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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Le congrès du PCI d’Italie (suite)
{Internationalisme} n°36, Juillet 1948
Article mis en ligne le 23 septembre 2015
dernière modification le 22 septembre 2015

par ArchivesAutonomies
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Sur la base de divers comptes rendus, écrits et oraux, on peut se faire une idée assez précise de ce qu’a été le congrès du PCI d’Italie.Nous avons d’abord celui publié dans notre dernier Internationalisme, qui donne une idée assez complète des débats du congrès.Dans la Battaglia Comunista organe du PCI d’Italie et dans L’Internationaliste organe de la fraction belge nous trouvons des articles traitant des travaux du congrès.

Enfin la réunion publique organisée par la fraction française.

L’impression générale qui se dégage et comme l’a écrit le camarade Bernard en-tête de son article, que cela "aurait pu ne pas être un congrès car les problèmes traités l’ont tété d’une manière plutôt étriquée."
Pour s’en convaincre il suffit de lire la presse du PCI d’Italie et de ses sections en Belgique et en France. La déléguée de France a dit dans son compte rendu oral : "le congrès n’a traité d’aucun des problèmes fondamentaux, n’a fait aucune analyse poussée de l’évolution actuelle du capitalisme et de ses perspectives. De tout son ordre du jour il n’a discuté que des possibilités d’action du parti dans la situation présente." De son côté, la fraction belge dans son dernier bulletin, consacre au congrès un article d’une petite page ronéotypée dans lequel elle se contente de donner "résumées grosso modo, les deux tendances qui se révélèrent au congrès" et conclure que celui-ci a décidé "d’entreprendre une discussion approfondie sur l’analyse du capitalisme dans son stade actuel."

Que nous sommes loin des fanfaronnades qui accompagnèrent la formation du parti en 1945, des salutations enthousiastes et grandiloquentes sur la "reconstruction du premier parti de classe dans le monde par le prolétariat italien" et de tout le bluff qui a continué pendant deux années autour de l’activité et des succès de masse de ce Parti.

Aujourd’hui, le résultat de trois années d’activisme a ramené les camarades à plus de modestie et à des réflexions plutôt amères, malgré certains jeunes néophytes comme la déléguée française qui ne peut terminer son compte rendu sans finir, comme c’est la tradition en Russie, par cette phrase : "Et non disons merci PCI d’Italie."

Recrutement, objectif N°1 du parti

Pendant la dernière période, le Parti s’est laissé grisé par son recrutement. À ce recrutement il a sacrifié la clarté des positions politiques, évitant de pousser trop à fond les problèmes pour ne pas "gêner" la campagne de recrutement, et ne pas "troubler" les adhérents déjà acquis. Farouchement et catégoriquement il a tenu à ne pas porter, ni devant les ouvriers, ni devant les membres du parti, ni devant la conférence constitutive de fin 1945 la discussion sur la lamentable expérience de la participation d’une de ses sections et des camarades, futurs dirigeants du parti, au Comité de coalition antifasciste italien de Bruxelles. Expérience qui a duré depuis la libération jusqu’à la fin de la guerre et que ces camarades continuèrent à revendiquer comme politique juste et révolutionnaire. Toujours pour ne pas "gêner" le recrutement et peut être aussi parce qu’on a soi-même partagé cette conception (ce qui serait encore plus grave) on flatte les ouvriers qui faisaient partie de ces organismes militaires qu’étaient les diverses formations armées de la Résistance. A leur sujet, la Plate-forme du parti adoptée à la conférence de 1945 dit :

"En ce qui concerne la lutte partisane et patriotique contre les Allemands et les fascistes, le Parti dénonce la manœuvre de la bourgeoisie internationale et nationale qui, avec sa propagande pour la renaissance d’un militarisme d’État officiel (propagande qu’elle sait vide de sens ( ?) ) vise à dissoudre et à liquider les organisations volontaires de cette lutte qui dans beaucoup de pays ont déjà été attaquées par la répression armée."

Et tout en mettant en garde contre les illusions suscitées par ces organisations parmi les ouvriers, la Plate-forme les caractérise ainsi :

"Ces mouvements qui n’ont pas une orientation politique suffisant (à part d’être "partisane et patriotique", que fallait-il donc de plus pour PCI ?) expriment tout au plus la tendance de groupes prolétariens locaux à s’organiser et à s’armer pour conquérir et conserver le contrôle des situations locales et donc du pouvoir."

Ainsi pour ne pas risquer sa popularité et les possibilités de son recrutement, le parti s’est gardé de les dénoncer pour ce qu’elles étaient réellement, et pour le rôle qu’elles jouaient, il a préféré flatter les ouvriers de "ces tendances qui constitue un fait historique de premier ordre."

Tout aussi bien que sur cette question, le PCI n’a pas eu le souci de pousser plus à fond l’analyse de l’évolution du capitalisme moderne. Nous trouvons, bien sûr, et même très couramment, l’affirmation que le capitalisme évolue vers une nouvelle forme, le capitalisme d’État, mais le parti n’avait pas pour autant une idée précise de ce qu’est exactement le capitalisme d’État, ce que cela signifie historiquement et de ce que cela comporte comme transformations profondes de structure du système capitaliste.

