Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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La Lozère : un paradis perdu qui peut être retrouvé
{Marge}, n°3, Septembre-Octobre 1974, p. 7.
Article mis en ligne le 14 mars 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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Quelques marginaux désirent essayer de changer quelque chose dans une région occitane deshérltée (encore plus sous-développée que les autres) : la Lozère. Une région "réac" au possible dont la vie est dominée par des anciens de l’O.A.S. réfuglés ici comme les nazis en Amérique du Sud, par la famille de Giscard avec ses comtes et ses vicomtes installés dans de très nombreux châteaux (La Baume, La Caze...). par les curés de village et les notables bourgeois fascisants. Bref, une région où le pouvoir se permet ce qu’ailleurs l’opinion publique, la réaction populaire empêcherait. Un exemple flagrant : la prison de Mende, la prison des prisons, le super-bagne qui, après avoir été obligé de quitter la ville de Beaune sous la pression de la population locale, est venu s’installer en Lozère où elle est entourée de la bienveillance des notables fascistes. Ce n’est pas par hasard si, fait unlque en France, les principales lndustrles de la Lozère sont des prisons de déblles : les fameux l.M.P.
La Lozère est aussi, par son aspect désertique, une terre de prédilection pour les marginaux. Nous y sommes nombreux, mais dispersés et sans liens entre nous. Si l’arrivée de marginaux continue et sur la création de liens entre eux se fait au maximum (rôle de Marge), il nous sera possible de servir de détonateur auprès des populations.
ll faut nettoyer la Lozère en ôtant au peuple la crainte qu’il a des notables, en démystifiant la religion, en libérant les gens de l’emprise d’un gouvernement qul expose en toute impunité ses camps d’extermination de débiles et de prisonniers.
Marginaux, nous ne pouvons exister en Lozère qu’en luttant contre les structures écrasantes et en résistant aux pressions dont nous sommes l’objet quotidiennement. Sans cette lutte permanente, nous ne pourrons exister, car nous serons isolés, lgnorés... morts-vivants : résultat tout à fait opposé à ce que nous cherchons dans la marginalité.
En Lozère comme ailleurs, mais plus encore ici à cause de la mentalité de toute une population écrasée, une communauté, si elle veut faire avancer les choses et essayer de changer ce monde pourri, doit avoir une action extérieure très vive. Une communauté repliée sur elle·même, c’est la négation du marginalisme. Sans action réelle auprès des gens, la communauté c’est l’expresslon la plus élaborée actuellement d’une attitude bourgeoise consistant à vivre peinard sur terre et à se foutre de ce qui nous entoure, c’est accepter l’exploitatlon de l’homme par l’homme, c’est la démerde individuelle [mème s’il s’agit d’un groupe). C’est une attitude vaine, une révolte négative qui ne sert que son petit intérêt personnel, sauf de rares exceptlons.
Au contraire, le marginal doit servir de détonateur auprès des gens, Il se doit d’être à la polnte des luttes, de faire prendre conscience aux hommes de la valeur de leur imagination. ll ne dolt pas hésiter à faire exploser une situation intenable.

TOUT DOIT ETRE DETRUIT,
RIEN N’EXISTE, TOUT RESTE A FAIRE.

Jean-Claude JOUVE, Colette PALMADE.
Yvan GARREL, Joseph FALLICU, Martine GHIONO.

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