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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Petite Histoire de la Kommune 1
On-line gesetzt am 20. Mai 2013

von ArchivesAutonomies
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"Das Private ist Politisch", Membres de la Kommune 1 protestant contre l’arrestation et les accusations de trahison portées contre Fritz Teufel suite à la manifestation du 2 juin 1967 contre la venue du Shah d’Iran à Berlin, année 1967.

Au cours de discussions au sein de Subversive Aktion sur le moyen de faire émerger un mode de vie alternatif au mode de vide bourgeois, commence à émerger la nécessité de remplacer le mode de vie individuel capitaliste au mode de vie communautaire communiste. Selon certains, le premier à avoir mis en avant le système de la vie en communauté comme moyen de dépasser le mode de vie bourgeois est Dieter Kunzelmann. Très proche du SDS berlinois dans sa période de gestation, la Kommune 1 proclame assez rapidement que le fascisme s’exprime et se construit désormais dans la famille nucléaire. Que celle ci représente la plus petite forme d’expression étatique et qu’elle n’est qu’un dérivé des institutions capitalistes. Qu’il faut donc détruire celle cellule d’organisation sociale pour briser l’oppression mais aussi pour mettre fin aux dépendances entre les hommes et les femmes qui empêche le développement de chacun. Ces conclusions qui sont le fruit des discussions menés au sein de la Subversive Aktion, mais aussi du SDS , en vue de la création d’une communauté rencontrent l’opposition de certains militants.
La diffusion publique de ces thèses en vue de leur réalisation pratique produit la rupture en les membres berlinois de la Subversive Aktion et le SDS. Rudi Dutschke et Bernd Rabehl s’opposent publiquement aux thèses des « communards » refusant en particuliers les conclusions théoriques sur le mariage et la remise en cause directe de leur mode de vie.
La première collocation (Wohngemeinschaft) politique est fondée à Berlin en janvier 1967 par neuf hommes et femmes, et un enfant, qui s’installent dans l’appartement vide de Hans Magnus Enzensberger et le studio de l’écrivain Uwe Johnson à Berlin-Friedenau. Après le retour d’Enzensberg suite à un voyage d’étude à Moscou, les « communards » s’installent dans la résidence principale de Johnson près de la Stierstrasse. Ils se désignent à partir de cette période sous le nom de Kommune 1.

Les premiers communards sont Dagrun Enzensberger (divorcée de Hans Magnus Enzensberger), Tanaquil Enzensberger (soeur aînée de Hans Magnus Enzensberger), Ulrich Enzensberger (frère de Hans Magnus Enzensberger), Dieter Kunzelmann, Detlef Michel (à partir du 25 mars 1967), Volker Gebbert, Hans-Joachim Hameister, Dorothea Ridder, ("La Dorothee de Fer"), Dagmar Seehuber et Fritz Teufel. Rainer Langhans rejoint la communauté en mars 1967. D’autres personnes participent à ces prémices et partagent les premières expériences des communards comme Dagmar von Doetinchem et Gertrud Hemmer („Agathe“).

La première tâche que se donnent les communards est de se raconter les uns les autres leur parcours, leurs vie, ce qui constitue leur identité afin de briser les cadres de vies individuels et pour bien signifier à chacun que leur appartenance à la communauté signifie la fin de leur existence individuelle. Les communards se répartissent les rôles au sein de la communauté au vue de leur différences. Kunzelmann occupe rapidement la place du « patriarche » et prend un ascendant important sur les autres membres qu’il tentera toujours de conserver. Pour lui, les buts des communards sont basés sur ce qu’il a mis en pratique en tant que situationniste et au moment de son appartenance à la Subversive Aktion. Il pousse ainsi les communards à renoncer à leur sécurité financières mais aussi sociales. Il oriente aussi la communauté vers un abolition de la propriété et plus largement de la sphère privée. Il substitue les principes de joie et de plaisir à celui de travail en revendiquant le rejet de tout fonction dans le système de production capitaliste. Enfin, il développe une règle importante du vivre ensemble qui sous entend que chaque communard peut faire ce qu’il veut, quand il veut et la façon dont il l’entend, tant que ses actions se font au vu et au su de toute la communauté. Selon les témoignages des autres communards, Kunzelmann ne tiendra cependant jamais le rôle de chef, développant l’idée de « chef de bande » en opposition à celui de leader.
Rapidement, les communards développent une identité commune portant tous les cheveux longs, des colliers et des bijoux, des vestes militaires ou des bleus de travail à la mode maoïste à la suite de discussions menées par les éléments féminins de la commune. Ils établissent des rapports particuliers avec la presse en exigeant d’être payé pour tout interview ou photographie. Une inscription le rappelle dans l’entrée de leur appartement : « D’abord payez, ensuite nous parlerons ».

Uschi Obermaier et Rainer Langhans, Membres de la Kommune 1 et désignés comme les intermédiaires principaux entre la presse et les communards. Ils s’occupaient principalement des communiqués et des conférences de presse et plus largement agissaient comme les représentants de la kommune à l’extérieur, 1969.

