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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Contre la guerre impérialiste, révolution socialiste !
Le Réveil Prolétarien}, n°1, Octobre 1943
Article mis en ligne le 6 juin 2014
dernière modification le 27 mai 2014

par ArchivesAutonomies
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Encore une fois avec la guerre les massacres sanglants, la famine et la misère se sont abattus sur le monde et c’est une fois de plus les ouvriers de tous les pays qui, seuls, en font les frais. Au début de cette cinquième année de guerre où en est l’ouvrier français ?
Pendant que l’ouvrier peine dix heures pour gagner un salaire que la hausse vertigineuse des prix rend insignifiant, les patrons continuent de réaliser des bénéfices sans cesse croissants. Les trafiquants du marché noir édifient des fortunes sur la faim des ouvriers. Quand la colère secoue les ouvriers, patrons gaullistes et police allemande s’entendent toujours pour réaliser l’union contre les prolétaires. Camps de concentration et prisons regorgent de détenus, tandis que la réaction cléricale et les fascistes français tiennent le haut du pavé. Des centaines de milliers d’ouvriers ont été déportés dans les usines allemandes et ont retrouvé là leurs frères de Belgique, de Hollande, de Russie et d’ailleurs.
De l’autre côté, les libérateurs anglo-saxons sèment la mort sur les quartiers ouvriers où ils font les mêmes massacres que les bombardiers fascistes à Coventry ou Rotterdam. L’ouvrier rivé à sa machine ne peut pas comme les bourgeois gagner la campagne où ceux-ci trouvent sécurité et ravitaillement.
Voilà, camarade ouvrier, où tu en es au bout de quatre ans de cette guerre que tous, La Rocque et Daladier, Blum et Thorez ont réussi à te faire accepter. Car n’oublie pas, ils étaient tous d’accord !
Aujourd’hui, une partie d’entre eux achetés par les nazis et les industriels allemands a découvert les bienfaits du régime totalitaire et ensemble anciens communistes, nouveaux fascistes, derrière les mitraillettes des S.S. préparent la colonisation de la France par les Pétain, Déat, Doriot ou Bucard.
Les autres, communistes de Grenier, socialistes blumistes, alliés aux fascistes de Giraud et de De Gaulle, sont restés aux ordres du capitalisme anglo-américain et tous ensemble ils te disent que la victoire des alliés amènera la fin de tes souffrances et le retour de la liberté.
Tu crois encore que la victoire des anglo-américains ramènera la prospérité générale. Mais camarade, quand tu auras fini de tourner des obus, quand les ruines seront relevées grâce aux monstrueux stocks américains, la crise recommencera comme avant et avec elle le chômage, la misère et au bout une nouvelle guerre dans quelques années.
De Gaulle et Giraud s’entendront toujours avec les fascistes français pour assurer le maintien du capitalisme et étouffer le mouvement ouvrier. Regarde l’Italie où Mussolini et les S.S. d’un côté, Badoglio, le roi et les Anglais de l’autre se sont bien entendus pour que le mouvement révolutionnaire soit noyé dans le sang. Ils se sont tous bien entendus pour que le mouvement révolutionnaire soit noyé dans le sang. Ils se sont tous bien entendus pour que Fiat et les banques italiennes conservent toujours leur domination sur l’ouvrier italien. Cette guerre n’est pas ta guerre, c’est la guerre entre les capitalistes anglo-américains gorgés d’or et de matières premières et les capitalistes de l’Axe à la recherche de ces mêmes matières premières. Mais avant tout, ils s’entendent toujours contre leur ennemi commun, le prolétariat international. Staline lui-même n’a entraîné son pays dans cette guerre que pour sauvegarder les intérêts de sa bureaucratie.
L’ennemi est chez toi, c’est ton propre capitalisme. Partout le peuple souffre, mais partout il commence à relever la tête. Des grévistes parisiens aux mineurs américains, des ouvriers italiens aux métallos anglais, c’est la même bataille qui commence. Seul le prolétariat tout entier, organisé dans les conseils d’ouvriers et de paysans mènera à bien la Révolution Prolétarienne qui amènera la victoire du socialisme. Seuls, la suppression du capitalisme, la mise en commun des moyens de production, le pouvoir des conseils d’ouvriers et de paysans assureront la véritable libération. Il faut organiser le sabotage de la production de guerre et la solidarité envers les réfractaires et les victimes de la répression. Il faut fraterniser avec les soldats et les ouvriers allemands. Pour cela, organiser avec des copains sûrs des groupes ouvriers dans toutes les usines en France et dans les usines allemandes. Mais n’oublie pas que Hitler abattu, ta tâche ne sera pas finie, mais continuera. Le Pain, la Paix, la Liberté ne viendront pas tout seuls.

P.S. :

Paru dans (Dis)Continuité n° 16, juillet 2002




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