Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Congrès sur la Folie - Folie sur le Congrès
{Marge}, n°3, Septembre-Octobre 1974, p. 5.
Article mis en ligne le 14 mars 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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Le Congrès de Neurologie et de Psychiatrie de Langue Française s’est tenu, à Auxerre, au cours de la semaine du 9 au 15 septembre sur le thème : "Rôle et formation de l’infirmier psychiatrique".
Vendredi 13 au matin, refusant que les psychiatres parlent à leur place, les infirmiers envahirent la salle, interrompirent les débats et firent eux-mêmes l’analyse de leur fonction. La majeure partie des psychiatres, n’ayant pas supporte cette atteinte a leurs privilèges [subventionnés par les laboratoires pharmaceutiques privés], deserterent aussitôt le Congrès. Une minorité d`entre eux, les plus "libéraux", acceptèrent le dialogue et suivirent les infirmiers.
Nous avons été plusieurs des groupes Marge de Paris à intervenir pour dénoncer la machine de répression psychiatrique. immédiatement, certains d’entre nous bombèrent sur le mur du centre ou se tenait le Congrès, les inscriptions suivantes : "Psychiatres-flics serviteurs de la bourgeoisie", "Nous ne voulons plus être des schizophrènes", etc. Se sentant débordés, les infirmiers demandèrent à leur service d’ordre d’expulser les indésirables. Mais de vives discussions s’engagèrent à l’extérieur, car nous refusions de vider les lieux et des remous s’étaient créés parmi les congressistes eux-mêmes.
Certes, c’est par erreur que les bombages avaient été effectués là : nous avions souillé non pas le mur du Congrès des élites, mais celui du sous-Congrès des sous-élites. Au fond, nous n`étions pas mécontents de cette méprise : la situation créée permettait de mieux cerner les contradictions des infirmiers. Les soignants, même s’ils se remettaient en question, avaient tout simplement oublié les principaux intéressés : les psychiatrisés. Cet oubli est bien révélateur de l’état d’esprit de ceux qui prennent les soignés pour des objets non standards à faire passer en atelier de réparation.
L’après-midi, refusant "d’acquitter les droits d’inscription" (40 balles par personne pour avoir le droit de parler !) et d’effacer les bombages du matin, certains d’entre nous surenchérirent sur le mur d’en face : "Psychiatres - infirmiers : même tabac", etc.
En fin de journée. plusieurs ex-psychiatrisés de Marge réussirent à s’infiltrer dans la salle en assemblée générale. Au cours de leur intervention, ils posèrent les questions de fond aux infirmiers :
"Etes-vous dans le camp des oppresseurs ou dans celui de leurs victimes ?", "Cherchez-vous à faire reconnaitre votre savoir thérapeutique et finalement à prendre la place des psychiatres, ou au contraire à démystifier le savoir, c’est-à-dire le pouvoir qul s’y rattache forcément dans nos systêmes ?"... Cette destruction passe par une lutte commune avec les psychlatrisés.
Débordant l`analyse de "Gardes-Fous" : "Ce sont les travailleurs de la Santé mentale qui détruirons l’Asile et la Psychiatrie. non au travers d’une psychiatrie différente, mais en participant avec les autres travailleurs à la destruction de l’Etat bourgeois et de son appareil répressif", nous affirmons que c’est aux psychiatrisés reconnus et aux internés en puissance [nous tous] de foutre en l’air l’Asile.

UN GROUPE MARGE DE PARIS.




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