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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Voyage au beau pays de Naturie
Article mis en ligne le 30 octobre 2014
dernière modification le 31 octobre 2014

par ArchivesAutonomies
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"La Vie Moderne, c’est-à-dire la Civilisation, n’est pas faite que de concessions et de contradictions ; la Vraie Vie, c’est la Nature, contre toutes Sciences !".

H.Z.

AVANT PROPOS

Au beau pays de Naturie, les habitants se nomment Naturiens et Naturiennes. Au beau pays de Naturie, enfants et femmes sont heureux parce qu’ils y vivent la Vie simple, normale, telle qu’elle doit être. La Civilisation vie de rapines, de massacres, de monstruosités, d’absurdité n’existe plus ; ce n’est qu’un lointain souvenir, un mauvais songe, un horrible cauchemar. La vie luxueuse, inconsciente, artificielle, disparue à jamais, a fait place au Paradis Terrestre réalisé.
C’est dans ce pays, encore qu’imaginaire hélas, que le lecteur va parcourir ; il en fera le voyage, en Naturien, c’est-à-dire à pied, car ici, point de hideux chemins de
fer. En Naturie, on n’est pas pressé, et le trajet s’effectuera par étapes. Et l’on pourra ainsi jouir intégralement de la vue superbe et pittoresque de certains sites, jouissances auxquelles la Nature nous convie toujours, mais que les esprits civilisés dédaignent parce qu’ils ne les comprennent pas. En plus de l’admiration éprouvée à la vue de la beauté des paysages, l’on ne sera pas poussiéreux, on ne suera point, on n’ avalera pas non plus des victuailles relatées et chèrement payées aux buffet des gares, et par dessus tout, l’on aura la chance de ne pas être tamponné par quelque collision, ou faux aiguillage. Donc, lecteur et lectrice, pénétrons de compagnie en ce charmant pays et notons-y ce qui pourra nous intéresser.
Ce "Voyage" n’a rien de commun avec les romans à la Jules Verne, certes, et en fait de trouvailles de trésors, on ne pourra qu’y voir, çà et là, en notes brèves, des aperçus remplis de réalisme sur la Nature, qui, s’ils étaient compris et pratiqués, seraient de vrais trésors, ceux-là, puiqu’ils rendraient, en grande partie, pour ne pas dire totalement, l’humanité heureuse de VIVRE.
Aux lectrices, aux lecteurs, de réfléchir, de juger, de comaprer sur ce que j’avance et qu’ils concluent eux-mêmes.

H.Z. mai 1900.

APOLOGIE DE LA NATURE

Lecture conférence, faite à Paris, par l’auteur, le 30 octobre 1897.

Allons, les femmes, en un immense brasier que vous allumerez avec des torches vengeresses, jetez-y vos corsets, ces grotesques et bien inutiles objets, tortureurs et dominateurs de vos Seins, jetez-y tous vos falbalas dont vous n’avez nul besoins impérieux, et laissez chevaucher sur vos nuques et vos épaules, vos chevelures, engeôlées actuellement en les mailles d’odieux filets, ou tressées encore en de hideux chignons dont la forme fait vaguement penser à des étrons gisant au bas de vieux murs ; haïssez tout ce qui vous gêne,’ vous opprime, vous énerve, détruisez tout ce qui est faux, c’est-à-dire artificiel et arborez fièrement et superbement la bannière libertaire de la nature, et plantez-la crânement sur le luxe et les conventionnels défunts, demain, si vous l’osez.
Sachez posséder plusieurs amis si votre tempérament et votre caractère le réclament, en dépit de nos lois tyranniques, odieusement bêtes et illogiques, lois qui nous contraignent à n’être, hommes et femmes, que des machines, de vulgaires automates, des êtres vivant . une vie factice, quand nou£ devrions nous sentir des êtres doués de toutes les facultés que la Nature met en chacun de nous et à pouvoir exercer, en la Vie, ces mêmes facultés.
Allons, les femmes, déshabituez-vous donc de vous masculiniser ainsi, en des habits d’hommes - ces singes modernes ! - et surtout, ô surtout, comme ces affamés de Pouvoir, ces nouvelles prétendantes à l’assiette au beurre gouvernemental, n’allez pas vous occuper de suffrage universel, car, pas plus que l’homme, la femme ne doit détenir aucune parcelle d’Autorité, car, de là, qu’on ne l’oublie pas un seul instant, découlent tous les maux dont l’humanité virile souffre !
La femme, dis-je, doit rester femme, c’est-à-dire amante et mère, mais aussi elle doit être intégralement libre, n’être assujettie en aucune manière, par quelque lien que ce soit, ni moralement, ni physiquement, ni intellectuellement à l’homme. La femme, libre de disposer de son coeur, de son corps, de son cerveau, ne doit pas subir cette tare sociale : l’esclavage. Et, aussi, les Femmes, tâchez donc de vous déshabituer encore de cette quincaillerie, de cette verroterie, de tout ce clinquant, qu’on nomme de la bijouterie, car la Nature vous a parées de vos grâces et de vos beautés, conséquemment, vous n’avez nul besoin de tout cela, de tout ce luxe inutile et faux !