Dans le paragraphe 14 où est traité le problème du capitalisme d’État, la Plate-forme parle de "ré-accumulation des richesses entre les mains des entrepreneurs et des bureaucrates d’État qui ont leurs intérêts liés à ces derniers ." N’ayant vu dans le capitalisme d’État que l’unité de classe avec les entrepreneurs privés face au prolétariat, mais n’ayant pas vu que ce qui oppose et distingue les premiers des seconds, la plate-forme dénonce "les mots d’ordres ineptes de socialisation des monopoles qui ne servent qu’à travestir ce renforcement." Dans les nationalisations qui sont la structure économique du capitalisme d’État, la plate-forme ne voit rien d’autres qu’une manœuvre "des puissants monopoles industriels et bancaires qui feront payer à la collectivité le passif de la reconstruction de leurs entreprises."

Avec une telle analyse du capitalisme moderne et de ses tendances, qui n’allait pas plus loin que celle déjà énoncée en 1920, il était normal qu’on reprenne sur le plan de la politique, sans rien changer, les positions essentielles de la troisième internationale d’il y a 25 ans : le parlementarisme révolutionnaire et la politique syndicale.

Quels en étaient les résultats ? Après près de 3 ans, le Parti enregistre la perte de la moitié de ses adhérents. Des groupes entiers de militants se sont détachés, les uns pour former le groupe trotskiste POI [1], les autres : la Fédération Autonome de Turin, la majorité dans l’indifférence et le dégout de toute activités militante. Nous avons, en somme, la reproduction de ce qui s’est passé pour les partis trotskistes dans les autres pays. Le parti n’a pas renforcé ses positions parmi les ouvriers. La fuite de la recherche théorique, l’imprécision et l’équivoque de ses positions ne lui ont pas davantage gardé les militants. Dans son objectif numéro un qui était de recruter à tout prix, le renforcement numérique, le parti enregistre aujourd’hui un fiasco, un échec cuisant qui n’était pas difficile de prévoir et de le prédire.

Un parti sans cadres

Mais il y a encore une chose de plus grave que la défection de la moitié des membres, c’est le niveau idéologique extrêmement bas des militants restant dans le parti. Bernard nous parle de "la fonction scénique" de la majorité des délégués au congrès, de leur non participation aux débats. Frédérique disait que les délégués ouvriers estimaient que les analyses théoriques générales les dépassaient et ne pouvaient être de leur fait, que ce travail incombe aux intellectuels. Vercesi exprime cette vérité : "Pour courir derrière des chimères, le travail d’éducation des militants qui est dans un état déplorable, a été négligé." Encore que Vercesi porte lui-même une bonne part de responsabilité pour cet état déplorable auquel il a contribué pendant trois années par son refus de porter publiquement la discussion, de crainte de "troubler" les militants.

C’est le trait typique de toutes ces formations artificielles qui se proclament pompeusement Parti, de ne pas comprendre que le fondement subjectif du nouveau parti ne se trouve pas dans le volontarisme mais dans l’assimilation véritable par les militants de l’expérience passée, et dans la solution des problèmes contre lesquels l’ancien parti s’est heurté et s’est brisé. Avoir voulu agir sur la base de la répétition d’anciennes formules et positions, fussent-elles celles des Thèses de Rome sans tenir compte des changements fondamentaux apportés par les 25 dernières années, c’était accrocher l’action dans le vide, user en vain des énergies et gaspiller des forces et un temps précieux qui devait et pouvait utilement servir à la formation des cadres pour le Parti et la lutte à venir.

L’absence des cadres et la négligence de leur formation, voilà le plus clair du bilan, révélé par le congrès du PCI.

Existe-t-il un parti en Italie ?

Numériquement très réduit par la perte de la moitié de ses membres, absence de cadres "manque complet d’une analyse de l’évolution du capitalisme moderne" (Vercesi), voilà pour ce qui est des conditions subjectives. Quant aux conditions objectives, période de concentration du capitalisme qui "a été conditionnée par la défaite internationale que le prolétariat a subi et par la destruction de celui-ci comme classe." (Document de la CE à la suite du congrès. Voir "Nos directives de marche" dans la Battaglia Comunista du 3-10 juillet). Que reste-t-il donc des conditions nécessaires justifiant la construction du parti ? Rien strictement rien, sinon le volontarisme et le bluff, familiers aux trotskistes.

