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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Résolution sur le cas Vercesi
Article mis en ligne le 17 mai 2015
dernière modification le 15 mai 2015

par ArchivesAutonomies
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Au hasard d’une conversation entre un de nos camarades et l’ancien député socialiste italien Rafrani qui a eu lieu à Paris le 16 janvier 1945, celui-ci lui a fait savoir que le camarade Vercesi faisait partie, à Bruxelles, d’un Comité italien antifasciste de gauche, regroupant les maximalistes, les anarchistes et une tendance de gauche du Parti Socialiste, et que ce Comité publie un organe : Prométée. La CE de la fraction, prenant connaissance de cette information et quoique cette information nous provienne d’une seule source non encore confirmée par ailleurs, estime cependant nécessaire de lui accorder toute l’attention qu’elle mérite par sa gravité, et fait la déclaration suivante :

1° - L’ensemble des positions politiques de Vercesi a été considéré comme révisionniste lors de la conférence de notre fraction en mai 1944 et consigné dans un document connu sous le titre de "Déclaration politique". Depuis les difficultés dues à la situation de la guerre et malgré nos tentatives répétées, Vercesi nous a laissé dans l’ignorance la plus absolue sur son évolution politique et sur son activité.

2° - Les comités antifascistes de gauche ne sont que des tentatives de freiner les masses qui, mécontentes, rompent avec le chauvinisme hystérique des staliniens et évoluent vers des positions de classe révolutionnaires. Dans la période qui s’ouvre d’effervescence révolutionnaire, ces formations centristes de gauche sont des tentatives, des barrières ultimes du capitalisme, d’autant plus dangereuses qu’elles se couvrent du masque de la phraséologie révolutionnaire pour arrêter la prise de conscience et la volonté révolutionnaire du prolétariat.

3° - Dans tous les pays, comme en 1917, surgiront de tels groupements. En Italie, Bordiga semble prendre la tête d’un tel mouvement. Dans d’autres pays, ce seront les éléments trotskistes, poumistes et autres centristes qui rempliront la même fonction. Au nom d’une plus grande unité, d’un plus grand rassemblement, ils exprimeront en fait les énergies révolutionnaires du prolétariat sous la domination idéologique des courants au service de la bourgeoisie. La force révolutionnaire du prolétariat ne réside pas dans une unité formelle mais dans l’unité autour du programme révolutionnaire de son Parti, contre la guerre impérialiste, contre le capitalisme sous toutes ses formes : fasciste, démocratique ou soviétique, pour la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile, pour la prise révolutionnaire du pouvoir par le prolétariat.

4° - La fraction appelle le prolétariat à rompre avec les mouvements de rassemblement de gauche où l’antifascisme n’est que le masque pour soumettre le prolétariat à la bourgeoisie "démocratique". Elle dénonce tous les éléments qui font cette politique comme ces confusionnistes et auxiliaires du capitalisme.

5° - A l’intérieur de l’organisation, la fraction ne saurait tolérer un seul instant la présence de tels éléments. Dans l’éventualité de la confirmation de l’information en ce qui concerne le camarade Vercesi, la CE déclare son exclusion immédiate de la fraction. La CE appelle l’ensemble de l’organisation à veiller à combattre les manifestations de telles tendances et de prendre immédiatement des mesures qui s’imposent.
En plus la CE estime cette tâche, urgente pour l’organisation, d’intensifier auprès des ouvriers son programme de dénonciation du caractère contre-révolutionnaire de ces comités antifascistes de gauche et autres mouvements centristes.

La CE de la Fraction italienne - le 20/1/1945




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