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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Libération pédérastique
{Marge}, n°11, Octobre-Novembre 1976, p. 4.
Article mis en ligne le 11 mars 2013
dernière modification le 17 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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Pédéraste : "Dégueulasse, détourneur de petite fille, vieille tante emperlousée, satyre…" j’en passe et des meilleures. Ce jugement hystérique et paranoïaque, on l’entend un peu partout. Quand on est bien élevé, et quelque fois, à cette occasion, le vernis craque, on précise, trémolos à la clé : "Les enfants sont si purs, si fragiles ; il ne faut pas les salir avec le sexe".
Au-delà du jugement moral – et c’est un discours qu’on entend dans les bouches de toute la gauche et l’extrême-gauche – on explique que, dans une relation pédérastique, eh bien, vous comprenez, ce n’est pas sûr que l’enfant ait tout son libre arbitre, qu’il la veuille vraiment cette relation ; des féministes l’assimilent au viol. Et puis ce rôle de pédagogue que veut s’attribuer le pédéraste, rajoute tout le monde, homosexuel compris, c’est pas tolérable !
A ce moment, le législateur, avec l’accord de quasiment tout le monde n’a plus qu’à les condamner aux assises, encore qu’avec de très nombreuses exceptions, la justice dite de classe faisant bien les choses bienheureux pédérastes bourgeois ! et à créer des lois pour "la protection de l’enfance" qui, bien sûr, ne condamnent jamais les pères qui violent leurs filles, par exemple ; par contre tout ce qui touche à la propriété parentale qu’est l’enfant, alors là, gare !
Que sont les pédérastes ? A défaut d’autres mots, j’appellerais tel tout adulte ayant une relation sexuelle et/ou affective avec un enfant de son sexe.
C’est sûrement quelqu’un qui a des difficultés objectives très grandes à vivre pratiquement sa relation, qui a le plus à craindre de toute la répression possible et inimaginable. Dans ses conditions, c’est quelqu’un, ce peut être quelqu’un de libre, d’aussi "libéré" qu’un hétérosexuel moyen ; mais il peut l’être bien plus, je peux en témoigner.
Libération des pédérastes ? Oui, comme celle de tout être opprimé dans ses désirs et sa sexualité, du moment qu’elle ne nuit pas à la liberté individuelle d’autrui. Autrui, ici, commence par les enfants. Alors, parlons d’eux.
Rappelez-vous, quand vous étiez enfant, que vous aviez, disons, 14 ans. N’aviez-vous pas envie d’être détournés ? …Je me rappelle, à 12-13 ans, puisque j’ai commencé à draguer à 12-13 ans, je passais mes après-midis libres sur le boulevard Saint-Michel à aguicher les mecs et c’était moi qui était vraiment provocant et désirant et j’avais une sexualité et je rêvais de mecs avec des biceps et des bites comme ça . (Témoignage de J.M.)
On le savait bien dans votre famille, puisque, d’abord tout ce qui touchait le sexe, c’était… caca ! le sexe vous était interdit. En général, ce n’est pas dans votre famille que vous avez appris à connaître votre corps ; encore moins celui d’un adulte, qu’il soit de votre famille ou non.
On le savait bien puisqu’on a laissé l’école et l’Eglise ; les boy-scouts ou les colonies de vacances pour s’occuper de vous : sublimation mal vécue dans le travail, un peu moins mal vécue dans l’amitié pure et angélique - autant dire le néant ; cela vous a entraîné à bien séparer sexe et affectivité et à votre situation actuelle où vous vivez encore avec les personnes de votre sexe des relations parfaitement désincarnées.
Au Moyen Age, les femmes n’avaient pas d’âme. Là, c’est vous qui n’en aviez pas, n’ayant pas de vie (sexuelle) propre en dehors de celle qu’on vous imposait.
A moins qu’heureux enfants de parents réformistes à la mode, vous n’aviez eus leur quasi-bénédiction pour votre masturbation-du-soir-avant-de-dormir et, mieux, qu’ils n’aient admis, qu’à défaut d’une relation sexuelle avec une personne adulte du sexe opposé au vôtre, vue votre différence d’âge, vous pouviez en avoir une (attention ! touche-pipi, pas plus !) avec un enfant de votre sexe.
Alors, des relations avec un adulte, inconcevable, dans tous les cas. Tout semble organisé pour qu’en fait, il n’y en ait pas. Et pourtant, elles existent. Entre adultes et enfants. Au niveau social, la répression qui frappe les adultes est nettement plus forte dès que le sexe des partenaires est le même, d’une part et qu’on sort de la famille, d’autre part.
Souvent, les relations entre un pédéraste et un enfant, je rappelle que ce peut être entre une femme et une jeune fille – sont critiquables, de par la position très instable qu’occupent les pédérastes.
