Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Aux Femmes du Prolétariat
Comité d’Action Féminine Socialiste pour la Paix contre le Chauvinisme
Article mis en ligne le 11 novembre 2015

par ArchivesAutonomies
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Depuis plus de dix mois, vos fils, vos frères, vos maris tuent, ou sont tués - par eux - des fils, des frères et des maris, d’autres femmes, vos sœurs de misère.
POURQUOI ?
Est-ce que les prolétaires de France, de Russie, d’Angleterre, d’Italie ou de Serbie ont quelque motif de haine contre les prolétaires d’Allemagne, d’Autriche-Hongrie ou de Turquie ? ...
NON, NON.
Attachée an même carcan, rivée à la même chaine, courbée sous le même joug, broyée par la même exploitation, la classe ouvrière a pour lot, dans tous les pays, d’user sa vie à l’entretien, dans le luxe et l’oisiveté, d’une minorité de parasites.
Non satisfaite d’accaparer les richesses nationales, cette minorité ou classe capitaliste cherche à accaparer les richesses du monde. De là des compétitions, des rivalités entre les classes capitalistes des différents pays. Et de ces compétitions, de ces rivalités naissent les conflits armés : la Guerre. La Guerre ! ... fléau des fléaux, crime des crimes !
C’est ainsi qu’après l’usure et la mort un à un des prolétaires, dans des usines malsaines, il faut que leur sang coule à larges flots et qu’ils meurent en tas pour que la bourgeoisie puisse étendre le champ de son exploitation et augmenter le nombre de ses esclaves.
Pensez-vous que cela soit conforme à la saine raison et au sentiment instinctif de justice de votre conscience de prolétaires ?
Pensez-vous que la guerre actuelle, amenée, préparée et voulue par les classes bourgeoises et gouvernantes de tous les pays, soit dans l’intérêt des masses ouvrières dont vous êtes, et qu’elle doive continuer ?
Si oui, prier ; priez, gémissez, et pleurez, passives et résignées.
Si, au contraire, vous pensez que c’en est assez, que c’est trop de sang répandu, dites-le, dites-le bien haut.
Pendant la grande Révolution, les femmes de Paris marchèrent sur Versailles, envahirent l’Assemblée nationale et le palais du roi en criant : "Du pain ! du pain !"
Si nous étions à cette époque héroïque, que les fils de la bourgeoisie en décomposition ont le cynisme d’évoquer, nous envahirions le Palais-Bourbon et le Luxembourg au cri de : "La Paix ! La Paix !", alors que les femmes prolétaires des pays belligérants feraient la même manifestation dans leurs pays. (Les femmes de Berlin ont déjà manifesté par deux fois devant le Reichtag (Chambre des Députés). Les femmes de Pétersbourg y ont aussi manifesté contre la guerre et la cherté de la vie).
Si nous n’avons pas, hélas ! l’héroïsme de nos grands-mères, ayons au moins le courage de dire hardiment notre pensée, d’opposer à ceux qui préconisent la guerre à outrance, à ceux qui soufflent la haine des peuples, notre action en faveur de la paix et de la fraternité prolétarienne.
Et puisque, dans tous les pays, des voix féminines s’élèvent, qu’un mouvement international contre la guerre est engagé, que les femmes de la classe travailleuse de France ne soient pas les dernières à s’engager résolument dans l’action.

FEMMES DU PROLÉTARIAT !

Rejoignez les femmes socialistes qui, unies déjà par leur fidélité aux principes et aux décisions de l’Internationale Ouvrière, le sont maintenant par leurs déclarations communes, par leur volonté d’action unanime, par leur confiance mutuelle affermie et leur fraternité inaltérable.
Ralliez le drapeau de paix du socialisme qui, relevé par leurs mains viriles, flotte au-dessus du charnier européen et devant lequel doivent pâlir et disparaître les couleurs des étendards de guerre de tous les pays.
Joignez-vous à vos sœurs des pays belligérants et neutres pour, nouvelles Sabines, arrêter le plus grand massacre que l’Histoire n’ait eu à enregistrer.
Debout et en avant ! au cri mille fois répété de :

VIVE LA PAIX !
VIVE L’INTERNATIONALE OUVRIÈRE !




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