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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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La classe ouvrière aujourd’hui
Les ouvriers contre l’état, p. 83-87.
Article mis en ligne le 11 juin 2013
dernière modification le 10 juin 2013

par ArchivesAutonomies
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Deux phases ont marqué l’histoire ouvrière depuis un siècle : la pression ouvrière des années 20, qui rompt les mailles de l’organisation de cette époque, puis la reprise qui a été définie par Keynes.
Mais il est une question qui, bien qu’implicitement présente d’une manière qui n’est pas marginale, est restée cachée jusqu’ici : Quand on parle de "classe ouvrière", que voit-on au juste derrière ce mot ? Sûrement pas les Communards qui ont "donné l’assaut au ciel" et "saccagé la plus belle ville du monde", ni les ouvriers des vieilles usines Putilov. Qu’est-ce aujourd’hui la classe ouvrière ? Est-ce cette portion de la force de travail qui a accompli un travail manuel dans les manufactures à un certain mo­ment de l’histoire ? Plus précisément : qui sont-ils, les ouvriers d’usine, ceux que l’on retrouve de Marx à Lénine, jusqu’à nos jours, dans tous les textes sacrés ou profanes du marxisme ? Marx n’a pas défini les ouvriers d’usine dans un sens vague et général, mais dans cette acception bien précise : l’usine en tant que lieu matériel de la production, et les ouvriers en tant que prolétaires réunis sous le même toit de l’unité de production. Ouvriers d’usine, donc, précisément dans le sens où les considéra Lénine : il n’y en avait pas beaucoup en Russie, mais il sut les trouver et construisit le parti sur le pivot so­cial que constituaient ces ouvriers. L’usine est ici la première étape du communisme, tout comme les Postes et Télécommunications de Lénine dans L’Etat et la Révolution, Etat bourgeois dont il décla­rait : "il faut le prendre et le renverser". Mais, après Marx, après Lénine ? Après les Conseils et le taylorisme, après la rationalisation, qui sont aujourd’hui les ouvriers d’usine ?
Des années 50 aux années 60, tous les processus de mécanisation poussée jusqu’à l’automation, n’ont fait ni disparaître ni diminuer le nombre des ouvriers d’usine. Au contraire, il a augmenté, et il aug­mentera encore beaucoup. La concentration des ouvriers, leur homogénéisation se sont même accrues de telle sorte que l’on peut dire aujourd’hui qu’ils représentent la majorité sociale, d’abord par leur poids politique, ensuite par leur seul nombre. Et c’est là un phénomène propre au développement capitalis­te [1] : la conséquence même de la forme capitaliste d’accroissement du prolétariat, de ce que les sociologues ont appelé, jusqu’à en donner la nausée, la prolétarisation, et qui présente essentiellement deux aspects-clefs :
1) La réduction de toute forme de travail au travail industriel, et corrélativement de tout type de travail à la marchandise force de travail.
2) La forme du salaire se généralisant comme rémunération du travail.
Alors, la classe ouvrière se renforce comme l’abstraction sociale la plus totale et la plus simple de la forme économique capitaliste ; comme travail "en général", nullement déterminé, tout à fait indif­férent à l’ouvrier individuel, c’est-à-dire, comme travail abstrait opposé au travail concret [2]. La classe apparaît désormais comme la seule véritable contradiction de la société. Dans un processus qui vise à faire de chaque travailleur un ouvrier, les ouvriers salariés ne sont plus une minorité parmi les classes laborieuses.
La stratégie des partis communistes reposant sur l’existence d’alliés de la classe ouvrière, stratégie qui a la prétention de se présenter comme une synthèse totalisante et "dialectique", contre "l’ou­vriérisme", qui serait une "pratique minoritaire et maximaliste" suppose toujours l’analyse que faisait le mouvement communiste à l’époque des fronts populaires, et qui est devenue aujourd’hui le thème des alliances politiques, en même temps que le seul discours du mouvement ouvrier officiel. Si l’on nous demande : "quel est donc le bloc historique que vous proposez dans la phase actuelle de la lutte politique de la classe ouvrière ?". Et si nous répondons : "Le bloc de la classe ouvrière elle-même, le bloc de la classe ouvrière contre son adversaire de classe", on nous fera tout de suite cette objection que réduire la classe ouvrière à ses seules forces, c’est la laisser seule et abandonnée. Et la dialectique ? Voilà qu’à la place laissée vide par les énormes masses des paysans pauvres qui ont été englouties par les usines, on prétend insérer les élites raffinées des nouvelles couches moyennes ; c’est ainsi que les ouvriers se purifieraient de toute tentation sectaire... A l’encontre de tout cela, nous disons que c’est justement à l’occasion de ce fameux thème des alliances que s’est produite la rupture, puis l’opposition entre classe et mouvement ouvrier officiel, quand le parti a choisi d’être un parti du peuple, et que l’histoire de la nation en est venue, petit à petit, à s’identifier avec la politique nationale du parti.
