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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Que veut, que peut l’U.C.I. ?
{Le Réveil Prolétarien}, n°9, Juin 1944
Article mis en ligne le 6 juin 2014
dernière modification le 27 mai 2014

par ArchivesAutonomies
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La bourgeoisie internationale, les exploiteurs de toutes sortes et de toutes nuances triomphèrent en ces mois d’août-septembre 1939 quand le déclenchement de la 2ème guerre impérialiste fut possible.
En effet par une longue et minutieuse préparation matérielle (budgets d’armement, nationalisation, concentration des industries lourdes, contrôle de la production par l’État, réquisition de la main d’œuvre, augmentation progressive de la durée du travail, suppression des formes dites "sociales") et préparation morale (démocratie contre fascisme, pour la défense des libertés démocratiques, pour une paix durable, pour la justice sociale d’une part, pour l’espace vital, pour une Europe nouvelle, pour un monde nouveau, pour une collaboration de classe, système corporatif de gestion, etc. de l’autre), tous les gouvernements représentants des classes exploiteuses ont réussi à écraser les éléments révolutionnaires du prolétariat mondial. Rares étaient les individus abandonnés à eux-mêmes qui osaient résister à la terrible vague de chauvinisme qui déferlait sur le monde entier. Tous, gouvernements capitalistes, syndicats, "socialistes", "communistes", nazis, démocrates hurlaient, s’agitaient, expliquaient aux prolétaires leurs devoirs, leurs tâches, leur patriotisme. Les exploités n’allaient pas se battre et se sacrifier pour de vilaines raisons de profits ou de conquêtes. Pas du tout ! Ils partaient pour libérer le monde, pour la justice, et pour une paix durable, qui doit suivre paraît-il la guerre. Naturellement tout cela ne va pas sans casse, il faut que les ouvriers et paysans s’entre-massacrent d’abord, qu’ils s’étripent, qu’ils se lancent loyaux et convaincus dans la bagarre.
Il y a cinq ans de cela !
Nous autres, communistes révolutionnaires, nous avons prédit, crié, gueulé, colporté tout cela par nos maigres moyens.
Nous disions en 36 qu’il fallait aller plus loin dans la voie révolutionnaire ;
Qu’il ne fallait pas se fier aux garanties constitutionnelles d’un gouvernement bourgeois, aussi "Front Populaire" soit-il ;
Qu’il fallait s’opposer par tous les moyens à la guerre par la grève, les occupations d’usine ;
Qu’il fallait pratiquer une politique révolutionnaire, internationaliste contre tous les gouvernements.
Et l’on pourrait écrire des pages et des pages sur les efforts et tentatives sans cesse renouvelées de des quelques groupes et individus.
On pourrait écrire des pages et des pages sur les tristes raisons qui ont conduit nos camarades dans les usines à méconnaître et refuser NOTRE propagande et NOS propositions, pour accepter celles de la bourgeoisie internationale.
Il y a cinq ans de cela !
Au prix d’un travail patient, pénible, souvent périlleux, exigeant une discipline continuelle, au milieu d’un torrent de sang, de larmes de bombardements, de destructions, réfractaires aux exhortations des impérialismes anglais, allemand, russe ou américain, privés de travail, de cartes d’alimentation, se réfugiant dans de fausses identités, nous n’avions qu’une idée devant nous, un but.
Au milieu de la guerre impérialiste, il reste une force compacte indispensable au fonctionnement du régime capitaliste et parfaitement capable de le renverser : LE PROLÉTARIAT.
Sa politique est celle du défaitisme révolutionnaire dans tous les pays.
Son devoir est de s’organiser CONTRE tous ceux qui, sous quelque prétexte que ce soit, veulent envoyer les masses à la tuerie.
Le moyen est la révolution prolétarienne dont les armes sont le Parti et les comités d’usine.
Si malgré toutes les déceptions et toutes les difficultés nous sommes restés fidèles à cette conception, c’est que nous pensons que TOUT CELA EST TOUJOURS POSSIBLE.
Camarades réfléchissez : la guerre dure depuis cinq ans. Qui la fait ? Qui la paie ? Qui en souffre ?
Qu’avez-vous fait pour vous, contre la guerre et ses causes ?
Le combat a commencé sur le sol français. Le gouvernement Pétain vous engage à suivre l’impérialisme allemand, le gouvernement d’Alger vous engage à suivre l’impérialisme anglo-russo-américain, et nous autres, communistes révolutionnaires, nous vous disons : Ni l’un ni l’autre, défaitisme révolutionnaire et sabotage en face de la politique impérialiste, fraternisation entre soldats allemands, anglais, russes, etc. ; formation des comités d’usine, prise en main de la gestion économique, dictature du prolétariat sur les classes exploiteuses.
Nous savons que les mots d’ordre doivent être discutés, compris, acceptés par un grand nombre d’ouvriers.
Nous savons qu’il y a parmi vous beaucoup de militants illégaux, qui risquent leur vie, qui sont sincères mais qui sont dans l’erreur, nous vous disons :
N’ayez confiance que dans ceux que vous élisez,
N’ayez confiance que dans le contrôle que vous exercez,
N’ayez confiance que dans l’organisation que vous créez,
N’ayez confiance que dans la liberté que vous arrachez et non pas en celle que l’on vous promet.
En un mot action de classe indépendante, révolutionnaire en face de toutes les tendances de la bourgeoisie qui veulent vous faire accepter et faire continuer la guerre contre vos frères et à l’encontre de vos intérêts.
Comprendrez-vous notre appel ? Est-il déjà trop tard ?
Des dizaines de milliers se sont posé la question. Rappelez-vous ! Les semaines de 40 heures, 42 heures, 45 heures, 55 heures, 60 heures, 70 heures, la débâcle, l’exode, fascisme, travail obligatoire, prisonniers, bombardements, rationnements.
Comprenez notre appel, comprenez la cause de tout cela.
Les Communistes Révolutionnaires Internationalistes vous demandent de vous organiser, d’agir en face de tous vos ennemis et vous rappellent le chemin difficile qu’ils ont fait, ils vous rappellent que si vous acceptez la victoire et la politique d’UN des impérialismes, que ce soit allemand, russe ou anglo-américain, vous vous soumettez à la préparation de la 3ème guerre impérialiste (dont l’ombre se dresse déjà, alors que celle-ci est encore en cours) qui suivra inévitablement celle-ci si la bourgeoisie parvient à se consolider dans ses conquêtes.
Il n’y a qu’une force créatrice en face des forces destructrices de la bourgeoisie, c’est la VÔTRE, ouvriers.
Il n’y qu’un moyen pour changer le monde de base, c’est la révolution prolétarienne.
Nous vous rappelons le passé et le présent, nous traçons l’avenir pour que vous puissiez concevoir clairement votre devoir de classe, sans lequel votre écrasement sera total.

UNION DES COMMUNISTES INTERNATIONALISTES.

P.S. :

Paru dans (Dis)Continuité n° 16, juillet 2002




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