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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Le hic de l’histoire
{Internationalisme}, n° 28, Novembre 1946
Article mis en ligne le 26 août 2015

par ArchivesAutonomies
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Des camarades très bien attentionnées nous ont dit pendant la récente campagne électorale : "Les positions politiques défendues par vous sont peut-être justes ; vos critiques contre les trotskistes sont certainement le plus souvent valables mais votre activité ne porte pas car elle reste surtout théorique, tandis que chez les trotskistes elle est pratique. Aussi malgré les reproches qu’on peut adresser aux trotskistes, on doit les soutenir dans leur action et manifestation prolétarienne contre l’opportunisme et la bourgeoisie." Et de nous inviter, nous aussi, en dépit de notre critique, à faire front commun avec les trotskistes et de les soutenir dans leur action.
"Front commun contre l’adversaire commun !" Nous connaissons bien cette chanson au nombre infini de couplets. Front commun avec les trotskistes contre les staliniens ; avec les trotskistes et les staliniens pour un gouvernement "ouvrier" contre le MRP ; avec tout le monde contre la "réaction RPF" : avec De Gaulle, dans la résistance, contre l’occupant fasciste étranger et son agent le gouvernement de Pétain. Il n’ y a pas de raisons qu’on s’arrête là car on peut toujours trouver plus pauvre ou plus ou plus réactionnaire contre qui il faut faire momentanément front commun avec n’importe qui, "avec le diable et sa grand mère" comme disait Trotsky.
Et un camarade bien intentionné de nous réciter en exemple une vielle légende russe :
"Un vieux paysan s’en alla aux champs arracher de la betterave. Mais la betterave bien enracinée ne cédait pas. Le paysan appela à l’aide sa vieille femme ; et voilà la vieille derrière le paysan, tirant avec lui, mais la betterave ne vient toujours pas. On fit appel à l’aide du fils qui, après un essai infructueux, appelle à son tour la bru qui appelle à son tour son garçon. Et l’opération recommençait toujours et toujours ; la betterave ne cédait pas. Le garçon appela au secours sa petite sœur qui en appela au chien, jusqu’au chat qui s’y mit. Voilà toute la maisonnée, hommes, femmes, enfants et bêtes accrochés l’un derrière l’autre, à la queue-leu-leu, tirant sur la betterave qui enfin céda."

C’est une bien belle histoire. Mais le socialisme n’est pas précisément une betterave.

Voilà le hic, cher camarade.

M.




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