Bandeau
Fragments d’Histoire de la gauche radicale
Slogan du site
Descriptif du site
Annexe à la lettre à la GCI
Article mis en ligne le 8 juin 2015
dernière modification le 3 juin 2015

par ArchivesAutonomies
logo imprimer

Il est à peine concevable que les positions et actes politiques que nous citons soient le fait des camarades et tendances se réclamant de la G.C.I. agissant en son nom et se revendiquant encore de ses bases programmatiques.

* * * * *

1) Dès avant la guerre apparaît une théorie prétendant nier l’existence d’antagonismes inter-impérialistes. Partant de là on a nié qu’à l’éclatement des hostilités de 1939, l’éventualité d’une guerre impérialiste mondiale. A l’antagonisme inter-impérialiste on a substitué une théorie de "la loi de solidarité inter-impérialiste". La guerre impérialiste mondiale se transformait en guerres localisées n’aillant d’autres mobiles et buts que la destruction physique du prolétariat.
Le cours vers la guerre exprimant le recul du prolétariat devenait le cours du renforcement du prolétariat et de la révolution montante. Pour symboliser la nouvelle conception on a remplacé le titre de la revue qui de Bilan est devenue Octobre.

2) La nouvelle théorie prétendait que le système capitaliste est parvenu à sortir de sa crise permanente par la vertu de "l’Économie de guerre". L’Économie de guerre étant comprise non en fonction de inimitabilité d’une confrontation mondiale en préparation mais comme une politique économique "en soi" solutionnant les contradictions économiques et ouvrant la phase du "plus grand essor" du développement capitaliste.

3) En même temps qu’on aboutissait au renforcement économique du système capitaliste on proclamait la possibilité d’amélioration des conditions de vie des travailleurs par la société capitaliste dans sa phase présente.

4) Pendant la guerre on proclamait l’inexistence sociale du prolétariat. Cela en liaison avec une nouvelle adaptation circonstancielle de la fameuse théorie de l’économie de guerre.

5) Parallèlement on proclamait l’impossibilité de toute activité politique des révolutionnaires : on condamne l’existence même d’une organisation de classe et on va jusqu’à affirmer que tout groupe subsistant, du fait de "la disparition sociale du prolétariat" ne peut être l’expression de la seule classe subsistante : la bourgeoisie.

6) On jettera la conception de la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile à laquelle on substituera le vœu creux du petit bourgeois de la cessation de la guerre (attentisme "révolutionnaire").

7) On niera toute possibilité de reprise de la lutte de classe durant la guerre pouvant déterminer un changement de cours et y mettre fin. On inventera la théorie de la "crise économique de l’économie de guerre". La guerre devant cesser à la suite d’une crise de sous-production et d’épuisement de conditions nécessaire à sa poursuite.

8) On niera toute signification d’un changement de cours contenu dans les événements de la période critique de 1943 en Italie. En même temps que se constitueront effectivement les prémisses de la formation du P.C.I., on dénoncera comme "aventurière" toute idée d’ouverture d’un cours favorable à la formation du Parti. (A cette époque, les camarades en question ignoraient encore ce qui se passait en Italie où le P.C.I. venait d’être fondé).

9) Des voix qui se disaient être de la Gauche Communiste (et formellement elles en faisaient partie) s’élevèrent en pleine guerre, pour démontrer le caractère non-impérialiste de l’État russe.

10) On défend encore jusqu’à aujourd’hui publiquement la définition de "la nature prolétarienne de l’État russe" et la formulation trotskiste de "l’État ouvrier dégénéré".

11) Au moment de la "libération", sous la haute direction spirituelle de Vercesi, se monte à Bruxelles une "entreprise philanthropique" sur une base sentimentale nationaliste, pour "sauver les prisonniers de guerre italiens". En vue d’une œuvre d’un si haut caractère, on peut évidemment tout faire. C’est donc pour "camoufler" la générosité de cette action qu’on forme le Comité de coalition Antifasciste où participent tous les partis de la bourgeoisie italienne (du parti chrétien aux staliniens). Entraîné dans une si bonne voie, on publie un journal avec les organisations citées, L’Italie de demain. Ici, à côté des salutations au socialiste de Brouckère, présenté par Vercesi comme l’ami du prolétariat italien, voisinent des appels d’engagements dans les formations militaires pour la libération nationale et de lutte contre le fascisme et les "boches". D’une chose à l’autre on participe à l’épuration dans Bruxelles et on se fait les auxiliaires volontaires de la police.

Pendant longtemps on a tenté de passer sous silence ces faits que nous nous abstenons de qualifier, la F.B. à ce jour n’a jamais soufflé mot dans son organe.

Dans des conversations orales, on présente le comité de coalition pour la guerre comme l’embryon des Soviets". En France on tentait carrément de nier les faits et encore tout récemment en réponse à l’attaque du journal anarchiste Le Libertaire, on se contente de répondre simplement par des injures.

12) Il existe réellement et la F.B. en tête, tout un courant politique dans la G.C.I. qui non seulement approuve les actions politiques liées au Comité de Coalition Antifasciste de Bruxelles, mais qui encore déclare être prêt à recommencer la même politique dans une situation analogue. Cela nous indique quel sera leur comportement dans la prochaine guerre.

13) Au moment de la Libération, la F.B. s’adresse aux trotskistes (défenseurs et participants à la guerre impérialiste au travers de l’antifascisme, la défense de l’URSS, de la participation à la Résistance et à la Libération Nationale) pour la publication en commun d’un Bulletin politique.

