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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Présentation des textes des numéros pirate de Lip-unité
Article mis en ligne le 30 novembre 2014
dernière modification le 8 octobre 2014

par ArchivesAutonomies
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NDAA : A notre connaissance il y a eu au moins 2 numéros pirate de Lip-Unité, un sous forme de tract (3 pages), diffusé en janvier 1974 ; l’autre sous forme de brochure (62 pages) diffusé aussi en janvier 1974 et datée du 4.

Il fut écrit une mise au point sur la tactique du piratage, texte accolé au tract de janvier 1974 que voici :

"Début janvier est paru un Lip-Unité piraté sous forme de tract (voir recto). Cette utilisation tactique est de bonne guerre et la généralisation de l’extrablat-détournement du Parisien Libéré ; de France-Soir, de déclarations patronales et de notes de service en montre la nécessaire utilité. Il n’y a que les imbéciles de Libération qui peuvent s’y méprendre et prêter cet acte aux "C.D.R.", et encore plus imbéciles Piaget et Léninos lipistes pour, en accorder la paternité aux mêmes C.D.R.. Exorcisme facile de leur vieux fardeau stalinien ou catholique. Les journaleux de L’Est Républicain paraissent plus informés et intelligents en découvrant qu’il l’agit d’un tract de tendance "gauchiste-situationniste".
Mais les auteurs de ce tract rompent avec l’usage habituel - au lieu de détourner les exploiteurs ils préfèrent se substituer aux exploités et parler à leur place.
Ils critiquent les étranges ouvriéristes des Cahiers de Mai pour en reprendre la même besogne. L’absence même d’humour rend la farce plus grotesque. Cette falsification bien conforme au mensonge bureaucratique révèle toute la nudité de sa misère en n’exprimant qu’une suite de regrets impuissants et triomphalistes. Cette tentative avortée de projeter une cohérence des actes manqués révèle en fait le secret dessein de ses auteurs d’adhérer à la famille gauchiste dont l’idéologie de substitution permanente au prolétariat est bien connue. Ces prositus décatis ne se soucient que de jouer un rôle dans la représentation de leurs phantasmes transférée sur leur misérable réalité qu’ils voudraient meubler des "désirs" de leur propre spectacle. Ils n’ont réussi qu’à mettre en scène la pauvreté de leurs ruts intellectuels.
Ce n’est pas en faisant l’économie d’une critique radicale et en ouvrant boutique au marché du gauchisme conventionné qu’on peut arriver à mettre en évidence le retard de la pratique Lipienne sur le mouvement historique réel.
La classe doit affirmer elle-même sa capacité d’autonomie critique, en ne s’exprimant que par elle-même et pour elle-même, sans tolérer la volonté de ceux qui entendent parler et agir en son nom et lieu, ou ne pas être."

Des Pirates (Janvier 1974)

Le numéro spécial de 62 pages daté du 4 janvier donne un peu plus de précision quant à sa signature :

EN GUISE DE SIGNATURE

"Qui sommes-nous ? Comment et pourquoi avons-nous réalisé ce document ? Voilà quelques questions que chacun sera amené à se poser, après lecture de ces textes.
Nous sommes un groupe de travailleurs hors des partis et syndicats : nous n’avons donc aucun intérêt de chapelle, de boutique, de recrutement ou d’adhésion électorale derrière la tête.
Seul nous guide notre intérêt de travailleurs : mettre fin radicalement à notre exploitation et à notre domination.
De par l’autonomie de notre situation, nous nous sentons libres d’exprimer un point de vue probablement partagé par l’ensemble des travailleurs, qui est également hors des syndicats et de tout encadrement… situation, ô combien significative !
Nous nous efforçons de penser avec nos propres têtes.
Nous avons choisi de compléter nos propres textes par d’autres, déjà publiés, qui n’exprimaient qu’en partie ce que nous ressentions. Nous les avons découpés, groupés, critiqués, adaptés en n’en conservant que ce qui nous a paru essentiel. Que les auteurs de ces textes ne hurlent pas : nous avons fait ces modifications en toute connaissance de cause. Nous pensons en effet que la propriété privée des textes (entre autres) est à abolir. "Pire", nous proposons à tous les travailleurs d’en faire autant, afin de s’approprier la critique en l’adaptant à leurs luttes !
Si la lanterne attend les publicistes, il n’y aura pas de piédestal ni de félicitations pour ceux qui auront su exprimer l’époque : pas de médailles pour "les syndicats sont des bordels", "il faut savoir ne pas terminer une grève". Un seul souci nous guide, celui de faire une critique plus radicale et plus complète des documents publiés, des évènements vécus. Ceci afin d’en amorcer le dépassement. Nous souhaitons, bien sûr, que ces textes soulèvent un débat, et que d’autres critiques, plus extrémistes, surgissent.
Comment a été réalisée la brochure ?
En nous servant directement des presses et du papier de nos exploiteurs. C’est aussi pour cela qu’elle est gratuite.

Quelque part dans le monde le 18/12/73

NOTA :
Nous ne sommes pas des travailleurs de Lip, mais si nous avons utilisé et piraté le bulletin Lip-Unité, c’est pour nous situer au sein même du conflit."

Enfin pour terminer cette mise au clair, il est intéressant de faire part d’une réaction de Monique Piton, membre de la CFDT et du CA, auteure du livre C’est possible ! lors de cette parution :

"Ce matin un gars de Kelton nous signale la diffusion d’un faux Lip-unité. Il nous en montre un exemplaire. Il imite la présentation habituelle à s’y méprendre, mais le texte n’émane pas des Lip. De toute façon ces textes sont extrêmement anarchistes et ne peuvent que nous nuire dans la popularisation que nous aimerions réussir dans la ville de Besançon où nous sommes les moins compris. L’ORTF et L’Est Républicain ont accepté de publier un communiqué mettant en garde la population régionale contre ce faux."


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