Bandeau
Fragments d’Histoire de la gauche radicale
Slogan du site
Descriptif du site
Déclaration présentée à la Conférence de la Fraction italienne
21 mai 1945
Article mis en ligne le 8 avril 2016
dernière modification le 27 février 2016

par ArchivesAutonomies
logo imprimer

N’ayant pu avoir connaissance qu’au cours de la conférence de deux résolutions qui vont servir en quelque sorte de conclusion politique et organisationnelle aux débats et constatant qu’elles comportent :

1°) La délimitation politique d’avec l’organisation française de la Gauche communiste considérée par son tract du Premier mai comme ayant rompu et ne faisant plus partie de la Gauche communiste, avec qui nos rapports ne seront plus d’une organisation à une organisation sœur, mais des rapports vagues envers un groupe confusionniste se trouvant dans le camp prolétarien,

2°) La rentrée de la Fraction en Italie, considérée comme la remise d’un mandat à une organisation italienne dont on ne sait rien, avec qui on n’a pas de rapports depuis dix ans, dont on ne sait rien de l’évolution politique ni même de son existence,
ESTIMANT qu’une telle conception est en opposition avec la résolution de la conférence d’août 1943, qu’elle est un prolongement du liquidationnisme qui s’est manifesté par la rentrée d’une partie des bordiguistes dans le parti trotskyste PCO [1], par les déclarations publiques de Bordiga, déclarations équivoques et douteuses du point de vue communiste sur le rôle non capitaliste et non impérialiste de l’Armée Rouge en Europe, par la politique de dissolution de l’organisation depuis la guerre et la rentrée individuelle de Vercesi. Que cette conception est l’ultime acte de cette désarticulation et liquidation de la Fraction.
CONSIDÉRANT que cette conception exprime une rupture d’avec la notion même de la Fraction et de sa transformation en Parti, des camarades de la Fraction, dont le devoir est la rentrée dans le plus bref délai en Italie dans les centres industriels, ne peuvent considérer ces résolutions que comme nulles et n’engageant que les individualités qui les ont votées.
Les camarades rentrant en Italie ne s’intègreront au sein d’une organisation qu’à la condition politique expresse que cette organisation se réclame et défende des positions fondamentales identiques à celles de la Fraction italienne de la Gauche communiste, telles qu’elles ont été exprimées par la Fraction existant à ce jour. En l’absence d’une telle organisation, leur devoir de révolutionnaire est de passer immédiatement à la reconstruction de la Fraction, seul embryon du futur parti de classe du prolétariat italien.
Les camarades de la Fraction qui, pour des raisons impérieuses, restent en France doivent rejoindre et se regrouper au sein de l’organisation de classe du prolétariat français, la Fraction française comme étant seule héritière idéologique de la Gauche communiste et à laquelle je demande immédiatement mon incorporation.
Ne voulant en aucune façon m’associer à l’acte de liquidation de la Fraction à laquelle tendent les résolutions, rendant nuls et inutiles les travaux de la conférence.
Ne voulant et ne pouvant assumer la moindre responsabilité d’une telle procédure et me rendre complice d’une telle décision, en l’absence de la moitié des camarades de l’organisation,
Je déclare, pour ces raisons et dans ces conditions, quitter la conférence qui, de ce fait, ne représentera plus que la minorité des camarades de la Fraction qui assumeront seuls la responsabilité de leurs actes et décisions.

Vive la Fraction !

Notes :

[1Il doit s’agir du Partito operaio comunista (POC) où se retrouvait des trotskistes et des anciens membres de la Gauche communiste italienne. (NdE).

P.S. :

Article extrait du livre l’Enfer Continue, de la guerre de 1940 à la guerre froide. La Gauche communiste de France parmi les révolutionnaires, 1942-1953, Editions Ni patrie, ni frontières, page 164.




Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.53