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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Les idées du SDS en 1968
On-line gesetzt am 20. Mai 2013
zuletzt geändert am 23. März 2013

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Le SDS allemand fut donc l’une des organisations les plus représentatives des mouvements de la Nouvelle Gauche des années 1960. A travers son rejet d’un marxisme orthodoxe, et de l’anti-communisme mais aussi face à son rejet des clivages de la Guerre Froide, du matérialisme ou de l’inaction de la société, il développe des contacts et des points de convergences avec d’autres mouvements similaires en France, en Grande-Bretagne, au États-Unis et partout dans le monde. Influencé par une longue tradition de théoriciens marxistes, le SDS puise également une partie de ses théories chez des penseurs comme le sociologue américain C. Wright Mills, voyant le rôle des étudiants ou des élites intellectuelles comme des catalyseurs du changement social.
Au même moment, la réforme des universités devient l’une des préoccupations principales des efforts du SDS, dont le but à long terme s’organise autour de la volonté de modifier profondément les structures internes de l’université mais aussi de rendre son accès plus démocratique. Derrière ces préoccupations étudiantes, le SDS s’attaque à d’autres problématiques plus larges et touchant l’ensemble de la société allemande. Par exemple lune certaine continuité légale entre le passé National-Socialiste (nazi) au sein de la République Fédérale, le SDS dressant des listes de membres du NSDAP, de la Waffen SS encore actifs dans les différents branches de l’administration de l’état ouest-allemand. En 1959, le SDS organise une exposition sur le sujet intitulée "Ungesühnte Nazijustiz". Tout en poursuivant sur cette orientation, le SDS développe une pratique volontariste et anti-autoritaire, à partir de 1965-1966, en particuliers suite à l’afflux de nouveaux militants ou du ralliement de groupes déjà existants. Le plus connu des membres du SDS est sans conteste Rudi Dutschke, réfugié de l’Allemagne de l’est, étudiant en sociologie à l’université Libre de Berlin. Sur la base de son activité au sein d’un groupe situationniste Subversive Aktion (Action Subversive), Dutschke développe un amalgame des théories révolutionnaires. Pour lui, chaque révolutionnaire politique se doit d’agir internationnallement, en soutenant les mouvements de libération nationale dans le monde. En conséquence, les organisations contestataires nationales se doivent d’apporter leur soutien au mouvements révolutionnaires existants dans le monde pour contre-balancer les actions de la contre-révolution qui s’est depuis longtemps sortie du carcan des états-nations.
A son internationalisme, Dutscke ajoute une volonté manifeste de traduire les résultats de la théorie critique dans des actions politiques capable de recueillir le soutient des masses révolutionnaires. Inspiré par les travaux de Herbert Marcuse, Dutschke rejoint l’idée que depuis que la classe ouvrière est complètement manipulée et que son potentiel révolutionnaire est absorbé par le système, les seules foces capable de faire émerger le changement social ont été marginalisées. Pour les étudiants et les intellectuels qui veulent initiés le mouvement d’émancipation des masses, Dutschke introduit les travaux d’un philosophe marxiste hongrois, George Lukàcs, et développe volontairement un concept de la révolution, qui sous-entend que la conscience et la théorie sont créées dans l’action. En opposition avec Lukàcs cependant, Dutschke désigne comme potentiel agent révolutionnaire les minorités sociales et les mouvements de libération nationale du Tiers-Monde. Dans son esprit, les mouvements de libération nationale forment une partie de la classes ouvrière en lutte, qui replace la confrontation de la Guerre Froide en l’est et l’ouest au sein d’une division Nord-Sud entre les société industrialisés et les pays pauvrement développés. Pour Duschke, les mouvements de libération et leur tactiques sont des modèles pour créer et construire une conscience révolutionnaire. La théorie du foco de Che Guevare aussi bien que les concepts de libération de Frantz Fanon forment les ingrédients principaux de cette pensée et de l’activisme révolutionnaire tell que le conçoit le leader étudiant.
L’influence graduelle de ces modèles théoriques coïncide avec le mouvement international d’opposition à la guerre du Vietnam. Depuis 1965, les résolutions et les congrès du SDS ont fait de ce conflit un exemple des mouvements de libération et interpréter sa portée comme l’expression de l’impérialisme américain. Les militants du SDS commencent à ressentir l’alliance avec l’Etats-Unis, lorsque le gouvernement ouest-allemand commence à supporter de manière très indirecte la guerre et, liant cet évolution avec le passé National-Socialiste, se sentent complices vis à vis de ce qui se passe au Vietnam. Parallèlement aux appels pour la réforme de l’université et une transformation fondamentale et socialiste de la société, la Guerre du Vietnam devient l’un des thèmes central de mobilisation et radicalise les positions du SDS ouest-allemand entre 1967-1968. Au congrès de 1967, Rudi Duschke et Hans-Jürgen Krahl, l’un des théoriciens de la section du SDS de Frankfurt, demandent conjointement au SDS de s’orienter vers une "propagande par l’action" dans les métropoles occidentales, en soutien de la "propagande par les balles" dans le Tiers-Monde. Inspiré de Che Guevara et de la théorie du foco, le but est de découvrir le "facteur subjectif" en expérimentant personnellement la répression exercée par le système en pratiquant l’action directe et la confrontation avec l’état. Ce processus de "révolutionné les révolutionnaires" n’est pas seulement la pre-condition de Marcuse dans le "Grand Refoulement", mais aussi la base pour une alliance globale des forces révolutionnaires pour défendre le Vietnam contre l’action des forces impérialistes. Comme Dutschke le déclare en Février 1968 : "L’internationalisation des forces révolutionnaires est la tâche la plus important de toute la période historique que nous vivons et dans laquelle nous oeuvrons en vue de l’émancipation de l’homme... Les manifestations qui ont lieues partout dans le monde, avec le recul, ressemble à une stratégie révolutionnaire internationale".
Faisant de la très éloignée Révolution Vietnamienne un exemple test en vue d’un changement social et d’une révolution mondiale, le SDS appel à la mise en place d’une meilleure coordination des actions révolutionnaires pour contrer la contre-révolution impérialiste et parvenir à un but, à plus ou moins long terme, la création d’un nouvel être humain "libéré du capitalisme et de la répression bureaucratique".
L’échec de la mise en place d’une stratégie révolutionnaire au niveau mondial, qui ne parvient pas à se matérialisé durant toute les années 1960, pousse les militants à s’orienter vers d’autres formes d’organisations ou plus directement vers d’autres luttes afin de porter leurs idées au sein de la société ouest-allemande. C’est à ce moment que les concepts de contre-culture pensés par la Kommune K1 se développent et prennent de l’épaisseur. Libération sexuelle et vestimentaire, vie communautaire, liberté individuelle, structure démocratique, relations homme/femme, deviennent le moyen de changer de manière substantielle la culture Ouest-Allemande au cours des années 1970. Néanmoins, l’échec du SDS et donc de ses objectifs politiques pousse une minorité d’activistes à faire le choix de la violence et plus particulièrement de la lutte armée, poursuivant le développement théorique initié au sein du mouvement étudiant.




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