Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Essai de réactualisation libertaire
{Marge}, n°3, Septembre-Octobre 1974, p. 8.
Article mis en ligne le 14 mars 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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Les luttes qui saffirment tant en France qu’à l’échelle du monde capitaliste presentent un aspect déterminent quant à l’orientation du prolétariat. Les conjonctures économiques (crise de l’énergie, pollution, hyper-déveleppement du secteur tertiaire, automation planifiée...) rencontrent. sur un même terrain de lutte, des exigences "existentielle" impérative [liberté de la femme, éducation, écologie, mouvements de minorités nationales, lutte des immigrés, condltlon de vie et de travail...).
A travers les analyses des diverses formes sous lesquelles ces luttes se sont manifestées, il apparaît que, pour la première foi dans l’histolre du mouvement ouvrier, sa conscience crltlque (appliquée aux formes qul lui étaient jusqu’ici traditionnelles en matière de lutte) coïncide avec les données théoriques libertaires.
La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si nous pouvons et voulons assumer ce rôle d’éducateur et de révélateur face aux exigences du moment. Pouvons-nous, logiquement, réévaluer la formulation des thèmes anarchistes en termes compréhensibles pour le niveau de conscience des masses ?
A l’heure où les mots : autogestion, antlmllltarisme, liberté sexuelle, sont dans toutes les têtes et sur toutes les lèvres, suffit-il de dire (comme nos camarades de la F.A.] : "Nous étions des précurseurs, vous voyez qu’on avait raison ? Je pense qu’un anarchiste, qu’un révolutionnaire conséquent ne saurait se contenter d’un tel vote d’auto-satisfaction. Au contraire, face aux tentatives de détournement, de falsification des thèses libertaires, une explication concrète, précise s’impose.
La définition concrète de l’"avant-garde" actuelle, sur laquelle l’ensemble de notre groupe est d’accord, est que celle-ci est l’ensemble des travailleurs (ouvriers, paysans, employés, intellectuels) conscients de la nature du capitalisme et du stalinisme comme systèmes d’exploitation et refusant de soutenir l’un ou l’autre par leur action. ll est certain que, plus profondément encore (et en particulier à travers la critique des mouvements autoritaires : trotskistes, maoïstes...), ces ouvriers remettent en question l’ensemble des problèmes concernant à la fois les buts et les moyens de la lutte de classe.
La lutte du prolétariat n’est pas simplement une lutte contre des ennemis extérieurs - les capitalistes et les bureaucrates — c’est tout autant et encore plus une lutte du prolétariat contre lui-même, une lutte de la conscience, de la solidarité, de la créativité, contre la mystification, le découragement, l’individualisme que le système suscite toujours au cœur des ouvriers. La bureaucratie n’est pas tombée ou ciel, ni purement et simplement "imposée" proletariat par le fonctionnement abstrait l’économie capitaliste, Elle a également surgit de l’activité propre du prolétariat, des problèmes qu’il a rencontré sur la voie de son organisation, du fait qu’à une certaine periode de son histoire, il n’a pu resoudre ces problèmes qu’en "déléguant" les fonctions de direction à une couche spécifique de dirigeants.
C’est pourquoi, la seule critique valable de la bureaucratie est celle qui résulte de la tendance des ouvriers à s’organiser et à se diriger eux-mêmes. C’est cette dynamique qui s’exprime à travers les diverses luttes engagées depuis 1968 (et dont on peut déceler les prémices dès les années 50 !) : luttes des femmes (M.L.F., M.L.A.C), éducations (écoles et crèches parallèles), les grèves exemplaires de LIP, des banques, de Pédernac, les mécaniciens de Lorient, lutte des immigrés, intensification du combat antimilitariste (objecteurs, insoumis, déserteurs, sans cesse plus nombreux), écologie et chaque qui passe voit s’allonger la liste des combattants prolétariens anti-capitalistes et anti-autoritaires. L’idée même d’autogestion : de conseils ouvriers, de comités de lutte se répand avec la vitesse du flot révolutionnaire montant. Il nous appartient, à nous communistes libertaires, d’occuper pleinement ce terrain qui fut et qui doit toujours demeurer le nôtre. Les résolutions adoptées par la Fédération Anarchiste au XXIXe Congrès et la motion de stratégie préconisée par l’O.R.A. se rejoignent pour former une base solidae quant aux perspectives et tâches. Notre travail de groupe doit refléter la progression et l’évolution des idées exprimées par la classe ouvrière.
Les perpectives de lutte pour le pouvoir s’articulent désormais autour de la remise en cause de la hiérarchie, de la rupture entre dirigeants et exécutants. Les problèmes d’organisation et de coordination des luttes sont posés au sein de la classe ouvrière elle-même et échappent aux formulations programmatiques classiques. L’avant·garde ouvrière et paysanne qui remet en question les appareils bureaucratiques a dépassé les termes cités si fréquemment : collectivisation des moyens de production ; à travail égal salaire égal ; construction de l’État socialiste, etc... En fait, l’acquis des luttes ouvrières consiste en l’assimilation critique des schémas marxiste-léninistes, étude des diverses manifestations historiques se réclamant des diverses manifestations historiques se réclamant de ces schémas : U.R.S.S., Chine, Cuba. Son étude critique n’a pas non plus laissé de côté les expériences "marginales" (Yougoslavie, Algérie) ou celles qui ont avorté pour des causes historiques précises (Commune, Makhno, Espagne).
Le dépassement de cet acquis et des fornë et lutte s’y rattachant historiquement est évident de par la manière dont le prolétariat expose aujourd’hui ses revendications :


- Produire, pourquoi ?
- Produire, quoi ?
- Abolition du salariat.
- Refus de gérer le pénurie et les carences du système.
- Intériorisation de la démarche dirigeants-exécutants.
- Changer la vie.

La cohérence de notre progression théorique et pratique dépend aujourd’hui de notre capacité en tant que communistes libertaires, à comprendre et assimiler cet acquis de la classe afin qu’il y ait une démarche semblable par celle-ci grâce à son assimilation.intégration en retour, du projet révolutionnaire.

Groupe Marge Durruti d’Angoulême




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