Ne l’oublions pas : la classe ouvrière vient du peuple, mais elle n’est pas "peuple", et n’a aucun besoin d’aller vers le peuple. Au contraire, elle refuse politiquement de "se faire peuple". Les discours sur une "avant-garde" et ses alliés, appartiennent déjà au cimetière des mots d’ordre morts du mou­vement ouvrier, même s’ils se présentent sous une forme léniniste. Pour la bonne raison que, aujour­d’hui, l’avant-garde, c’est toute la classe ouvrière en lutte.
Ceux qui s’obstinent aujourd’hui encore à voir dans la découverte d’un Front Populaire, si avancé soit-il, le nouveau bloc historique, la force historique dont aurait parlé Marx, la possibilité matérielle de la Révolution, comme en Chine avec Mao ou en Russie avec Lénine, on ne peut même pas les appeler "compagnons de route". Ils ne savent, dans les faits, que construire (quand ils y parviennent) un bloc arriéré, tandis qu’ils diffament et méprisent les forces mêmes qu’ils prétendent organiser.
En effet, le moment viendra où leur ennemi sera la classe ouvrière elle-même ; et sur leur chemin, ils rencontreront comme ennemis la classe ouvrière et le capital, une fois encore associés contre les retardataires, les archaïques, les désorganisateurs du mouvement. Et ce sera la révolution elle-même qui deviendra un tigre en papier. On pourra peut-être s’engager encore dans des luttes pour l’indépendan­ce, mais la lutte de classe sera perdue d’avance, pour la simple raison qu’elle n’aura jamais commencé. C’est ce tournant chronologique qui pose les questions fondamentales et dont seul l’examen permettait de définir en conséquence l’organisation. Dès maintenant, nous pouvons anticiper et voir qu’il s’agit précisément de choisir entre la ré-exhumation des vieux squelettes idéologiques - les 50 années de débat au sein du mouvement ouvrier entre bolchévisme et trotskysme, conseillisme et bordiguisme, ré­formisme et maoïsme - et les nouvelles découvertes de la classe ouvrière. Il s’agit en somme de tracer une démarcation nette entre toute idéologie qui prétend se manifester - aujourd’hui encore - sous forme d’organisation, et les nouveaux contenus que la classe ouvrière exprime actuellement. Notre dé­finition de la classe ouvrière, doit tracer cette démarcation : en effet la classe ouvrière n’est pas cette portion de la force de travail qui a accompli un travail manuel dans les manufactures à un certain moment. C’est une vision limitée historiquement du socialisme, et qui correspond aussi au moment d’un pouvoir ouvrier possible sur la production.
Ce pouvoir ouvrier, cette demande impérieuse apparaît d’abord comme une force capable de s’em­parer du système capitaliste et de l’utiliser à ses propres fins : c’est l’Etat ouvrier des années 20.
Ensuite, quand les ouvriers utilisèrent la pression salariale avec la même force par laquelle ils exigeaient le pouvoir dans les années 20, ce fut le tour du capital de choisir la voie démocratique, al­lant jusqu’à entr’ouvrir les portes de la gestion de la société toute entière aux ouvriers : c’est le capital social de notre époque.
On a vu comment le saut capitaliste après la crise de 1929, a entraîné la disparition de l’ouvrier de métier. Ce qui n’empêchait pas les syndicats de défendre le métier au nom de toute la masse ouvrière déqualifiée. Dans les années 20, l’un des fondateurs de l’A.F.L., Samuel Gompers, déclarait : "sur la pierre de l’autonomie professionnelle des syndicats d’arts et de métiers, vous construirez l’église du mouvement du travail, et, ni les porrtes de l’enfer, ni le syndicalisme industriel ne pourront la briser".
Trente ans plus tard, le discours syndicaliste sur l’éloge du métier reste le même, bien que plus nuancé. Au congrès de la C.G.I.L. et du P.C. italien qui s’est déroulé à Rome il y a deux ans, le syn­dicaliste Bruno Trentin se plaignait de ce que le travailleur d’ajourd’hui "n’a plus rien à perdre sinon son propre salaire, parce qu’on lui a usurpé sa conscience professionnelle, sa conscience de producteur". Les grands partis communistes de France et d’Italie avaient lié le succès de la présence du parti dans l’usine aux ouvriers de métier très qualifiés. Si ce discours syndicaliste persiste, la raison ne doit pas en être cherché dans l’entêtement des syndicats à conserver un discours cent fois utilisé, ni dans le mariage qu’ils ont conclu à une époque aussi vieille que celle de la Troisième Internationale. Il est pour­tant vrai que la Troisième Internationale conditionne encore largement aujourd’hui le débat théorique au sein du mouvement ouvrier, et l’on reviendra sur ce point ; mais il ne s’agit pas ici de telles banalités. Il faut plutôt chercher le motif dans la ligne productiviste des syndicats, directement établie au niveau des organismes étatiques de planification.
