Bandeau
Fragments d’Histoire de la gauche radicale
Slogan du site
Descriptif du site
Mise au point de la Commission exécutive de la Fraction française
17 juin 1945
Article mis en ligne le 8 avril 2016
dernière modification le 27 février 2016

par ArchivesAutonomies
logo imprimer

Trois jours après la conférence de la Fraction italienne, une délégation de celle-ci nous a demandé, pour des raisons de sécurité, de ne pas parler du travail de cette conférence. Malgré nos objections et notre conviction qu’il ne s’agissait que de questions à caractère politique, nous avons accepté et agréé à cette demande. Sur l’exigence expresse de cette délégation nous leur avons même remis l’unique exemplaire que nous possédions de la résolution de la conférence. Nous nous sommes tenus strictement à l’observation de notre parole donnée.
Voilà qu’un communiqué de la Fraction italienne du 15 juin porte le débat ouvertement en public. Nous estimons donc que cela nous autorise à rompre le silence auquel nous nous sommes astreints.
Pour que le débat ne soit pas dénaturé, il serait nécessaire que la Fraction italienne publie ses résolutions de la conférence. C’est là une condition essentielle pour la clarté politique qu’aucun militant ne saurait contredire, et que nous demandons publiquement en premier lieu.
La Fraction italienne communique l’exclusion du camarade Marc pour indignité politique. C’est là un procédé ni politique ni très digne. Le camarade Marc a quitté la conférence en déposant une déclaration politique que la Fraction italienne ne publie pas.
Le camarade Marc a déclaré, pour des raisons d’ordre politique et personnel, demander son intégration dans la Fraction française. Notre organisation a examiné cette demande et l’a acceptée depuis le 23 mai. La Fraction italienne n’a rien dit [1]. Le communiqué [2] déclare trois semaines après son exclusion. Cela nous semble d’un goût politique très douteux.
La dignité politique du camarade Marc ne saurait être mise en doute. Militant depuis vingt-cinq ans dans le mouvement communiste, l’activité et la rectitude politique du camarade Marc peuvent être citées en exemple. L’apport politique de Marc depuis la guerre est à la base de toute l’activité théorique de la Fraction italienne, et notamment sur la question de la réorganisation et du maintien de la Fraction italienne pendant la guerre, sur la nature de la guerre, sur la signification des événements de 1943 en Italie, sur le rejet de la théorie révisionniste de Vercesi (théorie de l’économie de guerre), sur l’appréciation de l’État russe, sur le problème de l’État après la révolution, et contre le révisionnisme de Vercesi dans la question de la participation au Comité de coalition antifasciste. En ce qui concerne notre organisation, l’effort du camarade a été de premier ordre dans la formation et le développement de notre Fraction.
Sur le plan personnel, le communiqué ne fait que souligner une regrettable légèreté et le manque de sérieux de ses auteurs. Sur le plan politique, il est terriblement nul.
Tandis qu’un groupe de camarades et le camarade Vercesi adhèrent au nom de la Fraction italienne au Comité de coalition antifasciste, tandis que la Fraction de la Gauche communiste de France, avec le camarade Marc, a pris publiquement position dans l’Internationalisme n° 4 contre les positions anticommunistes de ce groupe, la Commission exécutive de la Fraction italienne garde le plus grand silence sur ces questions fondamentales et se livre à des communiqués gratuits et insignifiants.
Nous refusant à suivre la Fraction italienne, qui tend à ramener un débat politique sur le plan des querelles personnelles, nous publions la déclaration du camarade Marc à la conférence de la Fraction italienne et son explication sur l’adhésion à la Fraction française de la Gauche communiste.

La Commission exécutive de la Fédération française de la Gauche communiste, le 17 juin 1945

Notes :

[1A cette date du 23 mai, NdE.

[2Du 15 juin, NdE.

P.S. :

Article extrait du livre l’Enfer Continue, de la guerre de 1940 à la guerre froide. La Gauche communiste de France parmi les révolutionnaires, 1942-1953, Editions Ni patrie, ni frontières, page 167.




Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.53