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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Lénine aujourd’hui
Prometeo, n°4, 1er Février 1944
Article mis en ligne le 12 septembre 2015
dernière modification le 9 septembre 2015

par ArchivesAutonomies
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1924 - 1944

LENINE AUJOURD’HUI

La personnalité de Lénine reste vivante en nous non grâce au mausolée de la Place Rouge de Moscou où la ruse bureaucratique de l’Etat stalinien a réalisé le rêve de tous les réactionnaires, celui d’endormir les masses avec l’opium de la mystification officielle et mensongère ; elle vit par et dans l’histoire vivante et sanglante de la plus grande des révolutions.
Alors que la guerre est au seuil de sa conclusion catastrophique et que déjà apparaissent les signes précurseurs de la renaissance prolétarienne, le Lénine qui nous passionne le plus et qui stimule notre réflexion n’est pas le Lénine tacticien - figure pourtant importante - qui au gouvernail du premier Etat prolétarien manœuvre habilement parmi les écueils d’un monde bourgeois, féroce ennemi, dans l’attente d’une nouvelle onde révolutionnaire qu’il entrevoyait proche. Ce n’est pas non plus le Lénine de la NEP (Nouvelle Politique Economique), le Lénine du compromis avec les forces encore vives du capitalisme russe, expédient génial et très dangereux qu’il considéra toujours comme une douloureuse retraite, comme une halte dans la marche de la révolution. Lénine, notre Lénine, le Lénine de la situation d’aujourd’hui est celui des Thèses d’Avril et de l’insurrection d’Octobre. Et c’est en cet instant de sa vie de théoricien, d’homme politique et de chef que nous aimons nous le rappeler, vingt ans après sa mort.
Que sont les Thèses d’Avril ? Ce sont l’acte d’accusation précis et violent contre les habituels retardataires, les traditionnalistes, ceux qui restent attachés aux vieilles tables du minimalisme bolchevik, contre ceux qui sous-évaluent systématiquement la maturité du prolétariat russe et son rôle historique en voyant dans la constitution démocratique et dans l’entente avec les partis de la gauche bourgeoise l’objectif immédiat, la prémisse indispensable au mouvement révolutionnaire du prolétariat.
L’acte d’accusation, implicite dans les Thèses d’Avril, était dirigé contre le Comité Central du parti bolchevik et les rédacteurs de la Pravda c’est-à-dire contre Staline, Kamenev et compagnie.
Lénine était seul contre tous. Il défend les mots d’ordre révolutionnaires qui donne au prolétariat seul la capacité de dépassement et la force subversive contre les théoriciens grands prêtres des solutions démocratiques : tout le pouvoir aux Soviets, contre la tentative in extremis de sauver la bourgeoisie au moyen de la tromperie parlementaire.
Et Lénine a vaincu parce qu’il a approfondi avec une impitoyable analyse les exigences de la crise russe, en fonction de la plus vaste crise internationale il a interprété les besoins et les aspirations du prolétariat et il a su en traduire la volonté d’action révolutionnaire sur le plan de la lutte politique et de l’insurrection armée.
Il a vaincu d’abord dans le parti en le redressant, puis il a vaincu dans le pays avec le parti contre toutes les forces coalisées de la bourgeoisie.
La révolution d’Octobre doit donc être considérée comme l’œuvre la plus géniale dans son intuition, rigidement classiste dans sa conception théorique, la plus vaste, la plus profonde et la plus rénovatrice dans son développement concret.
Le chef, le parti et la masse y apparaissent en parfaite fusion, quoique dans leur variété et particularité de tâche et d’action ; et la figure de Lénine y domine, synthèse et personnification du mouvement du prolétariat varié et unitaire, de ses expériences, de ses luttes et de son sacrifice de classe opprimée.
Si Lénine avait fait défaut, si le parti bolchevik était resté sur les positions théoriques et politiques précédant les Thèses d’Avril, la crise russe et son mouvement prolétarien se seraient résolus sur le plan de la conservation bourgeoise.
La situation d’aujourd’hui, guère différente dans les différents aspects de la crise, doit être observée à la lumière de cette grande expérience russe.
Aujourd’hui également le mensonge démocratique et constitutionnel est un appât corrupteur pour les partis semi-prolétariens et prolétariens à direction opportuniste ; leurs chefs sont les champions les plus obscènes de la guerre.
Il est instructif de les comparer un moment à Lénine.
Lénine réprimande : "La propagande pour la lutte des classes est un devoir d’un socialiste même pendant la guerre. Le travail en vue de la transformation de la guerre des peuples en une guerre civile est l’unique tâche socialiste durant le heurt armé des classes bourgeoises impérialistes de toutes les nations".
Palmiro Togliatti, chef de ce qui fut un temps le Parti Communiste d’Italie, écrit : "Le peuple italien doit participer en première ligne à la guerre contre l’impérialisme allemand et toutes les réserves du pays doivent être utilisées dans ce but".
Et Lénine insiste : "N’est pas socialiste celui qui, durant une guerre impérialiste, ne combat pas les chauvins de son propre pays et l’impérialisme de sa propre bourgeoisie".
Togliatti, le chef qui a reçu l’investiture stalinienne, trace ainsi l’orientation de son parti : "Le problème de l’heure présente doit être posé ainsi : faire une politique qui garantisse l’entrée en guerre des masses populaires".
Lénine a guidé le prolétariat à la victoire en se positionnant impitoyablement contre la guerre ; le centrisme traître voudrait au contraire le conduire au carnage de la guerre démocratique, en le livrant, pieds et poings liés, à la bourgeoisie impérialiste.
Et comme si cela ne suffisait pas, le chef des centristes exige que toutes les ressources, c’est-à-dire toute la richesse accumulée en exploitant le prolétariat, soient brûlées sur l’autel de la patrie bourgeoise ; et peu importe si le peuple court au-devant de la plus épouvantable famine et si ses fils, ceux qui n’ont pas été dévorés par la guerre, se flétrissent par dénutrition et sont de sûrs candidats à la tuberculose.
Une telle dégénérescence morale et politique est par son intensité et son importance digne de figurer dans cette immense ruine de la société bourgeoise.
Dans tous les cas, avec le souvenir de Lénine et de ses enseignements, notre parti trace la route de la renaissance et de la libération du prolétariat.




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