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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Aux groupes locaux et aux camarades radicaux de gauche
{Arbeiterpolitik}, n°18, 5 Avril 1917
Article mis en ligne le 22 mai 2014

par ArchivesAutonomies
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Les nécessités historiques s’accomplissent selon une logique de fer et avec une rapidité surprenante. Quand les groupes locaux radicaux de gauche de Brême et de Hambourg publièrent le 5 mai dans notre journal un appel pour la création de groupes locaux, ils déclaraient : "Le Groupe Internationale a, qu’il le veuille ou non, renoncé à son indépendance organisationnelle du fait de son association avec le centre du parti. Après avoir refusé la direction spirituelle des radicaux de gauche depuis le tout début, il vient également de reculer devant leur direction organisationnelle". Ce qui n’était auparavant qu’une conclusion logique, est aujourd’hui une réalité patente. Mais cela a encore révélé quelque chose de plus : autrefois, les optimistes pouvaient encore espérer que le Groupe Internationale favoriserait l’orientation de la classe ouvrière en effectuant une forte pression dans ce nouveau cadre, même si c’était au prix de luttes internes déchirantes. Ces espoirs ont été fortement déçus. Une nouvelle fois, et par voie de nécessité, le Groupe Internationale ne fonctionne pas du point de vue organisationnel, attendu que ses chefs tout puissants ont laissé tomber les groupes locaux qui luttent pour leur autonomie de groupe. De ce fait, le Groupe Internationale a renoncé dans la nouvelle organisation à l’indépendance qu’il avait obtenue à juste titre dans l’ancien parti, et il s’est ôté ainsi toute influence politique. Politiquement, son non fonctionnement est total. Rien ne montre cela plus nettement que sa position sur la Conférence de Stockholm. Après le refus initial des social-patriotes de participer à cette Conférence, il s’est soumis entièrement et de façon à peine voilée aux Indépendants, qui opposèrent, à Stockholm, un refus poli à la Gauche de Zimmerwald, et qui élevèrent l’illusion pacifiste d’une paix de compromis au rang d’une plateforme d’une habileté diplomatique purement parlementaire. Le Groupe Internationale a souffert à peine un trimestre des suites de sa castration volontaire à Gotha. Le Groupe Internationale est mort.
Les faits ont accéléré puissamment l’évolution. En beaucoup d’endroits, après l’appel de Hambourg et de Brême, des groupes locaux radicaux de gauche se sont créés, et de nombreuses lettres d’approbation, qui faisaient fi de tout pessimisme, nous sont parvenues. Voilà ce qui représente une base solide pour le Parti Socialiste International d’Allemagne. Un certain nombre de camarades se sont réunis en Comité d’action afin d’entreprendre les premiers pas pour la constitution du parti. Ils n’usurpent aucun droit, étant donné que le membre allemand de l’Internationale ne peut ressusciter en tant que nouveau parti dirigeant. Ils veulent seulement donner le coup de main nécessaire là où un nouvel être politique cherche à naître. C’est pourquoi ils invitent tous les groupes à débattre dans les plus brefs délais de la question de la fondation d’un nouveau parti, de son programme et de sa forme d’organisation, et à faire parvenir, au plus tard à la mi-août, leurs propositions à la rédaction de l’Arbeiterpolitik. Les camarades qui ne sont rattachés à aucun groupe sont conviés à collaborer dans ce même esprit. Le Comité d’action provisoire rassemblera le matériel qui sera arrivé et s’occupera ensuite au plus vite des démarches ultérieures. C’est ainsi que de la collaboration de tous les éléments sympathisants, naîtra un parti résolu et à même de lutter pour l’accomplissement des grandes taches que l’avenir, et déjà le présent, exigent de la classe ouvrière allemande.

Le Comité d’action.

P.S. :

Paru pour la première fois en langue française dans la revue (Dis)continuité n°3 - octobre 1998




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