Au congrès, le rapporteur Damen [2] a essayé de justifier la proclamation du parti. Nous laissons de côté l’argument qui veut que les ouvriers italiens soient "Politiquement plus sains" que ceux des autres pays. De tels arguments ne montrent rien d’autre que la persistance des sentiments nationalistes même chez des militants plus avancés. L’ouverture d’un cours révolutionnaire ne peut se faire que sur l’échelle internationale, de même la brisure avec l’idéologie capitaliste ne peut être une manifestation isolée dans le prolétariat en or d’un seul pays. Le patriotisme du prolétariat révolutionnaire d’Italie n’a pas plus de valeur que le patriotisme du socialisme dans un seul pays. Cet argument donc mis à part, Damen justifie la proclamation du Parti par le fait qu’une fraction n’aurait pu servir de pôle d’attraction pour les ouvriers, ce qui est vrai pour une période où les conditions pour la polarisation du prolétariat autour d’un programme révolutionnaire sont présentes mais qui n’est absolument pas le cas en Italie, ni nulle part ailleurs. Finalement Damen énonce que la fraction n’a de raison d’être que tant qu’il s’agit "d’opposition et de résistance idéologiques à l’opportunisme dans le parti jusqu’au moment de la lutte ouverte qui ne peut être menée que seulement par un organisme politique qui ait les caractéristiques et les taches du Parti." Le même thème nous, l’avons entendu développer dans la réunion de la FFGC. Que de chemin à rebours parcouru depuis le Congrès de la Fraction italienne en 1935 !

C’est là un argument de type du trotskisme qui, pendant les années d’avant-guerre soutenait contre nous la thèse qu’avec la mort de l’ancien parti la condition est donnée pour la proclamation du nouveau parti. Alors que c’est le contraire qui est vrai, la mort de l’ancien parti ou son passage ennemi de classe signifiant précisément l’absence de conditions pour l’existence du parti révolutionnaire. Ce parti étant conditionné par une orientation révolutionnaire se manifestant dans le prolétariat.

Quand les camarades Vercesi et Daniels [3], au Congrès, nient que le PCI puisse réellement jouer un rôle de parti, ils ne font que reprendre la thèse que nous avons développé depuis 1945 sur l’absence de conditions de constitution du parti, et du même coup ils reconnaissent implicitement que le PCI ne remplit pas davantage les tâches d’une fraction, c’est-à-dire l’élaboration programmatique et la formation de cadres. Nous n’avons ici rien d’autre que la traduction en italien des artifices et du comportement des trotskistes dans les autres pays.

Pour Damen le parti est un fait, "un coin enfoncé dans la crise du capitalisme." Si cela peut le consoler nous lui apprendrons toutefois que les trotskystes ne voient pas différemment leur parti dans les autres pays.

Pour Vercesi n’existent ni le "coin enfoncé", ni "la brisure, même minime, du capitalisme", ni le parti qui n’est qu’une fraction élargie.

Malheureusement, dirons-nous, il n’existe en Italie, ni parti, ni fraction élargie, ni influence sur les masses, ni formation de cadres ; l’activité menée par le PCI tendant à compromettre l’immédiat de l’un et l’avenir de l’autre.

La vérification des perspectives

Une orientation vers la fondation du parti pouvait avoir sa raison d’être dans la période de 1943 à 1946 qui s’ouvrait avec les événements de juillet 43 en l’Italie, la chute de Mussolini, le mécontentement grandissant Allemagne, et qui permettait aux militants révolutionnaires d’espérer un développement d’un cours de brisure avec la guerre impérialiste et la transformation de celle-ci en un vaste mouvement de crise sociale. L’erreur fondamentale des militants du PCI et surtout de ses sections en France et en Belgique fut de persister dans cette perspective après la fin des hostilités, alors que les impérialismes russes et américains sont parvenus à occuper l’Allemagne, à disperser à travers le monde et à encaserner dans des camps de prisonniers les millions d’ouvriers allemands, en un mot a contrôler et à étouffer ce foyer capital de révolte et centre de la révolution européenne.

Mais loin de comprendre que la cessation de la guerre sans mouvement de révolte signifiait une défaite consommée par le prolétariat, une nouvelle période de recul ouvrant avec elle le cours vers la nouvelle guerre impérialiste, la GCI, au contraire, échafaudait des théories sur l’ouverture d’un cours de lutte de classes, voyait dans la fin de la guerre la condition de reprise révolutionnaires ou comme elle l’écrivait en corrigeant Lénine "la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile commence avec la fin de la guerre."

Toute l’orientation de la GCI était basée sur cette perspective, et tous les événements étaient examinés sous cet angle. Ainsi on prenait les événements sanglants d’Algérie, de Grèce, du Proche-Orient, pour des prémisses de la crise révolutionnaire, on saluait les grèves économiques comme les mouvements de radicalisation des masses, on soutenait à fond le mouvement et l’action syndicale qu’on se donnait pour tâche de conquérir la direction, enfin on préconisait comme tâche immédiate la construction dans tous les pays du Parti de classe. En même temps on se faisait des gorges chaudes, on raillait ces "PESSIMISTES" que nous étions, ces "DOCTEURS ET THEORICIENS EN CHAMBRE" pour qui on affichait un hautain mépris.

Aujourd’hui toute cette perspective est par terre. Et Vercesi est absolument dans le vrai, et ne fait que reprendre la critique que nous formulions contre le PCI, quand il déclare "L’INTERPRETATION QUE LA GUERRE AURAIT OUVERT UN CYCLE REVOLUTIONNAIRE S’EST REVELE COMPLETEMENT FAUSSE."