Le pédéraste adopte souvent une attitude très réactionnaire de différentes manières :
- il tend à sacraliser ses relations, avec l’enfant, pur, etc. ;
- il méprise les non-pédérastes qui ne sont pas initiés … ;
- il se réfugie vers les grands ancêtres esclavagistes qu’étaient les grecs, manière de compenser sa frustration actuelle ;
- il a une volonté de relations castratrices privilégiées, un désir fascinant de façonner l’enfant, une manière de propriétaire.
C’est vrai que le pédéraste peut être tenté de rejouer le rôle parental avec un enfant qui est heureux de retrouver un espèce de parent avec qui il peut avoir des relations sexuelles. Entre nous, c’est-y pas mieux que sans relations sexuelles. L’,embêtant serait de prendre la partie répressive de ce rôle.
C’est vrai que le pédéraste peut être tenté d’exploiter l’enfant : un gosse frustré, un billet de 10 francs. Entre nous c’est-y pas mieux que : "Si tu travailles bien, tu auras une bicyclette."
C’est vrai que le pédéraste peut participer de la coupure sexe-affectivité chez l’enfant, vue la manière dont lui-même est obligé de vivre, à cheval entre ses désirs et sa réalité, ses phantasmes ,et leur concrétisation. De même, adulte, le pédéraste, est déjà structuré, beaucoup plus structuré que l’enfant, et la communication risque d’être à sens unique adulte-enfant. Entre amitié angélique et frustrante et plaisir sexuel affectif plus ou moins partagé, entre la structure de toute la morale familiale scolaire, bourgeoise, etc. et celle d’un pédéraste, qu’est-ce qui apporte le plus à l’individu-enfant ?
Enfin, il n’y a pas plus de raison qu’un pédéraste viole – ou ait envie de violer – un enfant, qu’un homme viole une petite fille, qu’un prof viole une de ses élèves, qu’un homme viole une femme, etc. Un enfant a moins de défense ? Physique, peut-être. Mais pour le reste, c’est encore considérer qu’ils n’ont pas d’âme (appelez ça autrement si le mot vous choque) que de supposer qu’ils ne sauront pas se défendre.
Au nom de quoi, voulez-vous refuser à un pédéraste et à un enfant d’être heureux ensemble, au lieu d’être frustrés ? d’être libres ensemble, de se donner du plaisir ensemble ? de briser un interdit ensemble ? Au nom de quel principe ? Au nom de quelle morale ? Je sais bien, rien n’est noir, rien n’est blanc ; je hais le manichéisme. Pour l’instant, il est de votre côté pour qui tout est noir. Pourquoi ne pas chercher à se battre pour que les relations entre pédéraste et enfant soient libres. Est-ce que ça ne vaut pas le coup de penser qu’un enfant puisse s’approprier son corps le plus vite possible en le retirant à tous ses castrateurs ? Qu’un pédéraste puisse se réapproprier son propre corps ? La lutte pour la libération des pédérastes dans ces conditions est essentielle.
Cette lutte de libération est essentielle, peut-être plus fondamentale que celle des homosexuels, peut-être que celle des femmes. Elle remet radicalement en cause toute la société, subversion, par excellence. Elle est d’abord une part de libération des enfants de tout ce qui les opprime. Comme la lutte des homosexuels, elle s’attaque à l’ordre hétérosexuel. Elle s’attaque à la famille en permettant aux enfants d’y échapper et à des relations non conformes de s’établir. Elle casse la séparation entre les âges qui est, actuellement, le biais que prend le réformisme (voir rapport Simon, voir le Danemark) pour récupérer une certaine lutte de libération sexuelle. Elle casse toute relation codifiée institutionnelle, base de la société. Enfin, elle peut être un moyen - trouvez-en un autre ! – de casser la coupure mortelle laideur-beauté, car les enfants, pervers polymorphes, s’ils ne sont pas encore déformés, ne sont pas sensibles aux critères esthétiques qui empoisonnent notre vie d’adulte.
Alors choisissez votre camp. Moi, c’est fait. Si vous restez contre, vous êtes encore plus « pervers » que moi. Car, si vous ,et vos semblables vous cherchez les pires ennuis à un adulte ou un enfant qui se caressent – vous dites "se pelotent", du moins quand c’est l’adulte qui agit – vous ne dites rien – vous l’encourageriez presque – à un ,enfant (votre enfant) qui rejoint les 8 millions de Zoophiles quand il caresse son chien. J’oublie les chats, je suis votre hiérarchie de la perversion – pédérastie, zoophilie et je n’ai rien contre les zoophiles !

HERMENEGILDE




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