Au camarade Weiss-Aloïse.

Ah ! cette joie immense débordant de nos coeurs et de nos poitrines, quand Paris et autres grandes villes, débarassées de ces ignobles maisons de rapport, très hautes, anti-hygiéniques, seront libres, enfin de jouir de la Liberté en la vraie Nature, rendue à sa réelle destinée ah ! cette joie ardente et fière de ne plus voir des morceaux de terrains emprisonnés en des grillages - qu’on appelle encore des squares - et dont il existe des promenades réglementées sous
l’oeil de gardiens austères et pudibonds ; de ne plus voir, non plus, des arbres engrillagés, sous prétexte de conservation et de voir alors terrains et forêts reboisés et se couvrir de végétations intensivement luxuriantes sans l’aide de compositions anti-naturelles et désagréablement chimiques, ah ! cette immense joie de la sublime Nature, véritablement existante, enfin !
La plus éclatante, et la plus radieuse lumière artificielle - électricité ou acétylène - ne vaut pas la lumière naturelle : le Jour.
La meilleure chaleur produite par un très bon chauffage, perfectionné merveilleusement, ne vaut pas la chaleur : le Soleil.
De l’Heure - horloges, montres, etc. - ne peut-on pas s’en passer, puisque nous avons les étoiles pour nous guider, et que peut importer l’heure quand on est libre d’agir à sa guise, entièrement ?

Pour Paul Paillette

Le poète prend-il pour Muse, un de ces objets
vulgaires : accessoires de toilette, cuisine, ou bâtiments quelconques ? Non, ce n’est pas ! Sa Muse éternelle, mais variante, aussi, c’est la Femme qui aime, c’est la Fleur qui éclôt, c’est le fruit qui mûrit, c’est la feuile qui tremble, c’est la Brise qui passe, c’est aussi l’Amour et l’Amitié qui naissent et meurent, c’est la joie de vivre libres, sans attaches c’est encore le Vent, la Pluie, la Mer, le Ciel, le Soleil, toute l’humanité des êtres existants qu’il louange et chante tout à la fois ! ...
Le musicien fait parcourir ses doigts et ses lèvres en des instruments harmonieux et en tire des sons agréables à l’ouïe et à l’âme, mais il ne songe pas une seule minute, s’il est musicien vraiment tel qu’on doit l’être, à produire un certain bruit avec certains mécanismes dits musicaux déjà malheureusement existants, instruments qui nous donnent de la musique (?) à la vapeur, à l’électricité, quelle cacophonie, quelle discordance, et aussi quel plaisir d’Art obtenu ainsi ? Aucun, évidemment. Partout, en tout, la Nature nous invite à la célébrer !
Allez donc chercher de l’Art, de la Beauté, dans une locomotive, dont on pourrait très bien se passer, pour vivre nos vies, éprises de clartés lumineuses et de pleine et franche Nature ! Ah ! démolissons ou dédaignons donc tout cela, tous ces mécanismes, ingénieux, il est vrai, mais assassins parfois, et vulgaires, toujours !
S’il est prouvé que nous ne pouvons absolument pas nous passer de machinisme, n’en ayons que le strict nécessaire et tâchons de nous en passer le plus souvent possible. Egarons nos pas, libérés désormais des boulets civilisateurs vers le but suprême, sublime et seulement unique : le Beau dans l’Art en la Nature !