Si l’activité révolutionnaire n’a de valeur que pour autant qu’elle est fondée sur des prévisions basées sur une analyse exacte de la situation et du cours, la reconnaissance par le congrès du non-fondé de la perspective signifia la condamnation implicite et l’écroulement de toute la politique et l’activité passée du parti basée sur cette perspective.

Toutefois nous devons mettre en garde contre l’orientation exprimée par la tendance de Vercesi postulant son analyse sur les "capacités de renaissance de l’économie capitaliste au travers du système de planification, de la disparition des crises cycliques et de la concurrence à l’intérieur des États." Cette conception n’est pas nouvelle ; elle se rattache à la vieille théorie de renforcement économique du capitalisme, théorie dite de l’économie de guerre, et que nous avons, à maintes reprises, avant et pendant la guerre, eu l’occasion d’analyser et de combattre.

Aujourd’hui un nombre croissant de militants du PCI a ressenti et compris la stérilité d’un activisme en l’absence d’une analyse de la situation. Bien que cela vienne avec un retard de trois années, nous considérons ce fait comme le seul résultat positif qui s’est manifesté dans le congrès. Nous souscrivons entièrement à l’idée de Daniels quand il déclare : "Les armes que possède le mouvement sont vieilles de 25 ans et tout émoussées. Le capitalisme a transformé entre temps toutes ses méthodes de lutte. Le Parti de classe doit en faire autant s’il veut être un jour le guide de la classe ouvrière et en préparer le réveil."

La vie intérieure du Parti. Discipline ou conscience des militants.

Nous avons à plusieurs reprises critiqué la tendance à la bureaucratisation dans le PCI d’Italie. Faisant allusion à cette critique, la déléguée française, dans son compte-rendu, de répliquer : "Ceux qui assistaient au Congrès et à ses débats souvent passionnés, pouvaient se rendre compte de la démocratie qui règne dans le Parti, et de ka gratuité de l’accusation de bureaucratisation." On pourrait avec autant de raison citer en exemple les assises des partis trotskistes, et même les partis socialistes. Là aussi on discute "librement" et passionnément. Ce qui importe n’est pas la plus ou moins grande démocratie dans les congrès mais de savoir sur quoi est basée l’activité des militants, sur la trique de la "discipline librement consentie" ou sur la conviction des positions et la plus grande conscience des militants ? La camarade citait le cas où le PCI excluait des militants pour divergences politiques, et elle ajoutait : "comme tout parti qui se respecte." En effet, le nombre des excusions prononcées par le PCI est frappant, mais il faut ajouter qu’au grand jamais ces exclusions ne sont faites après des discussions dans l’ensemble du parti, seule méthode qui aurait permis à ces crises d’être un moment de clarification des idées pour tous les militants, mais sont toujours prononcées par la direction.

Le congrès a, par exemple, révélé l’existence de divergences profondes dans le parti, mais en vain cherchera-t-on dans la presse du parti, et cela même dans les semaines précédant le congrès, la moindre discussion et controverse. Cela aurait évidemment risqué de troubler les membres, et porter atteinte au prestige et partant à la discipline. On préfère non moins évidemment venir au congrès pour constater, comme Vercesi :

"Il y a des délégués parlementaristes, d’autres favorables à une espèce de compromis avec les centristes (staliniens). La majorité est sans idées claires et suit des voies différentes suivant les zones."

Plus catégorique et plus cinglant encore est Daniels, parlant pour ce qui concerne le congrès lui-même. Il constate :

"Il y a une tendance au congrès à passer sous silence les erreurs du passé et à renoncer à discuter les problèmes qui peuvent provoquer d’amples débats, au travers desquels le parti pourrait vraiment renaitre à une vie nouvelles et mettre à nu tout ce qui, sous l’excuse de la défense des positions traditionnelles, cache l’opportunisme et empêche une claire élaboration idéologique et une conséquente assimilation de la part des militants."

C’est ainsi qu’on doit comprendre la vie intérieure sains de l’organisation et fonder la force, l’efficacité de l’activité de chacun des membres sur la continuelle et plus ample confrontation d’idées, suscitée et entretenue par toute la vie du parti.

Par contre quand Maffi [4], grand chef du parti, déclare s’être "abstenu de traiter de tels problèmes" parce que "Je savais que cette discussion aurait pu empoisonner le Parti", nous disons que ce souci manifeste incontestablement et au plus au point la tendance à l’ossification et à la bureaucratisation de la vie intérieure de l’organisation.

