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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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18 Mars 1871 - 18 Mars 1944
{Le Réveil Prolétarien}, Numéro Spécial, Mars 1944
Article mis en ligne le 6 juin 2014
dernière modification le 27 mai 2014

par ArchivesAutonomies
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Le 18 mars, jour anniversaire de la Commune de Paris, est l’occasion pour tous les valets de plume du capitalisme de dénaturer le véritable caractère de la première révolution prolétarienne. Il ne suffisait pas que le mur de Charonne, arrosé du sang des martyrs, ait été témoin du défilé des fascistes à Bucard ou des pitreries des politiciens du Front Populaire, aujourd’hui le P.P.F. M. Ivan Sicard publie "La Commune contre le Communisme" et les nationaux dits communistes d’Alger s’emploient à utiliser la Commune au service de leur propagande "antiboche" et nationaliste. Pour nous, révolutionnaires, communistes internationalistes, si le sang des 30.000 fusillés crie toujours vengeance dans nos cœurs, il importe avant tout de restituer son véritable visage à la Commune et de tirer les leçons de cette grandiose expérience.
En mars 1871, Paris sortait à peine des misères du siège. Fiers d’avoir renversé Badinguet, de leurs souffrances, animés d’un républicanisme farouche que la propagande des révolutionnaires teintait de socialisme, les ouvriers parisiens, armés, organisés dans la Garde Nationale considéraient avec méfiance la majorité monarchiste de l’Assemblée Nationale récemment élue et installée à Versailles.
Thiers de son côté ne cherchait qu’un prétexte pour mater les Parisiens. Après avoir irrité la population par des mesures vexatoires, il voulut désarmer la Garde Nationale.
Le 18 mars 1871, au petit jour, les soldats de Thiers, entourés par la population, fraternisent et fusillent deux généraux. Le gouvernement quitte Paris, tandis que le Comité Central de la Garde Nationale s’installe à l’Hôtel de Ville. Il fait procéder aux élections et le 26 mars cède la place à la Commune.
Le temps a manqué à la Commune de Paris pour des réalisations sociales. La guerre civile absorba tout son temps et son énergie. Après les combats autour de Paris, ce fut l’entrée des Versaillais le 21 mai et pendant une semaine la lutte sanglante qui devait se terminer le 28 mai à Belleville. Nous reviendrons d’ailleurs sur la semaine sanglante. Mais comme chantait le vieux Pottier "Tout cela n’empêche pas que la Commune n’est pas morte".
Non, la Commune n’est pas morte en ce sens que son enseignement reste vivant. La Commune a donné le premier exemple de transformation de la guerre nationale en guerre civile. Le 18 mars 1871 et pendant deux mois sans se soucier des Prussiens entourant Paris, les ouvriers parisiens ont retourné leurs armes contre leur propre ennemi, leur bourgeoisie, la coterie militaire et cléricale de Versailles.
N’en déplaise à M.I. Sicard, les socialistes de l’Internationale en correspondance avec K. Marx jouèrent un grand rôle dans la Commune et ce fut un des leurs, l’ouvrier juif hongrois Léo Frankel qui fut délégué au travail et deux Polonais Dombrowski et Woblevski furent ses meilleurs soldats. La Commune a affirmé sa foi dans la République Sociale Universelle et proclamé la nécessité de la propagande socialiste.
La Commune inflige toujours un sanglant démenti aux charlatans parlementaires. La Commune a brisé l’État bourgeois, c’est-à-dire la police, l’armée, la justice, tout l’appareil oppressif et parlementaire et a instauré à la place l’organisation des ouvriers armés (G.N.) et la représentation directe du peuple, sans différenciation sociale, renouvelable à tout instant. Les fonctionnaires de haut en bas étaient éligibles et révocables à tout instant. Leur salaire ne dépassait pas celui d’un ouvrier et l’on put voir la femme du délégué aux finances au lavoir municipal et le délégué à la Monnaie emprunter deux francs pour aller déjeuner ! !
La Commune nous a montré la voie : transformation de la guerre impérialiste en guerre civile, milice ouvrière, pouvoir ouvrier, car comme disait Lénine, le pouvoir des soviets (comités d’ouvriers, soldats et paysans) est du même type d’État que la Commune de Paris.
En 1944 cette guerre peut se terminer par la victoire prolétarienne, la voie de la victoire, ce n’est pas celle de Berlin, Moscou ou Alger, c’est la voie de la Commune.

P.S. :

Paru dans (Dis)Continuité n° 16, juillet 2002




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