurs armées. Ce ne sera donc pas une attaque contre la ville mais de la ville contre ceux qui la désirent déserte, fracturée, divisée.
L’Histoire, en juillet, passe par Gênes, et une multitude de la couleur de la terre sera présente au rendez-vous, pour revendiquer un monde différent, un monde qui contient de nombreux mondes. Aux puissants de l’injustice et de la misère, qui sont de la couleur de l’argent, nous rappellerons que l’argent sans la terre n’existe pas. Nous leur hurlerons "Ya Basta !".

Des périphéries de l’Empire
Tute Bianche per l’umanità contro il neoliberismo
13 Juin 2001 Gênes, Italie, Planète Terre.




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