Et ces vêtements étriqués, causes de démangeaisons continuelles par leur frottement sur notre épiderme, qui nous gênent dans notre marche, entravent tous nos mouvements ; et ces cols, véritables carcans en celluloïd lustré ou de percaline empesée par des acides, ah ! que tout cela disparaisse en un immense autodafé, et que l’on s’habille alors de vêtements flottants, si c’est absolument nécessaire, ce sera au moins hygiénique, et si, en de certains moments et endroits il nous est parfaitement loisible de vivre sans vêtements, nous étalerons notre Nudité, plus belle et plus virile qu’actuellement elle n’est, et cette vue ne saura effaroucher les sentiments de quiconque, car alors, la Logique, la vraie nature, la compréhension parfaite auront place en les anciennes cités civilisées et civilisatrices, détruites par les réelles efficacités des lois naturelles. Je ne veux pas établir ici, comme une règle définitive, ni déifier en Idole, la Nudité, non, je veux simplement penser que tout être vivra comme il l’entendra, selon les voeux exacts de la nature.
Ah ! la joie immense de ne plus voir ces affiches de publicités et autres marques de commerce et industries tant vénaux qu’inutiles pour notre Vie, ah ! l’horreur de voir ces stigmates de purs négoces, dévalisateurs de labeurs journaliers et cambrioleurs conscients de nos intellectualités, restreintes forcément ainsi, rapetisseurs de nos êtres, de nos esprits... Or, à quand la fin, donc ?
La vulgarité de ces visages bleuis et pustuleux, parfois, par le rasoir de quelconques lavatory, les cheveux et les moustaches cirés, pommadés, coupés aussi très régulièrement, selon l’harmonisme - ô ironie du mot, ici- combien ineptes, de nos très modernes Figaros.
Et ces filets-fronts, bigoudis, épingles à onduler et autres menus objets déparant nos coiffures, tout cela, monstrueusement, actes de déments, des civilisations pourries et profondément ignares des vérités naturelles et substantielles" ! ... Ah ! qu’en d’immenses Néants, tout ce luxe niais et faux, grotesque de gâteux, disparaisse enfin !...
Ces pommades aussi gluantes que chimiquement frelatées, ah ! cette Chimie (pas en tout, mais souvent), dévastatrice, Science du Mal, Apothéose des Hors Nature, servante ferventement du faux, de l’imitation : à la fosse commune des habitudes toutes de Civilisation Jacobine.
Ah ! la Joie, béatifiante, il semble, à la vue des chevelures, libres absolument de voguer çà et là, et dédaigneuses des puants cosmétiques et des parfumeries rances.
Ah ! l’imbécillité, la stupidité des réceptions officielles, la bassesse, la flatterie, la bêtise invétérées des foules s’y rencontrant, l’étiquette, qui, sous les noms de "politesse" et de "savoir-vivre", règne en déesse absolue : ah ! la profonde idiotie se dégageant de toutes ces ambiances quotidiennes ou seulement périodiques, en l’existence actuelle ! Pauvre Nature, toi la Vérité, cependant, mais à cause de cela, aussi, que tu es méconnue et même ignorée...

