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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Atrocités allemandes
Le Réveil Prolétarien - Numéro Spécial - Septembre 1945
Article mis en ligne le 6 juin 2014
dernière modification le 15 mai 2018

par ArchivesAutonomies
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Nous donnons ci-dessous quelques extraits des journaux concernant les traitements des prisonniers de guerre allemands dans les camps en France ; l’opinion en France ignore tout de ces faits révoltants, la presse n’en parle pas. Cette presse qui depuis des mois se moque des Allemands qui déclarent tout ignorer des horreurs nazies, pourrait trouver ici un démenti frappant. Comment le peuple allemand sous la dictature fasciste pouvait-il "savoir" puisque sous un régime de presse relativement libre, la presse française est capable de cacher à l’opinion des horreurs semblables.
Pour les ouvriers c’est édifiant. Ce sont le Figaro, journal de droite, la Réforme, hebdomadaire protestant, le Temps présent, journal catholique, qui les premiers rompent le silence.
Le Populaire, l’Humanité, la presse syndicale n’en soufflent mot. On trouve au contraire dans la presse stalinienne des articles quotidiens venimeux, insultant les prisonniers allemands qui travaillent aux champs ou dans les usines. La décadence, la trahison du réformisme et du stalinisme éclatent ainsi en plein jour. C’est la presse soi-disant ouvrière qui se trouve à l’avant-garde du chauvinisme le plus répugnant et ce sont les feuilles religieuses et cléricales qui donnent des leçons d’humanisme.
Aux ouvriers de réfléchir …

Extrait du Temps présent, 21 septembre 1945 :

"D’abord ce qu’a dit à un de nos amis un médecin chef qui s’occupe d’un camp des prisonniers allemands dans la Sarthe. Il y a là 20 000 prisonniers ; la nourriture est absolument insuffisante. 900 calories, résultat une dizaine de décès par jour, un hôpital continuellement agrandi, 4 000 hommes qui ne pourront pas être utilisés pour le travail et qu’il faudra renvoyer s’ils ne sont pas mort avant.
Ce médecin a de 700 à 800 individus couverts d’œdèmes de carence et il ne leur reste que la peau sur les os. Quatre trains de prisonniers sont arrivés récemment d’Allemagne, plusieurs captifs morts en route, d’autres avaient encore la bouche pleine du charbon qu’ils avaient mangé pour essayer de se soutenir …
Je vois mourir de faim, couchés sur le ciment, exposés à la pluie et au courant d’air, ceux qui t’ont fait souffrir et avec toi tant des nôtres. Je vois des gosses de 19 ans qui viennent me supplier un certificat de santé suffisant pour qu’ils soient admis dans notre légion étrangère. Ils sont tous dociles, doux, quelques-uns me souriant presque…"

Extrait du Figaro, 19 septembre 1945 :

"Nous apprenons que dans certains camps une grande partie de la nourriture, en principe à peu près suffisante, affectée aux prisonniers de guerre (est détournée (?), ndr) de sa destination, l’on y voit errer des squelettes vivants, presque semblant à des camps allemands de déportés et que les morts par inanition y sont nombreux. Nous apprenons qu’il arrive à des prisonniers d’être frappés sauvagement et systématiquement, nous apprenons qu’on emploie certains de ces malheureux à des travaux de déminage sans leur fournir d’appareils détecteurs, ce qui fait d’eux des condamnés à mort à plus ou moins bref délai. Il faut que ces pratiques cessent, il faut que tous ceux qui s’en rendraient coupables soient frappés implacablement. Il n’y va pas seulement du ‘‘bon renom’’ de la France, il y va de la pureté et de la noblesse de l’image que tout Français doit pouvoir se faire de son propre pays."

De la Réforme, 22 septembre 1945 :

"Dans un hôpital qui reçoit des prisonniers allemands d’un camp voisin, la mortalité est de 25 % et d’une manière générale, les malades meurent 48 heures après leur entrée à l’hôpital. Les causes de leur mort sont invariablement un état total de dénutrition, l’œdème de carence, des néphrites, la dysenterie et les raisons de leur état : le manque de nourriture et une alimentation mal équilibrée.
… Dans ce camp pourvoyeur de cimetière, les P.G. reçoivent par jour 300 grammes de pain, 200 grammes de pommes de terre et de carottes incorporées dans une soupe liquide, un quart de café, une cuillerée de sucre, ce qui correspond à peu près à 900 calories.
Selon les règlements en vigueur les P.G. devraient recevoir 2 000 calories et ceux qui travaillent au camp 3 000.

Et la Réforme poursuit :

"Dans un camp d’internement comprenant 1 900 hommes et 1 900 femmes et enfants (assez forte proportion d’enfants) les internés se trouvent dans des baraques à raison de 60 à 90 par baraques et sont couchés sur des bas flancs superposés, aménagés chacun pour trois personnes avec un peu de paille, la plupart des internés n’ont pas de couverture. Nourriture, le matin, boisson chaude, midi et soir : ½ litre de soupe chaude très légère garnie d’oignons, de quelques carottes, d’épluchures de pommes de terre, 250 à 300 grammes de pain par jour et un petit morceau de fromage maigre.




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