Et c’est parce que c’est cette dernière conception qui prévaut dans le PCI que nous avons pu assister à cette fin absurde du congrès dont nous parle Bernard, où "Vercesi… s’est en quelque sorte excusé d’avoir été un trouble-fête et d’avoir amené le trouble parmi les militants." Parce que, en fin de compte, les uns pas plus que les autres n’admettent l’existence des tendances et des fractions au sein du parti : pour les uns comme pour les autres le parti reste une organisation monolithique, homogène et monopoliste. [5]

La question de la participation aux élections

Une des questions qui a provoqué les débats les plus orageux fut celle de la participation aux élections. Bien sûr, personne ne préconise une politique de parlementarisme actif. Cela ressort moins d’une certitude de l’inutilité de l’action parlementaire que du fait que les forces présentes du parti ne lui donnent aucune possibilité d’avoir réellement des élus. Aussi peut-on se permettre d ‘économiser un débat qui, de toute façon, ne serait que théorique, et comme tout débat théorique, ne peut que "troubler inutilement le parti". C’est pour la même raison que le parti aux dernières élections pouvait se payer à bon marché d’être révolutionnaire à l’extrême, au point d’inviter les électeurs à ne pas voter, même pour lui. Mais nous connaissons déjà le cas d’un élu au Conseil municipal qui a trouvé de bonnes raisons pour garder son mandat d’élu. Après tout, la justification définitive de tout parlementarisme se trouve dans ces arguments théoriques donnés par Damen, pour justifier la participation du PCI à la campagne électorale. Damen dit :

"Si la bourgeoisie est contrainte ( ?) d’adopter un moyen de lutte qui peut être exploité utilement par le parti de classe pour être retourné contre elle, l’avant-garde révolutionnaire ne peut renoncer à l’utiliser et à s’infiltrer dans la compétition électorale."

Aucun trotskiste ne manquerait de souscrire à cette argumentation. C’est du pur et du pire Lénine de La Maladie infantile du communisme. La vérité est que le prolétariat ne peut utiliser pour sa lutte émancipatrice "le moyen de lutte politique" propre à la bourgeoisie et destiné à son asservissement. Il en était tout autrement à une période antérieure d’avant 1914 quand le prolétariat ne pouvait pas encore poser comme objectif concret immédiat la transformation révolutionnaire de la société, d’où découlait la nécessité de lutter sur le terrain même du capitalisme pour lui arracher le maximum de réformes. Le parlementarisme révolutionnaire en tant qu’activité réelle n’a, en fait, jamais existé, pour la simple raison que l’action révolutionnaire du prolétariat quand elle se présente à lui suppose sa mobilisation de classe sur le plan extra-capitaliste, et non la prise des positions à l’intérieur de la société capitaliste ce que Damen appelle "l’utilisation" et "l’infiltration" intérieure.

La politique du parlementarisme révolutionnaire a largement contribué à corrompre les partis de la Troisième Internationale et les Fractions parlementaires ont servi de forteresse de l’opportunisme aussi bien dans les partis de la Troisième qu’autrefois dans les paris de la Deuxième Internationale. Mais le participationnisme croit avoir trouvé un argument impressionnant en déclarant :

"Le problème abstentionniste est désormais dépassé car il n’avait de raison d’être que dans une période où une décision de principe, face au courant parlementaire du vieux parti socialiste, était nécessaire. Aujourd’hui, où il n’y a plus de doute possible sur le caractère nettement antiparlementaire du PCI. Celui-ci peut adopter cette méthode de lutte."

Voilà un raisonnement pour le moins astucieux : dans le vieux parti parlementaire nous devions être d’antiparlementaires mais maintenant, puisque notre parti est antiparlementaire, alors nous pouvons faire du parlementarisme.

Nous ne doutons pas que cette argumentation puisse impressionner les patriotes du parti qui, pas un instant, n’osent mettre en doute son infaillibilité révolutionnaire, garantie a priori et à jamais. Ceux par contre qui ont connu l’IC pour y avoir milité, ou simplement pour avoir étudié son histoire, seront probablement moins enclins à ouvrir un tel crédit à n’importe quel parti, fut-il même le parti de Damen et de Maffi. Croit-on vraiment que le parti bolchevik et l’IC dans ses premières années, étaient moins sincèrement révolutionnaires que le PCI d’Italie ? Ils offraient au moins autant de garanties, ne serait-ce que par le fait qu’ils exprimaient les positions programmatiques les plus avancées du prolétariat de l’époque alors que le PCI d’Italie, d’après ses propres aveux, retarde notablement. Cependant toutes les précautions prises par l’IC (lire les thèses de 2ème congrès sur le parlementarisme révolutionnaire) n’ont pas empêché cette politique de devenir un levier de l’opportunisme. C’est que la dégénérescence du parti n’est pas uniquement fonction de la situation générale et de rapports de forces de classes mais est encore fonction de la politique pratiquée par le parti. Le prolétariat a trop payé durant ces derniers 25 ans pour que les militants d’avant-garde oublient cette vérité première.

A quel point est savonneuse la pente participationniste nous le constatons par les résultats obtenus, auxquels on se réfère volontairement à chaque instant pour prouver la force et l’influence du parti. Le rapporteur au congrès n’a pas manqué de citer que dans telle région la liste du parti, aux dernières élections, a obtenu quatre fois plus de voix. Comme si on pouvait parler de force et d’influence du parti alors que la vente de la presse baisse, que l’organisation a perdu la moitié de ses responsables, est "lamentable". En entendant Damen parler des victoires du parti on ne peut que manquer de penser qu’il y a des victoires qui sont les pires des défaites.

