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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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L’Allemagne problème de classe
L’Etincelle n°2 - Février 1945
Article mis en ligne le 4 mai 2016
dernière modification le 15 mai 2018

par ArchivesAutonomies
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Il était à prévoir que, à l’approche d’événements de classe en Allemagne, la bourgeoisie internationale tenterait de présenter comme en 14-18, à la société "civilisée" un dilemme sentimental, à savoir : doit-on considérer l’Allemagne comme un tout indivisible dont chaque habitant supporte une part de la responsabilité du fascisme, ou bien différencier les bons allemands - les restes lamentables de la république de Weimar - des mauvais allemands ?

Le capitalisme qui essaie d’intéresser la classe ouvrière à ce problème, qui prouve son "humanité", sait bien ce qu’il fait en réduisant la question allemande à une simple question nationale. La bourgeoisie le sait bien car le problème est tout autre et trop dangereux pour le régime. En effet, en Allemagne, se joue actuellement le sort du prolétariat mondial et la lutte que le prolétariat allemand mène de plus en plus ouvertement est la lutte de tous les travailleurs, face à la guerre impérialiste et à l’État bourgeois.

Le problème de l’attitude des prolétaires d’Outre-Rhin face au fascisme, le problème de leur participation à la guerre ne relève pas du caractère de la race germanique, mais de la défaite du prolétariat international en 33. Face aux révolutions de 18 et 23 en Allemagne, la bourgeoisie déploya toute sa démagogie paralysante, déchaîna toutes ses forces répressives. Alors, Hitler, le "Satan démoniaque" contre lequel la bourgeoisie mondiale aboie aujourd’hui, n’était encore que "l’illuminé de Munich". Mais les premières sanglantes victoires remportées par la "démocratie" de Weimar et les "Socialistes" à la Noske, sur les masses ouvrières allemandes, la volonté de la bourgeoisie d’en finir une bonne fois avec la menace révolutionnaire, allaient le porter à l’histoire. C’est sur le chemin aplani par les trahisons et les défaites conséquentes du prolétariat qu’Hitler réalise son "Destin", et ce "Destin" n’est que la sinistre et prosaïque carrière de gendarme patenté du capitalisme pour la répression finale du prolétariat révolutionnaire d’Allemagne.

Quand ce prosaïque gendarme prend le pouvoir en 33, l’I.C. signe son arrêt de mort par l’absence de directives au P.C. Allemand, et il était facile de prévoir que les éléments les plus conscients, les plus dynamiques allaient disparaître. Et c’est quatre cent mille camarades communistes qui meurent dans les camps de concentration. Après ce hachage à vif du prolétariat, il ne pouvait rester aucun doute sur la possibilité d’éliminer la classe travailleuse de l’arène historique. Mais Hitler voit son rôle de gendarme s’accroître du fait de la persistance du mécontentement ouvrier en Europe. A lui revient la charge de faire le nettoyage par le vide de toutes traces d’idéologie, de militants révolutionnaires. La bourgeoisie internationale prêt la main au travers de soi-disantes capitulations (Rhénanie, Anschluss, Sudètes...) qui livrent à la Gestapo les soldats de la révolution en Europe et permettent, par la décapitation de ses éléments les plus dynamiques, l’ouverture de la 2e guerre impérialiste, seule et unique but de la bourgeoisie mondiale. Il a fallu beaucoup de sang ouvrier pour préparer cette guerre, il en faudra beaucoup plus pour la faire.

Et alors se pose la question, l’unique question : le prolétariat allemand est-il responsable de cette guerre ?
La réponse ne peut être que : seul le capitalisme dans son ensemble supporte l’entière et pleine responsabilité de cette guerre. Et si les Buré et Thorez reprochent à ce prolétariat d’avoir accepté la guerre, ce reproche ILS DOIVENT LE FAIRE AU PROLETARIAT MONDIAL.

La cause de la brutalité de l’occupation, ils doivent la rechercher dans la guerre, car la brutalité n’est pas unilatérale, les événements grecs ont rassuré le Monde sur ce point. Mais faire un reproche au prolétariat, c’est faire un reproche uniquement à ses défenseurs, à son PARTI, à son INTERNATIONALE.

Le procès de la IIIe, celui de Staline, se revendiquant des plus nobles traditions de 17 est en train de se faire, et le grand malheur pour la classe ouvrière, c’est que, cette fois-ci, le capitalisme se présente fin prêt et instruit par Octobre 17, devant la future révolution allemande, tandis que le prolétariat se refait péniblement une santé au travers des efforts de ses militants à préparer la voie du futur parti de classe.

Demain, le prolétariat allemand va payer chèrement son tribut à la révolution, demain c’est lui qui va permettre l’assaut final contre la guerre et le régime pourri.

Le prolétariat international et principalement français doit se rendre compte que la répression qui s’abattra sur les ouvriers allemands présage des coups terribles qu’ils recevront dès qu’ils dessineront leur premier mouvement de classe. La révolution allemande abattue par leur intervention inconsciente, c’est une troisième GUERRE MONDIALE, plus terrible et plus sauvage que celle-ci. Il faut en finir avec les Buré et les Thorez en faisant comprendre au monde que l’Allemagne est avant tout un problème de classe.




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