Bandeau
Fragments d’Histoire de la gauche radicale
Slogan du site
Descriptif du site
Revue de Presse
{Internationalisme} n° 44, Décembre 1949
Article mis en ligne le 13 décembre 2015
dernière modification le 10 décembre 2015

par ArchivesAutonomies
logo imprimer

Nous avons reçu plusieurs numéros du journal de langue italienne : L’Internationale. Anciennement 4ème Internationale il est le résultat de la désagrégation du mouvement trotskiste international en Italie.

Nous aurions pu espérer que le premier numéro soit consacré à la crise de la Quatrième Internationale. Il n’en est rien, et à part une vague allusion au passé politique du journal, nous lisons une sorte de programme concentré, d’où on peut tirer un seul enseignement : "non défense de la Russie. Mais rien quant à la méthode chère aux trotskistes n’est changé. Le camarade Mangano [1] qui dirige le journal continue de professer le même activisme (il est président d’un soviet de petite ville) et emploie les mêmes mots d’ordre que précédemment. Ce camarade croit peut être qu’il suffit de se déclarer non défensiste de la Russie pour voir ses horizons politiques s’élargir.

Si, encore ce journal se donnait une tâche modeste en rapport avec ses possibilités. Même si le passé doit être oublié, il aurait été utile d’y voir une tentative de recherches théoriques qui corroborerait sa nouvelle attitude politique devant le trotskisme et les autres courants.

Mais comme si vingt ans d’opposition n’avaient rien appris, ce même journal se dit l’organe du Parti Communiste Ouvrier d’Italie. Fumisterie ridicule quand on sait que son influence dans la péninsule est nulle. Ce parti dirige donc quelle classe ouvrière ? Par quoi son action a une portée historique immédiate ? Enfin où voit-il un mouvement révolutionnaire se déclencher.

Un article pourtant a attiré particulièrement notre attention. Il s’agit d’un compte rendu d’une réunion internationale ayant eu lieu à Paris et ayant décidé au mois de septembre de constituer un mouvement international de la Gauche Marxiste. Pourquoi marxiste et non communiste ? La réponse est nette. Le mot communiste ayant été galvaudé maintes et maintes fois par des mouvements qui n’avaient rien de révolutionnaires, il importait d’employer le mot marxiste à la place.

Malheureusement le mot marxiste é été encore plus galvaudé que le mot communiste. Mais si on s’imagine remplacer tout un travail politique et théorique par une discussion sur la plus ou moins grande valeur révolutionnaire d’un mot, il ne faut pas s’étonner d’être considérés comme des trotskistes.

Cette réunion internationale aurait décidé en outre de la publication d’une revue politique en langue française et d’un manifeste introductif.

Depuis ce compte rendu, rien dans ce journal ne décèle l’existence de la Gauche Marxiste qu’il avait pourtant annoncé. Nous retrouvons bien les mots d’ordre incendiaires et inopérants des trotskistes impénitents, nous sommes mis au courant de toutes les apologies adressées au président du SOVIET d’une petite ville, et rien sur le nouveau mouvement Gauche Marxiste

Étant à Paris et malgré nos recherches nous n’avons eu vent d’une telle réunion internationale ni de l’existence politique d’un tel mouvement révolutionnaire. Nous sommes près à attendre.

* * * * *

Dans le nouveau Prometeo N° 12 le camarade Alfa [2] continue son étude sur la nature du capital et de la propriété. Si l’étude présente dans sa phase actuelle un certain intérêt de détail, ce qui parait ahurissant, c’est le résumé des trois précédents articles d’Alfa.

Nous avions cru comprendre que le camarade Alfa s’était efforcé de démontrer la non identité entre capital et propriété d’un part, et d’autres part que la propriété privée n’était pas un critère historique pour caractériser le système capitaliste.

Nous avons mal compris si l’on se réfère au résumé qui introduit le 4° article sur la Propriété et capital. L’ensemble de phrases qui essayent de résumer la pensée d’Alfa sur le problème propriété et capital peuvent résumer aussi bien tout Le Capital de Marx ou rien du tout. Nous pensons plutôt que le résumé a dû être écrit par un autre camarade qu’Alfa, et qui plus est ne s’est pas donné la peine de prendre connaissance des articles sur Propriété et Capital qu’il résume.

Mousso

Notes :

[1Romeo Mangano (1896 – début années 80). Il rejoint le PCI en 1921 et devient le secrétaire de la Fédérations de Foggia puis membre de la Gauche du parti de la tendance de Bordiga dans les années 1919-1926 - (la petite ville en question ci-dessous est Foggia). Fondation du POC (Partito Operaio Comunista) en février 1945 d’une fusion d’un groupe autour de Nicola Di Bartolomeo (Fosco) et de la Fédération des Pouilles du parti communiste italien autour de Mangano qui regroupaient des militants sur les positions de la Gauche italienne des années 20. En mars 1947, la grande majorité du POC soutient les positions défendues par Mangano. (cf. Travaux de Paolo Casciola : Une page du trotskisme italien, Centro Studi Pietro Tresso, document N° 10, Foligno, 1988, pages 3à10).

[2NDE : il s’agit d’Amadeo Bordiga.




Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.53