En même temps que le mouvement ouvrier accepte l’augmentation de la productivité comme une étape obligée du développement, comme un objectif général, il se pose à lui le problème de "re-comprendre" la classe ouvrière telle qu’elle se trouve constituée aujourd’hui, sans les vieilles avant-gardes de métier : et il est alors très facile de rencontrer des syndicalistes et des militants du P.C. qui par­lent de "dévalorisation du vieux capital professionnel", qui formait la base "la plus consciente syndicalement et politiquement", ou qui se refusent à identifier comme une stratégie du plan capitaliste la déqualification du travail et le passage "à de nouvelles qualifications". Il n’est rien de plus dange­reux que cette myopie politique qui consiste à établir un rapport mécanique entre le plan de la con­naissance du cycle productif, et donc celui de la qualification, de la qualité d’un travail donné, et le rôle d’avant-garde dans la lutte.
D’abord le saut technologique des années 40-50 crée, comme élément majoritaire de la force de travail, le type d’ouvrier qu’en France, avec Parodi, on appela "spécialisé". Cet ouvrier utilise des machines spéciales, ou bien travaille à la chaîne ou sur les lignes. Les vieux ouvriers de haute qualifi­cation glissent souvent parmi les "O.S. de Parodi", même lorsqu’ils conservent formellement leur an­cienne catégorie (elle est aussi rebaptisée O.P.) ; si ce n’est pas le cas, ils peuvent même se trouver expulsés du procès de production : chômeurs...
Aujourd’hui, le nouveau type d’ouvrier, largement majoritaire, n’a rien de commun avec les ima­ges traditionnelles de l’O.Q. ou de l’O.P., au regard desquelles il est déqualifié. Mais il n’a rien à voir non plus avec les images - également traditionnelles - du manoeuvre ou de l’O.S. : le déqualifié d’au­jourd’hui n’est pas le déqualifié d’hier. Ce qui lui est particulier, ce n’est pas le fait d’accomplir un travail complexe (comme l’ouvrier de métier), ni d’accomplir un seul travail exigeant une formation per­sonnelle et donc interchangeable (comme l’ouvrier qualifié), mais la mobilité et l’interchangeabilité face à toutes les occasions de travail que comporte l’industrie moderne, c’est-à-dire toute une série de tâches simples, telles que l’exige la globalité de l’organisation du travail : c’est l’apparition de l’ouvrier-masse.
Le degré de professionnalité du travail mesurait la stabilité du rapport entre l’ouvrier et une fonc­tion. Le capital fixait volontairement cette stabilité à un niveau donné et sur cette base il opérait une stratification hiérarchique relativement immobile du travail dans l’usine. Cette stratification répondait à l’allure du cycle capitaliste avant les années 60, et même les années 50 pour une grande part, à un moment où le rythme de la réorganisation technologique, de l’innovation, n’étaient pas susceptible^ de bouleverser complètement la division du travail. Aujourd’hui la fonction a été entièrement absorbée par la machine globale du travail. Dans ces conditions, il n’est plus d’autre critère pour mesurer une pré­tendue valeur du travail de l’ouvrier, que l’intensité de l’exploitation du travail vivant lui-même. Quand la force politique de la classe ouvrière interdit au capital son exploitation traditionnelle aux limites de la paupérisation absolue, il recherche sa valorisation dans la socialisation croissante du travail, de plus en plus mobile et polyvalent : c’en est fini de la division étanche entre métiers, de la professsionnalité.
C’est des Etats-Unis que part l’initiative capitaliste contre la division par catégories, au début des années 50. On la voit tout d’abord se manifester dans les secteurs "de pointe" tels que chimie, au­tomobile, électronique, aéronautique, où cette division se révélait inapte à la nouvelle organisation du travail. La job-évaluation veut alors passer pour un système de rémunération absolument objectif, le coût du travail étant lié à chaque fonction parcellisée. Ce système fit du syndicat aux Etats-Unis, une simple agence de placement et la carte syndicale ne fut qu’un contrat d’assurance pour chacun : en somme, une telle structure salariale visait à liquider la possibilité d’une éventuelle action revendicative de masse.
