Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Les fleurs des champs
{Marge}, n°3, Septembre-Octobre 1974, p. 7.
Article mis en ligne le 14 mars 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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Dès la naissance, on est classé, dérivé, jugé laid ou beau, fortuné ou pas.
Plus tard, le poison est tellement violent qu’il nous détruit complètement.
Pourquoi parler de tout ceci, puisque cela a toujours existé ? Mais non, ce sont des idées, diront
certaines personnes haut placées : un peu de vacances. et tout rentrera dans l’ordre... et grands mots et grandes phrases toutes faites glissent dans un ciel pourtant orageux.
Vous êtes capables, alors de quoi se plaindre ?
Taisez-vous ! Compris ?
Se taire, oui un court instant. Mais ll y a l’emmerdeur et l’emmerdé, l’opprimeur et l’opprimé... et on peut aller loin comme cela. Lorsque vous vous trouvez dans le second cas, votre affaire est faite : et quelle affaire ! Celle de tout accepter sans rien dire, et avec un sourire s’il vous plaît ! Ce n’est plus possible ; le sourire se fige en une grimace qui donne envie de pleurer ou de rire, suivant la classe à laquelle vous appartenez.
Le clown, après son dernier tour de plste, retire le masque et là il faut jouer carte sur table.
Assez de cette ségrégation !
Assez de cette hypocrisie !
Toi tu es un homme et moi aussi !
Parlons franchement, malgré ton argent et tes habits dorés tu es comme mol, et le jour de ta mort dans ton joli cercueil de velours et moi dans le mien joint de quelques planches disjointes nous dormirons du même sommeil.
Et un jour, si tu donnes naissance à une fleur, ce sera peut-être une marguerite ou un coquelicot et mol peut-être un bleuet ou une pâquerette. Les humains qui cueilleront ces fleurs diront simplement :
« Ce sont des fleurs des champs ».

PATOU




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