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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Tract du premier mai : Points d’orientation du Parti Communiste Internationaliste
1er Mai 1945
Article mis en ligne le 12 septembre 2015

par ArchivesAutonomies
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LA PAIX ET NOUS

Le prolétariat qui a fait la guerre sans la vouloir doit empêcher que la paix, avec sa crise économique qui se projette dans l’esprit des grandes masses, ne soit utilisée aux propres fins du capitalisme international et ne représente le début d’une période nouvelle de la vie bourgeoise qu’aucune promesse, ni économique ni idéologique, ne justifie historiquement.
La paix bourgeoise sera, comme elle l’a toujours été, la préparation objective d’un nouveau massacre mondial.
La paix véritable, la paix durable, n’est possible qu’avec l’élimination du régime de la guerre : le capitalisme lequel ne disparaîtra qu’à la seule condition que le prolétariat apprête sa volonté, ses idées et ses forces pour le balayer de la scène du monde sur laquelle il a dominé en tyran et en exploiteur pendant plus d’un siècle.
La paix véritable, la paix durable est solidement liée à l’issue victorieuse de la lutte du prolétariat. La Fédération des États Communistes d’Europe est la première étape vers le nouvel ordre mondial : l’Internationale est la garantie contre tout retour à la barbarie du capitalisme impérialiste.

LA SITUATION INTÉRIEURE ET NOUS

Il est maintenant évident que l’élimination du nazisme-fascisme, page glorieuse et héroïque de notre peuple travailleur, n’a aucunement signifié une modification quelconque des conditions sociales, politiques et économiques qui font du prolétariat la force éternellement assujettie dans laquelle la bourgeoisie pourra et voudra encore puiser une somme de richesses sans limite pour alimenter une vie d’oisiveté et de débauche, et dans laquelle elle recrutera des moyens et des combattants pour ses aventures nouvelles et ses guerres.
Les Communistes Internationaux qui se sont opposés à la guerre et qui ont combattu les forces politiques qui en étaient les responsables, ont aujourd’hui la conscience claire du chemin à parcourir.
Alors que les partis du Bloc démocratique s’acheminent vers une solution respectueuse de la légalité, une solution bourgeoise de la crise ouverte par la guerre, les Communistes Internationalistes, qui interprètent la crise selon la dialectique du marxisme, opèrent la mobilisation du prolétariat sur un plan de classe pour l’attaque révolutionnaire du pouvoir bourgeois, même si à son sommet les leviers de la direction politique sont entre les mains des forces démocratiques bourgeoises les plus progressistes.
Nous ne sommes pas particulièrement tendres envers la monarchie de Savoie, ni envers aucune autre monarchie, et nous attendons son élimination du complexe national avec la même urgence passionnée et le même intérêt que nous aurions pour l’extirpation d’un cancer d’un corps d’une personne chère, mais nous dénonçons la tentative de faire de la question institutionnelle un problème fondamental, comme un expédient pour endormir les masses et les éloigner des objectifs véritables et véritablement fondamentaux de leur lutte.
La démocratie progressive est, dans le domaine théorique, la plus grande tentative de mystifier le prolétariat après le fascisme ; dans le domaine politique elle est l’expédient tactique de la bourgeoisie le plus subtil, le plus récent et le mieux réussi pour contraindre le prolétariat à payer comptant les charges de la paix après avoir payé avec son sang celles de la guerre.

L’INSURRECTION ET NOUS

L’insurrection, faite par le prolétariat mais pour des objectifs non prolétariens, a créé une situation très étrange. Certains partis politiques à vagues aspirations révolutionnaires habilement colorées de progressisme croient, ou mieux s’illusionnent, être les arbitres de la nouvelle situation, croient avoir le pouvoir en main et ne s’aperçoivent pas qu’ils ont les pieds et les poings liés, qu’ils sont, en un mot, à la merci du patron capitaliste. Le réveil sera dur. Le sacrifice des combattants prolétariens de Grèce n’a-t-il donc justement rien enseigné ?
De nombreux ouvriers sont également victimes de cette illusion. Ils ont cru que l’usine allait être désormais sous leur contrôle direct, que techniciens et employés obéiraient à leur volonté, que les patrons allaient être mis de côté, comme par miracle, par le souffle de l’insurrection patriotique.
Par la suite, la dure réalité est apparue avant tout sous les habits du bon sens, de la responsabilité, du civisme des nouveaux bonzes sociaux-centristes qui ont fait comprendre aux insubordonnés que les ouvriers devront continuer à être ouvriers et que les patrons sont en définitive toujours les patrons. Bravo !

LES TÂCHES DU PROLÉTARIAT ET NOUS

C’est à toi, ouvrier, qu’il appartient de ne pas retomber dans de nouvelles expériences négatives ; tu ne pourras les éviter que si tu n’abandonnes pas la dimension de classe de ta lutte.
Le fascisme n’est pas mort, non seulement parce que la classe qui lui a donné le jour n’est pas morte, mais parce que, au moyen d’un camouflage efficace, trop d’éléments fascistes se sont infiltrés dans les organismes militaires, politiques et économiques du nouveau régime. Voilà, ouvrier, une raison de plus pour veiller à ce que le mouvement une fois commencé continue sur un terrain de classe, et, surtout, pour hâter la préparation des cadres politiques d’un parti qui fixe comme objectif non pas la conservation de la société bourgeoise, mais la révolution prolétarienne. Il n’y a pas d’« épuration » qui tienne si l’on n’arrache pas le mal à sa racine.
Reconstruis tes syndicats, mais rappelle-toi que l’augmentation de salaire est une chose éphémère et anticlassiste si tu perds la vision du problème historique de ta complète émancipation économique et politique.
Tu as fait l’expérience pendant plus de vingt ans de la dictature stupide et tyrannique du fonctionnarisme syndical fasciste ; évite d’en créer un autre sous l’égide des trois partis de la démocratie. Le syndicat est une libre école d’intérêts, d’idées et de méthodes ou il se transforme en citadelle de la contre-révolution.
C’est l’heure des conseils d’usine.
C’est seulement avec les conseils que toi, ouvrier, tu pourras garantir la continuité de ta lutte si le syndicat devient, et il le deviendra, le monopole des partis non révolutionnaires ; c’est seulement avec les conseils que tu pourras devenir politiquement et techniquement digne de gérer demain l’usine dans laquelle tu travailles.
Que le conseil d’usine soit le drapeau de ta prochaine bataille, la prémisse de ton attaque révolutionnaire au pouvoir.

LE PARTI COMMUNISTE INTERNATIONALISTE




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