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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Le piège du partisanat
Prometeo, n°1, 1er Novembre 1943
Article mis en ligne le 12 septembre 2015
dernière modification le 9 septembre 2015

par ArchivesAutonomies
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A l’arsenal de mots d’ordre lancés par le capitalisme au prolétariat dans les moments de crise pour le pousser à abandonner son terrain de la lutte des classes et à collaborer fraternellement avec lui, la guerre actuelle en a ajouté un autre : celui des bandes armées pour la libération nationale.
Après avoir tenté de diriger la marée montante des masses dans le confortable lit de la démocratie bourgeoise, on les invite à la concorde nationale au nom de la lutte contre l’envahisseur, on cherche à offrir au peuple qui, en trois ans de conflits a prouvé qu’il ne voulait pas faire la guerre, un motif plausible pour tout oublier dans l’ivresse de la voie royale pour la conquête du pouvoir, pour fraterniser avec l’ennemi de classe, pour préparer la voie avec son sang à un nouveau régime démocratique et à la victoire d’un impérialisme sur l’autre. Et, impuissante à convaincre seul l’ouvrier de combattre pour une cause qui n’est pas la sienne, la bourgeoisie mobilise son serviteur fidèle, l’opportunisme, pour que, époussetant les vieux outils de la rhétorique nationaliste, il batte le rappel du prolétariat sous les drapeaux usés de la "patrie", du "nouveau Risorgimento", des "frontières sacrées" et de la défense du "patrimoine industriel italien", ou, en d’autres mots, pour qu’il pousse le prolétariat dans l’engrenage de la guerre impérialiste.
Face à cette politique, notre position est claire. La lutte des partisans à coloration nationale anti-allemand est une arme dont la bourgeoisie se sert pour aveugler l’ouvrier, pour le détacher de son terrain spécifique de lutte, pour féconder avec son sang une seconde naissance du régime capitaliste agonisant. Entre les deux impérialismes qui se combattent dans notre pays, dont l’un nous promet une illusoire liberté et l’autre nous invite à venger notre honneur bafoué, nous ne voulons pas choisir. Nous ne voulons pas combattre contre l’impérialisme allemand pour que l’impérialisme anglo-saxon vainque, nous voulons combattre pour que les racines de tout impérialisme soient détruites une fois pour toute. Nous ne voulons pas combattre contre la guerre nazie pour légitimer la guerre démocratique sous quelque allure qu’elle se présente. Nous ne voulons pas que le prolétariat fasse couler son sang pour l’amour d’une "patrie" bourgeoise ; nous voulons qu’il ne combatte que pour ses intérêts : la conquête du pouvoir. Au mot d’ordre "nation contre nation", nous substituons le mot d’ordre "classe contre classe" ; au mouvement des bandes de partisans anti-allemandes, nous substituons l’armement du prolétariat dans le but d’atteindre ses buts historiques.
Il est nécessaire, aujourd’hui plus que jamais, que les prolétaires voient clair. Le dilemme n’est pas entre combattre dans une armée démocratique ou fasciste, ou s’insérer dans une bande de partisans ; car il s’agit toujours d’une seule et même guerre et lutte des classes. Nous refusons ces deux embrigadements et nous déclarons que la libération du prolétariat ne sera pas réalisée par ceux qui l’ont invité à combattre sous le drapeau de la démocratie, elle ne peut l’être que par le seul organisme qui a lancé au prolétariat du monde entier le vrai mot d’ordre révolutionnaire : Prolétaires, désertez la guerre quelque soit l’uniforme sous laquelle elle se présente !




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