Peut-être ne serait-il pas inutile, pour calmer un peu la fièvre des participationnistes, de leur citer l’exemple du parti trotskiste en France qui en 1946 avait également obtenu un succès groupant sur ses listes près de 70.000 voix. Cela n’a pas empêché ce parti de voir la masse de ses électeurs fondre comme neige au soleil aux élections suivantes, et un an après voir fondre ses propres rangs. Une bonne partie de ses militants poussant la logique à aller vers les masses à fond, à fini par aller au Rassemblement Démocratique Révolutionnaire où le nombre est plus grand et où leurs paroles peuvent avoir plus d’écho.

Car c’est exactement ainsi que raisonne le camarade Damen :

"En participant aux élections – dit-il, face aux anti participationnistes- le parti a pu pénétrer dans les grandes masses, porter la nouvelle parole, essayer de donner corps aux vagues aspirations de sortir des chemins battus."

Pris par un noble sentiment de semer la bonne parole, l’idée ne lui vient pas à l’esprit que pour lever, la semence doit être faite en terrain approprié, sinon ce n’est qu’un gaspillage de grains et d’énergies. Le révolutionnaire n’a pas à s’inspirer des missionnaires de l’Armée du Salut allant prêcher la parole divine dans les bordels. La conscience socialiste ne s’acquiert pas dans n’importe quelle condition, elle n’est pas le fait de l’action volontariste, mais présuppose une tendance de détachement des ouvriers d’avec l’idéologie bourgeoise et ce n’est assurément pas les campagnes électorales, moment de choix de l’abrutissement des ouvriers qui offre cette condition.

Il y a longtemps qu’il a été mis en évidence que les racines psychologiques de l’opportunisme sont, aussi paradoxale que cela puisse paraître, son impatience d’agir, son incapacité d’accepter le temps de recul et d’attente. Il lui faut immédiatement "pénétrer dans les masses", "porter la nouvelle parole". Il ne prend pas le temps de regarder où il met les pieds. Il est impatient de planter le drapeau du socialisme, oubliant dans sa précipitation que ce drapeau n’a de valeur que pour autant qu’il est jeté sur le premier tas de fumier du capitalisme.
Malgré l’orthodoxie léniniste, la trique de la discipline et les succès enregistrés, la résistance des militants contre la politique de la participation augmentait sans cesse. Cela prouve que le PCI d’Italie repose sur des éléments de base très sains. Mais malgré les vives critiques le congrès n’a pas résolu la question. Le compromis accepté de renoncer à la participation aux élections de novembre laisse cependant la question de principe ouverte. Le culte de l’unité et de "ne troublons pas les membres de base" ont prévalu sur la clarté et l’intransigeance des positions. Ce n’est qu’un recul pour mieux sauter. Les militants révolutionnaires ne sauraient se contenter longtemps de ces demi-mesures. Avec ou sans l’assentiment des chefs de file ils devront liquider ces "vieilles armes émoussées" ou se liquider eux-mêmes en tant que révolutionnaires.

Le problème syndical

C’est assurément la position prise sur le problème syndical qui présente le fait saillant de ce congrès.

Quelle était la position antérieure du PCI ? La plus platement orthodoxe, une copie conforme des thèses de l’IC.

"Le travail su sein des organisations économiques syndicales des travailleurs en vue de leur développement et de leur renforcement est une des premières tâches politiques du Parti."

"Le Parti aspire à la construction d’une confédération syndicale unitaire, indépendante des commissions d’État et agissant avec les méthodes de la lutte de classe et de l’action directe contre le patronat. Depuis les revendications locales et de catégories jusqu’aux revendications générales de classe… Les communistes ne proposent et ne provoquent pas la scission des syndicats du fait que les organismes de direction seraient conquis ou détenus pas d’autres partis." (Plateforme politique du PCI 1946)

C’est sur cette base qu’a été fondé le travail dans les syndicats et allant jusqu’à la participation, là où cela a été possible, surtout en province et dans les petits syndicats, dans les commissions et directions syndicales. Il a soutenu sans réserves les luttes revendicatives économiques considérant ces luttes comme "une des premières tâches politiques du Parti."

Cette conception fut longtemps un principe pour la GCI. Une des raisons de l’hostilité de la CGT à notre égard était notre position antisyndicale. Nous ne pouvons donc qu’exprimer notre satisfaction de voir le PCI abandonner aujourd’hui la plus grande partie de ses vieilles positions concernant l’organisation syndicale, et les revendications économiques.

Nous ne pouvons que souscrire à cette définition :

"Le parti affirme catégoriquement que le syndicat actuel est un organisme fondamental de l’État capitaliste, ayant pour but d’emprisonner le prolétariat dans le mécanisme productif de la collectivité nationale."

