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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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À propos du changement du nom de la F.F.G.C.
L’Étincelle n°14 - Septembre 1946
Article mis en ligne le 6 juin 2014
dernière modification le 15 mai 2018

par ArchivesAutonomies
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La Fraction Française de la Gauche Communiste (F.F.G.C.) prétend que nous sommes entrés, par la suite de la fin de la guerre, dans une période de recrudescence de luttes de classe, avec la perspective d’un cours révolutionnaire. En réalité, le fait que le capitalisme a pu "terminer" sa guerre sans grandes secousses sociales, signifie une grave défaite du prolétariat, un renforcement politique du capitalisme, et l’accentuation d’un cours réactionnaire évoluant rapidement vers la troisième guerre mondiale.
Ainsi s’explique que le mécontentement des masses dû à leurs misérables conditions matérielles ne dépasse pas le cadre des revendications économiques élémentaires, et ne s’oriente pas vers une lutte de front contre le régime et l’État capitaliste. Ainsi s’explique que les manifestations du mécontentement ouvrier peuvent être canalisées, exploitées et même fomentées contre leur intérêt de classe, au bénéfice de diverses formations politiques concurrentes de la bourgeoisie : PCF et PS - c’est-à-dire en définitif, au bénéfice du renforcement du capitalisme.
Aussi ce n’est pas la situation des années 1918-21 que nous vivons, mais bien la situation des années 1936-39 - Situation de préparation fiévreuse au déclenchement de la prochaine guerre.
La F.F.G.C., méconnaissant la réalité, se donne pour but la construction immédiate du Parti de Classe. En cela elle ne fait que reproduire les erreurs classiques du trotskysme, qui lui aussi avait proclamé en 1936 la montée révolutionnaire et la construction immédiate du Parti.
Sur plus d’un point la F.F.G.C. manifeste une parenté de nature avec le trotskysme.
Tout comme le trotskysme autrefois, elle abandonne le travail d’investigation théorique pour celui de l’agitation générale. Elle "construit" le Parti, avant de construire les fondements du Programme. Elle bat du grand tambour sur la place publique pour la "mobilisation des masses", tournant le dos au travail opiniâtre, moins bruyant peut-être mais le seul fécond, de formation des cadres révolutionnaires.
La F.F.G.C. appelle les ouvriers à mener une lutte contre la bureaucratie syndicale dirigeante dans le oadre et pour le redressement de la C.G.T. alors que les syndicats sont désormais des organismes de l’État capitaliste, des casernes pour le prolétariat que celui-ci ne peut conquérir mais doit complètement briser. Sur ce point la F.F.G.C. ne dépasse pas le trotskysme.
La F.F.G.C. se dit antiparlementaire - mais ce n’est que "tactique" contingente. Elle ne souffle mot de la participation du PCI d’Italie - dont elle se réclame - aux élections municipales et parlementaires. Là non plus la F.F.G.C. ne se différencie pas beaucoup de la "tactique" du trotskysme.
La F.F.G.C. est aussi contre "la défense de l’U.R.S.S." mais ne trouve rien à redire qu’une partie de la G.C.I. et des dirigeants les plus en vue du PCI d’Italie continuent à soutenir publiquement les pires stupidités trotskystes sur "l’État ouvrier dégénéré" et entretiennent ainsi la confusion et les plus dangereuses illusions qui subsistent parmi les ouvriers sur le régime sanglant de capitalisme d’État russe.
La F.F.G.C. se dit contre le front unique politique et contre la duperie de "l’antifascisme", mais garde pudiquement le silence, sur l’activité, pendant la guerre, du groupe belge de la Fraction italienne, d’un des dirigeants responsable actuel du PCI d’Italie et de la Gauche Communiste Internationale. Il s’agit de la participation à un Comité de Coalition Antifasciste groupant tous les partis de la bourgeoisie italienne, de staliniens au Parti d’Action ; de la participation active à la rédaction de ce Comité L’Italia di Domani qui prêchait la guerre sainte contre l’Allemagne et la libération du sol national.
Sur le plan de regroupement national et international des forces révolutionnaires, la F.F.G.C. reproduit ici encore la méthode du trotskysme et du zinoviévisme. Pour Zinoviev, au temps de sa splendeur, toute pensée, tout courant qui n’acceptait pas aveuglément les directives de Moscou devait être inexorablement combattu et rejeté comme contre-révolutionnaire. Pour les trotskystes les décisions venaient en ligne directe de ... Lénine. Pour la F.F.G.C. les divergences politiques sont tranchées définitivement par ... le Comité Central du PCI d’Italie qui siège à Milan, à qui on doit soumission et servilité, et qui distribue des investitures internationales.
C’est sur la base de toutes ces divergences que s’est produit en mai 1945 la scission entre nous et les camarades qui ont constitué la F.F.G.C. Après avoir longtemps entretenu la confusion, en intitulant également leur journal "l’Étincelle", ce groupe, fort d’un manque total de sorupules révolutionnaires, vient de décider (après 18 mois d’existence sous le nom de F.F.G.C.) de s’intituler lui aussi "Gauche Communiste".
Si les divergences politiques sont du domaine de la discussion et de la confrontation d’idées certaines méthodes et pratiques discréditent ceux qui les emploient. Les ouvriers révolutionnaires seront les seuls juges de ces méthodes et des groupes qui voudraient les perpétuer dans le mouvement ouvrier.

Gauche Communiste de France.




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