Au fervent naturien Honoré Bigot

Ah ! ces cervelles frustres, rebelles complètement a la compréhension d’idées très largement libérales, noyées, anéanties, brûlées par les eaux-de-VIE (ô ironie du mot !), alcools et autres breuvages parfaitement empoisonnés et annihilant ainsi toute pensée. Ah ! l’ignominie du Clos Campêche, du Clos Bercy, magnétiseurs de cerveaux déjà trois-sixés, corrupteurs de notre salope de Civilisation, Reine encore, hélas, des Nations !...

A l’ami Henri Beaulieu

Ah ! l’immense imbécillité religieuse s’étalant en nos nécropoles, la puérilité de ces croix plantées, de ces couronnes accrochées, aux stèles... Quel grandiose bric-à-brac qu’un cimetière !

Il me semble y voir cette inscription calicotière :

"AUX IMMENSES GALERIES MORTUAIRES"
"Spécialité de Vanité humaine"
- VENTE A PRIX FIXES -

Ah ! le néant de tout ce Néant ! Que l’on enterre donc, chacun et chacune, tout simplement, sans verroteries, ni ferblanteries funèbres, ça engraissera la Terre, ou si la Mort ne laisse pas assez place à la Vie, qu’on brûle nos charognes et qu’on en jette les cendres aux quatre vents !...
L’horreur de voir, dans les champs, ces châssis pour faire produire chimiquement toutes plantes légumineuses. Aucune saveur, aucune exquisité, évidemment. Et les serres ? Des fleurs éclosant à une chaleur anti-normale, artificielle... Quelle dégoûtation, décidément, que notre civilisation chimique, même en ses moindres détails ! L’on dit encore que la Nature est une marâtre ?
Imposteurs légiférant, c’est vous qui n’êtes que monstres, produits avortés de cette même nature que vous calomniez tant , parce que vous êtes cent fois incapables de la comprendre, de l’aimer et d’en jouir ! A la fosse aux ours, les foetus de l’humanité et que les Puissants vous broient et régnent enfin !
Et puis la vue des crânes veufs de leurs toisons, crânes de gommeux, de gâteux, noceurs à grandes guides, vieux avant l’âge, par la vie qu’ils se sont faite. Ah ! l’horripilante vue que ces têtes de veaux, chefs de sénateurs et de diplomates, ah ! ces têtes de veaux que ne vendent pas les tripiers !
Que dire de ces fleurs poussées en serre ? Ces fameux chrysanthèmes, si à la mode un moment, très jolis à la vue par les différentes teintes données par nos modernes chimistes, mais sans parfum naturel. De même pour la violette dite de Nice, sans parfum naturel également, car la vraie violette est celle qui naît et vit dans les bois, à l’arôme si fin et si persistant. Je ne parlerai que pour mémoire de ces lilas blancs - pourquoi les appeler lilas, puisqu’ils sont blancs, ô stupidité ! - fleurs anémiques à peine ouvertes, hâtivement poussées. Et combien d’autres plantes dans le même cas ? Voilà bien de tes coups, ô Artificiel ! ô Chimie !
Et enfin, et puis encore, ces dénominations autant baroques qu’inutiles de gendres, belles-mères, oncles, tantes, cousins, etc. Arrêtons-nous ! Ah ! l’imbécillité de tout cela...
La pestilence des produits pharmaceutiques, tristes’ drogues abominablement chimiques et diversement colorées, soi-disant guérisseurs de maux engendrés par notre Civilisation, mais bien plus justement achèveurs d’agonies, continuateurs de malaises et dégonfleurs de porte-monnaie remplis de décimes !
Comme si, simplement, mais bien, la Nature n’était pas là pour nous guérir les moindres maux que nous pourrions avoir avec ses plantes, si appréciées, déjà !
Vivons, aimons, connaissons et protégeons la Nature, mais ne la déifions pas, ne l’idolâtrons point, n’y élevons pas de temples, ne fondons pas un nouveau Culte sur les dogmes supprimés par les cerveaux libres, mais luttons pour l’existence des lois naturelles - les seules lois que nous admettions !- et nous serons heureux, tous et toutes, car la Vie nous sera Joie et Bonheur, car la Terre sera peut-être un Paradis, et que l’Enfer Social existant sera disparu avec la Civilisation, inepte, ignoble et immonde qui l’a créé !

A bas la Civilisation ! Vive la Nature !

LITANIES PAÏENNES SUR LA PLUIE ET LE SOLEIL

(petits poèmes en prose)

PREMIERE PARTIE : LA PLUIE

1 - PLUIE FINE

... Il pleut lentement, doucement, et la pluie semble de l’huile... Il pleut lentement, très lentement...
Puis, ralentissant encore sa tombée, la pluie file, bientôt, goutte à goutte, semblables - ces gouttes - à de scintillants joyaux, que laisseraient choir grain à grain, les Anges des Sphères Célestes, en un amusement de petites personnes, en un plaisir d’enfants qui auraient des chevelures blondes et bouclées, aux yeux mélancoliquement bleu Méditerranée... Et, tombe, lentement, la pluie douce...

2 - RAFALE, AVERSE

Pendant que la pluie précipite sa tombée, en rayons acérés d’épées, - qui vous traversent comme des stylets ibériques ou vénitiens - pluie devenue averse, et avec le vent mistralique qui l’accompagne, est maintenant rafale, gronde comme le canon mugissant à la guerre, pluie semblable à des milliers et des milliers de lances qu’enverraient sur d’imaginaires ennemis, une de ces quelconques peuplades, réputées "sauvages", parce qu’insensibles aux "progrès civilisateurs", elles n’acceptent de jougs, que vaincues...
Et la Rafale grandit encore...

3 - ORAGE, TEMPETE, CYCLONE

Le tonnerre brise des gens et des choses, zigzaguant à travers les Airs, pendant que l’écho s’en répercute au-dessus des plus hauts sommets des plus hautes montagnes. L’Orage, c’est la Nature en l’une de ses grandes révolutions, et, peut-être, la Tempête, le Cyclone sont-ils proches...
Et l’Orage redouble bruyamment, opaques idoines aux Assasinats ...
Et le Tonnerre grandit, et l’Orage continue, formidable...

4 - FIN D’ORAGE

La Pluie git sur les toits zingués, que fait en d’éclatants rayons, le Soleil arc’en-cielé, qu’est calmé le Flot du Ciel...

