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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Révolution et réaction en Italie !
{Le Réveil Prolétarien}, Numéro Spécial, Mars 1944
Article mis en ligne le 6 juin 2014
dernière modification le 27 mai 2014

par ArchivesAutonomies
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Autour de la jeune révolution italienne, les fascistes de toute l’Europe tachent de faire la conspiration du silence, craignant que l’exemple de la classe ouvrière italienne puisse se propager dans les autres pays d’Europe.
Dans sa tactique de diviser les travailleurs, la bourgeoisie a profité de toutes les occasions pour semer la haine entre les ouvriers de tous les pays afin qu’ils puissent s’entretuer sur les champs de bataille pour les intérêts des classes possédantes. Les travailleurs italiens écrasés de longues années par le fascisme ont été victimes dans les autres pays de la plus honteuse propagande chauvine.
Au moment où ils entraient les premiers dans la voie révolutionnaire, la presse bourgeoise s’est efforcée de travestir leur action révolutionnaire.
Les derniers événements d’Italie nous permettent de comprendre plus clairement la tactique employée par la bourgeoisie pour sauver son pouvoir en péril. La bourgeoisie italienne dans la partie de l’Italie occupée par les Allemands - comme dans le Sud occupé par les anglo-américains - est obligée de céder du terrain devant les assauts des travailleurs. Elle est obligée de faire des concessions, mais ce serait une erreur de croire qu’elle est disposée à céder ses privilèges. En Italie du Nord on a créé des comités d’usine où les travailleurs siègent à côté des représentants du capital, mais cette réforme n’a été faite que dans l’intention d’apaiser la colère et les justes revendications des ouvriers. La bourgeoisie entend se servir des comités d’usine pour canaliser et mater la montée révolutionnaire, en attendant le moment propice pour employer la force brutale, pour écraser à jamais le mouvement ouvrier. Elle tâche de transformer la lutte de classe en collaboration de classe. C’est la tactique employée en France avec la "Révolution Nationale" et la charte du travail ; en Allemagne jadis par le Front du travail. La bourgeoisie européenne espère, avec cette collaboration de classe, passer la dangereuse période de guerre pour sauvegarder sa domination.
À Milan, les ouvriers des tramways qui ont fait grève ont été l’objet d’une tentative de division par la bourgeoisie. Les ouvriers qui ont continué le travail auront à se partager un demi-million de prime, tandis que les grévistes devront supporter les frais du préjudice causé à l’entreprise. Mais les ouvriers de Milan ne se laisseront pas démoraliser par cette tactique de division et de corruption.
En face de la bourgeoisie internationale qui se cramponne à ses privilèges, les prolétaires de tous les pays doivent former le front uni de l’action révolutionnaire. Les travailleurs doivent comprendre que ce ne sont pas les concessions trompeuses des capitalistes des pays sous domination allemande qui amélioreront leur sort, pas plus que leur libération viendra avec les armées des capitalistes anglo-américains mais que seule la révolution prolétarienne amènera la fin de leur esclavage.
Travailleurs ! c’est dans la lutte de classe, la lutte contre les exploiteurs de tous les pays que se trouve la voie de la libération.

P.S. :

Paru dans (Dis)Continuité n° 16, juillet 2002




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