Ou encore :

"La classe ouvrière, au cours de son attaque révolutionnaire, devra détruire le syndicat comme un des mécanismes les plus sensibles de la domination de classe du capitalisme." Nous souscrivons d’autant plus volontiers que nous retrouvons là, non seulement les idées que nous avons défendues depuis longtemps, mais la reproduction jusqu’à nos propres termes et expressions [6]. "

Remarquons cependant que dans la question syndicale, comme dans bien d’autres questions, le PCI a laissé une fois de plus une petite fenêtre ouverte permettant à l’occasion la ré-pénétration de ses mêmes idées qu’on vient de rejeter par la porte.

Par exemple quand le PCI "déclare son indifférence concernant la question formelle de l’adhésion du travailleur au syndicat" il ne fait que prendre une position passive qui cache mal son attachement affectif au syndicat. Dire que "ce serait pêcher par abstraction que propager le mot d’ordre de la sortie des syndicats, mot d’ordre concevable seulement quand les situations historiques poseront des conditions objectives pour le sabotage du syndicat", c’est chercher des prétextes sophistiqués pour ne pas choquer les sentiments arriérés des masses. Si on est convaincu que le syndicat est et ne peut désormais n’être qu’un organisme d’État capitaliste, avec la fonction d’emprisonner les ouvriers au service de la conservation du régime capitaliste, on ne peut que rester "indifférent" au fait que l’ouvrier fait ou non partie organiquement, pas plus que nous ne restons indifférents que les ouvriers fassent ou non partie des maquis, des comités de libération nationale, des partis où toutes autres formations politiques du capitalisme.

Il n’est jamais venu à l’esprit d’un militant sérieux que l’abandon par les ouvriers des formations politiques du capitalisme dépend de ce qu’il lancera ou non le mot d’ordre ; il sait parfaitement que cela aura le résultat des conditions objectives mais cependant cela ne l’empêchera pas mais au contraire exige de lui de faire la propagande et d’appeler les ouvriers à déserter ces organisations de la bourgeoisie. La désertion des organisations du capitalisme n’est pas seulement une manifestation mais également une condition de la prise de conscience des ouvriers. Et cela reste valable aussi bien pour les organisations syndicales que pour les organisations politiques. De toute façon l’indifférence en matière de positions politiques n’est que le camouflage d’un acquiescement effectif et honteux.

Mais il y a mieux, le PCI dénonce les syndicats mais préconise le rassemblement des ouvriers dans la fraction syndicale. Qu’est-ce que cette fraction syndicale ?

"C’est – dit d’abord le document de la CE déjà cité – le réseau des groupes d’usines du Parti qui, agissant sur la base unitaire de son programme…etc, constituent la fraction syndicale."

On serait tenté de croire à la première lecture qu’il s’agit tout simplement de cellules du parti, mais à examiner de plus près on s’aperçoit qu’il s’agit de tout autre chose. Premièrement, on comprend difficilement pourquoi l’ensemble des cellules d’usines se constitueraient en un organisme à part, séparant et divisant l’unité du parti en deux, d’un côté les ouvriers groupés à part dans les cellules d’usines et d’un autre côté les non-ouvriers groupés on ne sait pas exactement où, mais également à part. Deuxièmement la gauche italienne s’est toujours opposée dans l’IC à l’introduction de cette structure de cellules d’usines, voyant en elle une tendance vers l’ouvriérisme et un moyen bureaucratique d’étouffer la vie idéologique du parti [7]. Il serait vraiment surprenant que le PCI rompe aujourd’hui avec cette position traditionnelle et plus que jamais valable. Troisièmement, quelles peuvent donc être les tâches spécifiques des membres ouvriers du parti distinctes des tâches de l’ensemble du parti, et finalement on ne comprend pas que cet organisme centralisé unifié sur le plan de l’ensemble du pays, constituerait et porterait précisément le nom de … fraction syndicale ;

En vérité la fraction syndicale n’est pas les cellules d’usines du parti, mais bien une organisation séparée, distincte du parti, créée par celui-ci et dirigée par lui. Certainement le parti ne se fait pas trop d’illusion sur l’ampleur que peut prendre cette organisation dans l’immédiat. "Dans la situation actuelle, c’est la réduction de la fraction syndicale aux seuls membres du Parti et à quelques sympathisants agissant dans l’usine ou dans le syndicat qui se vérifiera le plus souvent." Mais ce n’est pas pour cela que le parti crée cette organisation ; il la destine à une fonction bien plus importante.

"Elle ne dépend pas d’un effort volontariste du parti. Mais de l’évolution de la situation générale et de la dynamique des luttes sociales, que des prolétaires syndiqués ou non, inscrits ou non à d’autres partis, se rassemblent autour de nos groupes d’usines que dans le syndicat", et de servir dès à présent de noyaux autour desquels se rassembleront demain les ouvriers de toutes les tendances, de tous les partis, en quelque sorte des embryons de soviets.

Il est à remarquer que le PCI qui craint de "pêcher par abstraction" en préconisant la désertion des syndicats en l’absence des conditions objectives nécessaires, ne craint cependant pas le péché de bluff en constituant aujourd’hui des embryons de futurs soviets.