DEUXIEME PARTIE

1 - FRAICHEUR

...Il fait bon s’enivrer des parfums du matin, jouir de la fraîcheur ensoleillée, de la rosée gouttelante aux plantes, de la senteur de la Terre humectée, de l’éclatante lumière, par instants, presqu’aveuglante en son intensité... C’est la Nature dans toute sa force et c’est la Vie en sa complète plénitude, ce pendant que l’Aube rosâtre disparaît peu à peu, tandis qu’un doux Soleil prend place...

2 - TIEDEUR

La fraîcheur matinale s’est transformée en tiédeur ; oiseaux, insectes et autres animaux font déjà entendre et leurs cris, et leurs bourdonnements, et leurs gazouillements.
S’agitent les feuilles, des arbres, et toutes plantes, par une brise légère et caressante, soulevées...

3 - CHALEUR

Toute tiédeur n’est plus. C’est la Chaleur, mais bonne, normale.
Mais, règne, dominateur, le Soleil.
Bruissent de légers murmures...
Faiblement, il vente...
Fascinateur, le Soleil surplombe toute la Terre, faisant sentir son naturel despotisme.
Et dans l’eau claire de la Source se reflète le Soleil. Et les gazouillements, et les bourdonnements, et les cris, de plus belle redoublent...

4 - CANICULE

La forte chaleur, l’époque caniculaire est venue... Tout animal semble plongé dans une torpeur immense...
Pendant que suent des fronts courbés sur la Terre, pas un humain ne respire librement, pas une plante ne bouge.
La Nature, en son silence, semble morte, comme figée en elle-même, comme pétrifiée par une émotion inconnue, insaisissable et mystérieuse. Un soleil de plomb a pris existence, dominant par la campagne environnante...
A la Ville, l’on sue, on avale de la poussière, et l’on est sale, et l’on boit, et l’on est malade...

5 - CRÉPUSCULE

Ce pendant, peu à peu, toute forte chaleur a disparu : l’agréable fraîcheur du matin a reparu, rendant joyeuse l’humanité qui, maintenant, respire à pleins poumons, tandis que par les charmilles et les bois, se font entendre de douces plaintes amoureuses...
Et le Soir, tombe, poétique, en les dernières lueurs crépusculaires, et, déjà, s’allument d’irradiantes étoiles, la voûte bleutée...

CÉLÉBRATION DES RITES DE LA NATURE

Sociabilité

Intégrale Liberté, Initiative Individuelle.

Travaux

Chasse, Pêche, Industrie Individuelle et Rustique.

Composé de l’Individu.

Ame, Corps, Coeur, Intellect.

Arts et Plaisirs

Musiques, Forces, Beauté, Chants, Poésies.

Fonctions Vitales

S’aimer, Aimer, Vivre, Jouir, Créer charnellement et intellectuellement. Boire, Manger, Dormir. Se distraire intellectuellement et matériellement.
Esprit, Ame, Corps, en harmonique conformation naturelle, d’où : Joie ! Vie !
La Chimie, abomination de l’Existence, suprême aberration, ô que profonde, des Civilisations !
La Science, Déesse fascinatrice, cruelle, artificielle, des Sociétés en Putréfaction Sociale !
La Nature : Vie, Force, Bonté, Beauté, Art, Liberté, Joies des conscients Intellects ! A la Nature, hosannah !...
Prêtres : Hommes.
Prêtresses : Femmes.
Chérubins : Enfants.
Temples : La Forêt, l’Espace, les Airs.

Femme

La Beauté ample des chevelures flottantes, naturels manteaux de Pourpre, d’Ombre et d’Or !...
La Grâce et la Joliesse des Franches Nudités...
La finesse, et des mains et des doigts.
Le carmin des lèvres d’Amour.
L’écarlate fraise, et le blanc rosâtre des Seins.
Les lignes pures et des hanches et des jambes
La délicatesse du pied.
Et cette mousse couleur de Nuit en le réceptacle divin...
Cette fraîcheur du teint, ainsi que sa matité.
La croupe : majestueuse, impérieuse.
Etoiles d’azur que sont les yeux.
Le perlé des dents ; le potelé du bras ; le nez joli.
L’oreille : telle une coquille nacrée... ; Le front, large et blanc.

Homme

Sa virilité sexuelle : Amour
Ses muscles : Force,
Sa barbe orgueilleuse et fine ; chevelure bouclée et tombante :
Beauté.
Le cerveau ample : Penser.

Enfant

O l’exquise, ô la grâce, ô la joliesse, ô amour...

P.S. :

Texte publié dans Naturiens, végétariens, végétaliens et crudivégétaliens dans le mouvement anarchiste français (1895-1938), Supplément au n°9, Série IV, de la revue Invariance, paru en Juillet 1993.




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