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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Un autre anniversaire : La révolution spartakiste (9 Nov. 1918)
{Le Réveil Prolétarien}, n°2, Novembre 1943
Article mis en ligne le 6 juin 2014
dernière modification le 27 mai 2014

par ArchivesAutonomies
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Gaullistes et staliniens emploient la date de 11 novembre pour exciter dans la classe ouvrière le plus vil sentiment de chauvinisme, pour lui faire oublier son principal but : LA RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE. Mais les travailleurs révolutionnaires doivent laisser aux bourgeois leur 11 novembre et se souvenir des vraies dates de l’histoire prolétarienne.
Le 9 novembre 1918, à l’exemple de leurs frères de Russie, les ouvriers d’Allemagne ont organisé contre la bourgeoisie la lutte insurrectionnelle, pour mettre fin à la guerre impérialiste. Ils ont montré le chemin de la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile et nous donnent aujourd’hui la voie à suivre. Les social-démocrates Noske, Ebert, Scheidemann et Cie haranguaient les soldats et marins pour qu’ils continuent à se battre, mais dès la fin d’octobre les équipages de la flotte de Kiel, aidés des ouvriers, organisent la grève, forment les soviets, et font échec aux menées réactionnaires des social-patriotes. La révolte gagne les grandes villes, les armées où les soldats ne veulent plus se battre, le Kaiser s’enfuit, la bourgeoisie tremble, Karl Liebknecht proclame à Berlin le 9 novembre l’avènement de la république socialiste. L’avant-garde de cette révolution allemande s’incarnait dans la Ligue Spartakiste, animée par les grands champions de la lutte contre l’opportunisme : Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht.
Mais une fois de plus, social-démocrates et centristes se sont fait les agents des capitalistes. C’est consciemment qu’ils ont favorisé et même organisé la réaction. Une lutte sévère devait s’engager entre eux et les Spartakistes qui réclamaient la dictature du prolétariat. La lutte se livra d’abord au sein des conseils où les social-démocrates détenaient la majorité, puis avec les armes.
Dès le 24 décembre la répression commence et c’est le socialiste Noske, véritable Galiffet de l’époque, soutenu par les généraux réactionnaires, qui entreprend de saigner les ouvriers, de mater la Révolution. La Ligue Spartakiste, encore jeune, encore trop marquée par le centrisme, restera trop souvent hésitante devant la réaction ; quant à la classe ouvrière proprement dite, trop habituée elle aussi à la fausse discipline social-démocrate, elle manquera trop d’initiative devant les hésitations des dirigeants spartakistes. Telles furent les causes de la défaite du 27 décembre au 15 janvier ; ce fut une répression sanglante, où Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht moururent glorieusement.
En rappelant ce souvenir, nous voulons que tous les travailleurs sachent que dans une Allemagne qui a vu vivre des Liebknecht, des Rosa Luxembourg, qui les a vus mourir, avec des milliers de travailleurs, il ne peut y avoir que des hitlériens en 1943. Il y a des travailleurs par millions qui sont opprimés et NE POURRONT ABATTRE HITLER sans notre aide, sans l’AIDE EFFECTIVE DE LA RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE ! Et le chemin à suivre aujourd’hui est le même que le 9 novembre en Allemagne, le 7 novembre en Russie : transformer la guerre impérialiste en guerre civile, dénoncer le jeu de trahison des nouveaux Scheidemann, Noske, Ebert, socialistes et staliniens défenseurs de l’impérialisme, former dans l’action le PARTI RÉVOLUTIONNAIRE DE DEMAIN, LA NOUVELLE INTERNATIONALE QUI RASSEMBLERA VICTORIEUSEMENT LE PROLÉTARIAT DE TOUS LES PAYS.

POUR LE POUVOIR DES CONSEILS D’OUVRIERS,
POUR LA DICTATURE DU PROLÉTARIAT !

P.S. :

Paru dans (Dis)Continuité n° 16, juillet 2002




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