14) A la même époque le P.C.I. d’Italie de son côté adresse une lettre au parti socialiste et stalinien leur demandant "le regroupement des forces du prolétariat pour la révolution socialiste".

15) Le P.C.I. d’Italie participe de façon constante à toutes les campagnes électorales municipales et parlementaires.

16) Dans la question syndicale, on continue à prôner la nature de classe des syndicats et l’action en vue de leur redressement alors qu’ils sont des organisations typiques de l’État capitaliste.

17) Le P.C.I. d’Italie va jusqu’à prendre l’initiative de formation de minorités syndicales.

18) En France, on s’appuie officiellement sur un groupe se réclamant en tout verbalisme de la CGI mais dont la composition de laisse apparaître qu’une très faible minorité d’anciens camarades de la G.C. Qui, pour y entrer ont abandonné la Déclaration de Principes de 1942, base constitutive programmatique de la Fraction en France. Le reste de l’organisation est un conglomérat de plusieurs tendances étrangères à la G.C. Tous sont des camarades sincères, révolutionnaires mais issus de formations politiques telles, l’U.C., la minorité italienne (exclue en 1936 pour la question espagnole) et l’ancien groupe C.R. Contre le courant.

19) Il n’est pas moins significatif d’entendre les camarades de l’ancienne minorité italienne membres de la F.F.G.C. Se revendiquer publiquement de leurs positions lors de la guerre impérialiste en Espagne alors que la G.C.I. était formée sur la base de la rupture et la dénonciation de tous les groupes qui participaient à cette guerre.

20) Dans la résolution de la F.F.G.C. Parue dans leur unique bulletin théorique, ils justifient leur scission d’avec nous, et notre élimination de la G.C.I. entre autre par notre position antisyndicale (?!).

21) Alors qu’on refuse tout contact et toute discussion, toute réunion avec les groupes R.K.D, U.C.I., C.R., et nous-mêmes, c’est à dire les groupes qui ont eu pendant la guerre la seule attitude révolutionnaire prolétarienne de dénonciation de la guerre impérialiste et de rejet du mensonge de la défense de l’URSS, on fait des réunions exclusivement réservées à la Gauche trotskiste et la Gauche socialiste. (juillet 1946 Conférence de Vercesi à Paris).

Arrangements du "schéma de Lénine" sur la "transformation de la guerre impérialiste en guerre civile" par le schéma de Lucain de "transformation de la guerre impérialiste en guerre civile, une fois la guerre terminée". (voir L’Internationaliste et dans Internationalisme notre "Réponse à Lucain").
Le plus caractéristique de cette fantaisie consistant dans la présentation des "luttes", des massacres dans les colonies qui ne sont que la continuation de la guerre impérialiste et le prélude de la guerre impérialiste mondiale en autant de manifestations révolutionnaires du prolétariat.

23) Lettre du C.C à la R.W.L. aux E.U... La RWL très bien connue dans la G.C.I comme un des groupes trotskistes d’Amérique, défendant toutes les théories trotskistes : mots d’ordre démocratiques, soutien des luttes nationales et coloniales, de la défense de l’URSS, Front unique, etc...., est proclamée comme le représentant marxiste du prolétariat américain à qui on offre l’établissement de contacts et sur qui on compte infiniment pour la formation artificielle d’une fraction de la G.C.I en Amérique. Il n’est pas moins cocasse de savoir que l’unique réserve à laquelle on conditionne les relations ultérieures avec la R.W.L. soit : la rupture des discussions qu’ils ont avec le R.K.D. Celui-ci étant dénoncé comme n’étant pas dans le camp du prolétariat (textuel : PS de la lettre en question).

24) Dans toutes les relations internationales, on recherche les contacts avec les groupes opportunistes en se gardant soigneusement de prendre contact avec les groupes révolutionnaires et notamment avec les Communistes de Conseil (Hollande) et d’autres groupes analogues en Amérique.

C’est là une singulière application de l’unique résolution de la Conférence du P.C.I d’Italie de 1945 affirmant de ne prendre contact internationalement exclusivement qu’avec ceux qui n’avaient participé en aucune façon à la guerre impérialiste et qui repoussent l’idéologie de l’antifascisme et sa pratique, et, la défense de l’État russe.

25) Abandon de la notion de l’impossibilité de la formation du parti de classe dans une période de recul pour reprendre la phraséologie coutumière trotskiste proclamant comme tache présente la formation de partis en France, en Belgique et partout.

Cette série de faits encore bien incomplets, suffit pour révéler qu’il ne s’agit point de fautes, d’erreurs et de faits isolés. Leur reproduction dans les divers groupes de la G.C.I à divers moments prouve qu’il y a entre eux un lien profond. C’est le lien de l’orientation opportuniste.

Le fait qu’on rejette de temps à autre, telle ou telle erreur ne diminue en rien la gravité ni la force de cette orientation politique.

Pour la plupart on a renoncé momentanément à telle ou telle activité particulièrement opportuniste, mais on n’a pas extirpé les racines ce qui ne peut se faire que par la prise de conscience au travers de discussions et de critiques ouvertes et franches.

L’opportunisme ne peut se développer qu’à l’abri des discussions en étouffant les protestations des éléments de gauche en en tendant à les éliminer organisationnellement. Un certain nombre de camarades ont manifesté leur inquiétude face à cette évolution de la G.C.I. Il est nécessaire d’attaquer les problèmes au fond, afin d’éviter que la G.C.I ne devienne une répétition de la 4ème trotskiste.

La G.C.F.




Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.53