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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Le prolétariat et la poursuite de la guerre
L’Etincelle n°1 - Janvier 1945
Article mis en ligne le 4 mai 2016
dernière modification le 15 mai 2018

par ArchivesAutonomies
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"La poursuite de la guerre, disent les communistes, est la seule chose qui préoccupe le peuple".
Mais communistes, socialistes et autres ont beau mettre constamment en avant l’effort de guerre, la classe ouvrière, elle, agit poussée par les terribles conditions de vie que la guerre lui impose. Elle tend de plus en plus à présenter ses propres revendications, à s’imposer à l’attention de ceux qui la trahissent par des actes qui reflètent bien mieux la situation présente que les victoires militaires du moment.
Grève à Milan et à Turin depuis des semaines. Grève générale récente des mineurs belges ; presque dans le "berceau de la libération" l’Angleterre : grèves dans les filatures de manchester, dans l’aéronautique de guerre à Coventry ; en France, manifestations à Lyon ; dans le Nord, les ouvriers s’emparent eux-mêmes du charbon et du sucre que la bourgoisie leur refuse.
Toutes ces grèves sont des revendications contre la misère et la famine de guerre. Les ouvriers agissent non pas comme des voleurs mais comme classe exploitée : Mr Thorez lui-même n’a pu tenir tout à fait sous silences ces revendications, ni accepter les calomnies contre le prolétariat dans son discours d’Union sacrée et de guerre. Cela venait non de sa conscience de classe, mais du fait que la bourgeoisie se sent bien "mal venue" avec sa guerre devant ces revendications ; car elle a beau mener sa fanfare démagogique pour la victoire, et continuer le massacre, elle ne peut pas étouffer la lutte des classes. Elle ne peut pas empêcher cette lutte de jaillir sous ses différentes formes, économiques, sociales et enfin politiques, de faire irruption sur l’arène historique jusqu’à la dominer entièrement.
La lutte de classes, ce sont les grèves d’Italie, de Belgique, d’Angleterre, les manifestations en France, les soubresauts vite étouffés du front intérieur allemand. La guerre civile est l’aboutissement et le couronnement inévitable de toutes ces manifestations de la lutte de classe.

Oui, la bourgeoisie est "mal venue" ! Mal venue de n’exister que pour maintenir la société dans une catastrophe sanglante ; les socialistes et communistes "mal venus" de la défendre. Et attention : demain, ils seront tous fort mal reçus par le prolétariat.




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