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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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2ème réponse de la GCF au PS du Canada
Article mis en ligne le 17 mai 2015
dernière modification le 15 mai 2015

par ArchivesAutonomies
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Cher camarade,

Nous venons de recevoir votre lettre que nous nous permettons de publier dans notre revue théorique, en regard de la notre.
D’après ce que vous nous avez écrit, il existe une grande identité de vue entre vous et nous ; mais nous serions très heureux de continuer la discussion sur certains points, tels la prise du pouvoir, l’État et le Parti.
Nous serions heureux de publier des articles de votre parti sur une question intéressant le mouvement ouvrier ; nous vous autorisons à publier des articles ou des documents que vous recevrez sous peu.
Sur la prise du pouvoir, il y a un point obscur que nous relevons. Vous dites : "Les capitalistes règnent avec le consentement de la grosse majorité de leur sujets ; ce règne cesserait dès que ce consentement leur serait retiré."
Entendez-vous par là qu’au travers du jeu démocratique et parlementaire, si le prolétariat retirait son consentement à la bourgeoisie, la prise du pouvoir pourrait s’effectuer calmement et simplement ?
Nous ne vous attribuons pas ces pensées ; nous vous disons seulement ce que cette phrase semble indiquer.
Pour nous, le jeu démocratique et parlementaire, que nous dénonçons, est une démagogie et une voie de garage à tout mouvement de révolte de la classe ouvrière.
La prise du pouvoir n’est pas un consentement que l’on retire à la bourgeoisie mais une guerre civile et ouverte contre cette dernière au moment le plus aigu de sa crise interne de régime.
La dictature du prolétariat s’impose à la bourgeoisie avec une violence égale à la résistance du capitalisme qui ne veut pas abandonner le pouvoir.
Nous savons par l’expérience du fascisme que, sitôt que le jeu démocratique devient une gène sérieuse, la bourgeoisie son masque libéral pour laisser libre jeu à sa répression féroce de la classe. Le prolétariat ne peut, devant ces faits, réclamer le pouvoir démocratiquement car, face à une armée blanche et réactionnaire, un parlement à majorité révolutionnaire est une farce ridicule. Octobre 1917 nous a prouvé la justesse de la position révolutionnaire qui réside dans la destruction violente de l’État bourgeois par le prolétariat en armes.
Même si on participe au jeu parlementaire et bourgeois, le parti révolutionnaire doit dénoncer l’illusion parlementariste et démocratique, comme l’a fait le 1er congrès de l’IC, et doit déclarer bien haut qu’il y participe non en vue de réformes de la structure bourgeoise mais pour se servir de la tribune parlementaire comme moyen de propagande et de dénonciation des traficotages capitalistes.
Pour ce qui a trait à notre position sur le Parti, vous recevrez sous peu des documents à ce sujet. Nous préciserons pourtant un certain point : l’État ouvrier ne vit pas grâce à la démocratie en elle-même ; il vit parce qu’il est soumis à une idéologie révolutionnaire.
Cette idéologie n’est pas le fait du jeu démocratique mais du travail patient et quotidien des militants organisé dans le Parti. L’État ouvrier ne se confond jamais, mais cette dernière se retrouve dans son idéologie et dans ses intérêts que dans le parti révolutionnaire.
La dictature du prolétariat ne peut jamais être la dictature de l’État ouvrier qui doit dépérir en vue de l’organisation d’une société sans classe.
La dictature du prolétariat signifie dictature des intérêts de classe d’une classe, d’une classe (la seule capable de mener la société vers un monde sans classe) contre toutes les autres classes qui tentent de perpétuer la division en classes.
Ce parti exprime le plus hautement cette conception ainsi que les moyens idéologiques pour amener le prolétariat du stade insurrectionnel au stade d’organisateur de la société. L’État ouvrier ne peut être qu’un instrument pour cette œuvre révolutionnaire ; mais cet instrument que nous lègue la bourgeoisie est dangereux si on ne s’assure pas, dès le début, de son dépérissement en vue du socialisme, en faisant attention de ne jamais le confondre avec le prolétariat en armes qui ne trouve sa raison d’être, en arme et en lutte, que dans l’idéologie qu’exprime le parti de classe.
Une fois ceci admis, la violence ne peut jamais s’effectuer sur un quelconque secteur retardataire du prolétariat, ce dernier ayant pleine liberté d’expression à l’intérieur des soviets, des syndicats et du Parti (liberté de fractions organisées en son sein).
De plus, les syndicats ne seront jamais rattachés à l’État ouvrier car ce serait étouffer les réactions spontanées de la classe face à une dégénérescence toujours possible de l’État ouvrier. Nous allons plus loin et consacrons le droit de grève dans l’État ouvrier.
Pour ce qui est de votre idée sur l’utilité d’une nouvelle Internationale, nous pensons qu’elle ne peut surgir qu’au feu du combat décisif de classe, comme en 1917-18.
Mais il est très utile de resserrer les liens internationaux de l’avant-garde par une discussion très serrée et très vaste sur les points importants du programme de classe, en vue d’une conférence internationale de confrontation de l’avant-garde, une fois admis les quatre premiers points de notre lettre précédente.
Nous avons écrit au PS d’Angleterre. Dites nous si vous avez reçu notre matériel et combien d’exemplaires désirez vous ?

Fraternellement, avec nos salutations communistes.

La Gauche Communiste de France




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