Mais là où le syndicat n’avait pas la nature institutionnelle qui était la sienne sur le marché du travail aux Etats-Unis, (comme c’était le cas en France pour ne citer que cet exemple) la job-évaluation se présentait comme une attaque générale contre toute recomposition de classe, et s’inscrivait dans une stratégie d’entreprise fondée sur le paternalisme et les stimulants. Quand la job-évaluation entra en crise - et ce fut au niveau international - cette crise posa des problèmes véritablement politiques au patronat, en ce sens que cette crise exprimait le refus du travail parcellarisé, atomisé, et reconnais­sait dans l’usine le système d’exploitation. Cette offensive ouvrière devint claire et bien définie à partir de 1968, même si elle ne fut pas partout ouvertement une offensive de masse, comme ce fut le cas en France, lorsque les revendications ouvrières, en brisant les grilles et en dépassant les divisions entre­tenues par les patrons - ne fut-ce que la grille Parodi - mirent en échec la stratégie politique que représente la job-évaluation.
Aujourd’hui toutes les tentatives pour arriver à une nouvelle qualification du travail, sont une forme de contrôle politique direct sur la classe ouvrière. Elles ne représentent qu’une nouvelle admi­nistration de la force de travail, sous forme d’une mystification qui tend à lier toute lutte ouvrière, toute revendication et subversion de classe, au thème de la qualité du travail ouvrier. Derrière ce projet se trouve dissimulée la possibilité pour le capital d’obtenir de nouveau, sous une forme diffé­rente, la marche de l’usine : depuis les possibilités de cogestion jusqu’à celles d’autogestion et de par­ticipation au travail.
Toutes ces initiatives, qui se fondent sur la reconnaissance de la valeur du travail ouvrier, et sur la valeur de la force de travail, proposent aux ouvriers de lutter pour une meilleure qualification : il faut contester les catégories pour changer l’usine, ou bien pour faire reconnaître la "qualité" du tra­vail. Le capital sous-utiliserait donc la classe ouvrière ... en fait, ces initiatives proposent tout sim­plement de modifier la composition de classe actuelle, trop plate, trop uniforme, trop égale, en un mot, trop dangereuse.
Toutes ces questions se posent justement à un stade où une certaine composition de classe, celle, qui a caractérisé les années 60, est en train de disparaître. La période qui est sur le point de s’achever a été caractérisée par la domination de l’usine métallurgique non encore automatisée, et organisée par la chaîne. Mais ce qui restera, et qui jouera dans le procès de recomposition de classe, c’est le fait que la chaîne et la conscience de classe forment aujourd’hui une seule et même réalité : de même que, dans les années passées, la conscience de classe se fondait sur la qualité du travail ouvrier, sur le rapport de l’ouvrier avec sa fonction. C’est d’ailleurs à ce moment que l’on voit surgir le thème d’une nouvelle décomposition et recomposition du travail, et que les sociologues du travail se mettent à parler de job-enlargement ou job-enrichment (enrichissement de tâches).
C’est au terme d’un parcours analogue que nous avons été conduits à critiquer l’idéologie de l’é- galitarisme salarial. Nous partons cette fois de la catégorie, de la qualification à travers laquelle les ouvriers sont "divisés" dans l’usine. Un discours sur l’usage syndical-patronal, plus syndical que pa­tronal peut-être, de la qualification pour une auto-gestion verticale de la valeur du ? travail, sera plus clair lorsqu’il sera question de travailleurs immigrés.
Pour le moment, on s’en tiendra à énoncer cette affirmation de base, qui constitue la préalable à toute notre analyse : est-ce que la qualité du travail existe ? Si l’on s’en réfère à Marx, celui-ci parle d’un travail qui est simple, et d’un autre qui est complexe ; il appelle ce dernier travail, qualifié. Mais il n’établit pas là de hiérarchie de valeur : il se borne à indiquer la forme historique d’une certaine struc­ture de la classe ouvrière. Il parle plutôt du travail abstrait comme travail non-différencié, uniforme, comme travail humain général. Nous voilà donc deant une difficulté qui s’est déjà présentée, mais avec à présent, les éléments pour la résoudre. Plus le développement technologique avance, plus le travail devient du travail abstrait et coïncide ainsi avec la nature intime de la classe ouvrière.
Disons-le clairement : la qualité du travail n’existe pas. La lutte même sur la qualification dans l’usine devient en fait un moment de contestation de l’organisation du travail toute entière. Du point de vue du capital, il est nécessaire que le travail ait une qualité sinon le refus ouvrier devient refus pur et simple du travail dans son abstraction absolue. Et c’est à ce point que se trouve la contradiction, le moment de la lutte : la classe ouvrière abandonne tous les problèmes de qualité au capital.

Notes :

[1"L’accroissement du capital est l’accroissement du prolétariat" (Marx, Capital).

[2"Ce qui implique que l’ouvrier soit indifférent à la nature même de son travail, que dans toutes les branches de la production, le travail soit réduit à du travail simple, et que tous les préjugés professionnels soient refusés par les ouvriers..." (Marx, Capital III, ch. I, p. 45).




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