D’une part le parti a renoncé à son action dans le syndicat et à l’illusion de pouvoir agir, actuellement dans les masses, d’autre part il reprend la même action syndicale et le travail des masses, non directement mais par l’intermédiaire d’une organisation spéciale créée à cette fin : la fraction syndicale. Aussi ne pourrait-on rien lui reprocher, chacun a son, compte et tout le monde est content.

Ainsi le pas en avant fait dans la question a été immédiatement suivi de deux pas en arrière [8].

Finalement l’erreur a été doublée d’une confusion d’aujourd’hui. En ajoutant la confusion nouvelle à l’erreur passée, çà ne fait toujours qu’une confusion dans l’erreur et on n’a pas avancé d’un iota.

CONCLUSIONS

Nous venons de faire l’examen des travaux du PCI. Si on ne peut pas parler de son apport dans la clarification des problèmes fondamentaux de l’époque, de l’avis même de ses partisans on peut constater que le clair de son travail consistait dans le bouleversement total qu’il a apporté dans les positions et l’orientation prises à la conférence constitutive.

On trouverait difficilement un autre exemple dans les annales des groupes politiques, où une plateforme constitutive se trouve être aussi profondément malmenée et infirmée, dans un laps de temps aussi court.

Notre époque peut avec raison être caractérisée par ses changements brusques et la rapidité de son cours. Mais on ne saurait attribuer à cela le vieillissement surprenant de la plateforme du PCI car elle était déjà hors du cours et frappée de sénilité à sa naissance.

Cette constatation faite par les délégués eux-mêmes au congrès n’est pas le fait du hasard. Elle a ses racines, entre autres, dans la suffisance et la prétention de détenir seule la vérité révolutionnaire, haussant les épaules à la seule idée de pouvoir apprendre quelque chose dans la confrontation d’idées avec d’autres groupes révolutionnaires dans les divers pays.

Deux ans et demi ont suffi pour ne laisser subsister intactes aucune des pages de la plateforme de décembre 1945. C’est une leçon sévère mais qui pourrait être salutaire si les camarades de la GCI comprennent et acceptent cette leçon. A cette seule condition l’expérience pourrait ne pas avoir été vaine.

Pour finir, et dans la mesure où il nous est possible et permit de juger de loin et de formuler un avis nous estimons prématurée la conclusion tirée par le camarade Bernard qui dit "Pour les militants sincèrement révolutionnaires il n’y a pas d’autre voie que la scission et la création d’un nouveau regroupement politique qui ait comme tâche fondamentale la recherche et la formulation des bases idéologiques pour la formation future du vrai parti de classe." Nous ne méconnaissons pas les immenses difficultés auxquelles peuvent se heurter ces camarades dans l’atmosphère qui règne dans le PCI. Mais il est incontestable que le PCI d’Italie reste à ce jour la principale organisation révolutionnaire prolétarienne et probablement la plus avancée en Italie. Tout comme après la conférence de 1945 nous estimons qu’en son sein sont rassemblés un grand nombre de militants révolutionnaires sains, et de ce fait cette organisation ne peut être considérée comme perdue d’avance pour le prolétariat.

En 1945 nous écrivions que derrière le patriotisme et l’apparence d’unité existent des divergences réelles qui ne manqueront de se manifester et de se cristalliser en tendances opportunistes et révolutionnaires. Aider à cette cristallisation, contribuer à dégager les énergies révolutionnaires afin qu’elles puissent trouver leur maturation et leur expression la plus avancée, telle nous paraît être encore aujourd’hui la tâche la plus urgente du révolutionnaire sincère.

Marco

Notes :

[1NdE- en fait il s’agit du Partito Operaio Comunista (POC) d’Italie.

[2Onorato Damen (1893- 1979).

[3NdE- Luigi Danielis "Gigi" (1901-1968) membre du comité exécutif de la Fraction italienne et responsable de sa Fédération de Paris dans l’entre-deux-guerres En 1945, il rentre en Italie où il devient membre du Comité central du PCI d’Italie.

[4NdE- Maffi (1910-2003), il est parmi les fondateurs du PCI d’Italie.

[5Voir la série d’articles que nous avons publiée sous le titre : "Problèmes actuels du mouvement ouvrier" dans Internationalisme n° 17, 18, 19, 23, 24, 25 et plus particulièrement ce dernier numéro.

[6Voir notamment nos thèses sur les problèmes actuels du mouvement ouvrier – Internationalisme N° 31 février 1948.

[7Voir par exemple l’article La nature du Parti publié par Bordiga en 1924.

[8Pour qu’on ne nous accuse pas de déformation intentionnelle de la pensée du PCI nous citerons l’explication donnée par la fraction belge sur ce point "S’il y a des ouvriers qui ne veulent pas adhérer au parti encadrer ceux-ci dans les fractions syndicales du parti, qui seront peut-être aussi demain les bases pour la création de nouveaux syndicats." (Bulletin de mai 1948 sur le congrès du PCI d’Italie).




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