Durant son existence, la Kommune 1 développe un activisme d’inspiration situationniste entre satire et provocation. Ces actions trouvent un écho de plus en plus fort avec le développement du mouvement « Sponti » (Sponti-Bewegung) et des groupes maoïstes qui se forment lors de dissolution progressive du SDS.
Le matin du 2 avril 1967, une réunion est organisée dans l’appartement des communards et rassemble, outre les membres de la communauté, une vingtaine de sympathisants. Kunzelmann propose alors d’attaquer au moyen d’un fumigène le vice-président américain Hubert Humphrey lors de sa visite à Berlin-Ouest. Seul Langhans accepte de participer à l’action.
Le 5 avril 1967, suite au témoignage d’un agent de police infiltré au sein du SDS, onze étudiants (dont Ulrich Enzensberger, Volker Gebbert, Klaus Gilgenmann, Hans-Joachim Hameister, Wulf Krause, Dieter Kunzelmann, Rainer Langhans et Fritz Teufel.) sont arrêtés. Ils sont accusés de s’être contactés en vue de conspirer et d’attenter à la vie du vice-président américain Hubert Horatio Humphrey au moyen d’une bombe de plastic et d’autres produits chimiques non identifiés ou d’autres objets dangereux comme des pavés. Le tabloïd Bild titre sur « La Tentative d’Assassinat de Humprey ». Le quotidien Zeit évoque les « Onze petits Oswalds ». Même le New York Times se fait l’écho des plans des communards d’attaqués avec du pudding, des yahourts et de la terre le vice-président. Devant ces accusations, Uwe Johnson, demande à son ami et voisin Günter Grass de faire partir les étudiants de son appartement. Le jour suivant, les communards sont relâchés et donnent leur première conférence de presse publique. Ils sont alors devenus des célébrités alors que la presse et les forces de polices semblent avoir perdus toute crédibilité dans l’affaire. Axel Springer parlera en les désignant, suite à cette arrestation, de "communards de l’horreur".
A partir de leur arrestation, les communards ne cesse de harceler les personnalités et les autorités en multipliant les actions de plus en plus provocatrices. L’une d’elle mène les membres de la commune à s’attaquer à la Kaiser-Wilhelm-Gedächtniskirche qu’ils remplissent de centaines de Petit Livre Rouge. La commune s’installe dans un viel immeuble de la Kaise-Freidrich Strassse près de la Stuttgarter Platz, dans le district de Berlin-Charlottenburg avant de se déplacer au numéro 60 de la Stephan Strasse dans le quartier de Berlin-Moabit.
Lors de la manifestation contre la visite du Shah d’Iran devant l’Opéra de Berlin, le 2 juin 1967, en marge de laquelle Benno Ohnesorg est assassiné, Fritz Teufel est arrêté et accusé de trahison. Il n’est relâché qu’en décembre de la même année, après s’être engagé avec plusieurs étudiants dans une grève de la faim. Plusieurs manifestations auront lieu pour exiger sa libération, au cris de « Liberté pour Teufel » et « Expulser le diable de Moabit ! » (Moabit est le nom d’une des prison berlinoise et Teufel veut dire diable en allemand). C’est durant l’incarcération de Teufel qu’est prise la célèbre et fameuse photographie des communards nus contre un mur avec le slogan : « Das Private ist Politisch » (que l’on pourrait traduire par : « la vie privée est politique »)
Le 6 juin 1967, Langhans et Teufel sont arrêter pour avoir distribuer des tracts engageant à attaquer et brûler les magasins. "Holt euch das knisternde Vietnam-Gefühl, das wir auch hier nicht missen wollen!" ("Attrapons cette sensation de Vietnam en feux, nous ne voulons pas qu’elle nous manque une fois à la maison!") proclame le tract incriminé. La cour finit néanmoins par les relâcher sans les poursuivre.

De gauche à droite : Dieter Kunzelmann, Rainer Langhans, Ulrich Enzensberger, Dorothea Ridder, Fritz Teufel, le 6e est probablement Micheal Baumann.

Le mode de vie et les actions des communards provoquent des réactions diverses aussi bien dans la société allemande que dans la classe politique ou l’extrême-gauche. Le SDS exprime son rejet des actions provocatrices de la Kommune K1. Les tracts provocateurs des communards (’’Les canons à eaux sont des tigres en papiers’’), signés de l’acronyme SDS, sont une source continuelle d’irritation. Les communards sont finallement exclut du SDS, en mai 1967, après avoir été accusés de n’avoir aucun intérêt politique. La Kommune 1 devient un point de référence où se croise et se cotoie de nombreux membres de la contre-culture mais aussi les amis et les groupies des communards. Ces dernières provoquent des tensions au sein de la communauté, conduisant à l’expulsion de Teufel, jugé comme principal responsable et accusé de sexisme par certains membres de la Kommune.
A la fin des années 1960, le climat interne à la société allemande évolue. A l’été 1968, les communards s’installe dans un usine désaffectée de la Stephan Strasse. La communauté évolue vers un groupe de moins en moins actif politiquement. Le 21 Septembre 1968, le commune se rend à l’Internationale Song Days à Essen, le premier festival alternatif de toute l’histoire de la République fédérale. Laghans y rencontre Uschi Obermaier, originaire de Munich. Ils deviennent le « plus beau couple de l’APO » selon les mots de la presse de l’époque. La commune se transforme en une communauté alternative tournée vers l’expérimentation des drogues et la musiques plus que vers la politique. Kunzelmann devenu accro à l’héroine est expulsé de la commune (même si certains disent qu’il serait partit de son plein gré). Une communauté de femme est fondé à Munich par des anciens sympathisants de la K1. En novembre 1969, un groupe de blousons-noirs attaque et ravage la commune. Les occupants restant décident alors de se disperser. Obermaier et Langhans rejoignent Munich.




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