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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Petite Histoire de l’Allemagne de l’Est en 1968
On-line gesetzt am 20. Mai 2013
zuletzt geändert am 23. März 2013

von ArchivesAutonomies
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Après avoir traiter de l’Allemagne fédérale, il parait quelques fois difficile de parler de la République Démocratique Allemande (RDA). Sur ce point, il convient d’ouvrir une parenthèse qui nous parait importante. L’histoire n’aime pas les vaincus. Surtout lorsqu’ils ont été des adversaires tenaces et capable de présenter une alternative viable aux vainqueurs. La particularité du rapport entre le "camp occidental" et le "camp soviétique" est manifeste sur le plan historique. Elle tant à rattacher tout mouvement de contestation au camp occidental en gommant voir en niant carrément le caractère profondément interne des boulversements politiques, sociaux et culturels qui ont put prendre place au sein du bloc soviéitique. A travers la volonté de faire du camp occidental, et capitaliste, la seule alternative à la dictature soviétique, on a assisté à une polarisation trop impartiale de l’histoire. Il convient dont de fermer cette parenthèse en affirmant que des mouvements contestation ont existé en RDA, avec le même désir de remettre en cause le système que leurs voisins occidentaux sans pour autant constitué un ralliement au camp des "démocraties" et du "Monde Libre".

La République Démocratique Allemande a été fondé en octobre 1949. Elle correspond à la zone d’occupation soviétique établie après la fin de la Seconde Guerre mondiale comme cela avait été décidé par les Alliés à Yalta. Le parti Socialiste Unifié (SED), résultat de la fusion des partis communiste et social-démocrate en avril 1946, devient le seul organe du pouvoir au sein d’un système de parti-unique, de parti-état. L’Allemagne de l’Est développe alors une réputation de stabilité et de fidélité à l’égard du grand frère soviétique, devenant l’un des exemples les plus mis en avant parmi tout les satellites soviétiques. Les troubles provoqués par le soulèvement des ouvriers en 1953, si il convient de ne pas en diminué la signification, l’importance des revendications et la portée, n’est en rien comparable au mouvement de soulèvement hongrois qui éclate trois ans plus tard. A partir de 1953, la situation économique et politique se tend au sein de tout le bloc de l’est et touche donc la RDA. Les résultats économiques se heurtent aux intérêts politiques et commencent à provoqué un exode de la population vers l’ouest. La construction du Mur de Berlin en août 1961 permet de stabiliser ces mouvements de population. La question du statut de Berlin se développe à partir de cette période, devenant l’un des points principaux où le contact est maintenu entre deux Allemagnes au gré des gels et dégels. EN RDA, le climat est même à la détente. Le onzième Plenum du SED, en 1965, est significatif de cette situation étrange qui caractérise la situation en allemagne de l’est. Si la réalité d’une libéralisation de la culture ou de la politique paraît être le fruit d’un discours officiel mais pas d’une réalité, l’existence de cette question au sein des instances les plus hautes du pouvoir montre que le problème est posé au sein de la RDA et pas seulement au sein du seul cercle des opposants au régime. Certes, il faut attendre la période qui suit la sucession d’Erich Honecker en 1971 pour voir émerger en pratique le début d’une période de libéralisation, bien que très limitée et pas très substantielle. Et ce n’est qu’au milieu des années 1970 qu’on assiste à une véritable désaffection du régime au sein de la population est-allemande. La jeunesse, principalement les dissidents, rejoignent les rangs de l’église protestante ou les chemins d’une existence marginale comme au sein d’enclaves, principalement à Berlin, comme le quartier de Prenzlauer Berg, qui devient en quelque sorte l’un des sièges de la contre-culture en allemagne de l’est. En quelque sorte, les bases de la chute du bloc de l’est en 1989, sont en partie posées par ce qui se déroule dans les années 1960 en RDA.

Il n’est bien sur pas question de parler de mouvement au sens "occidental" du terme. Il est bien évident que toute tentative de constituer un mouvement de contestation comme en RFA serait vécue comme un soulèvement et promptement écrasé dans le sang par les forces soviétiques comme elles l’ont fait en 1956. Au sein des milieux étudiants, on assiste à un changement radical de ligne politique. Si le SED et ses organisations de jeunesses parviennent à garder la main sur la situation et à contrôler le débat, les opposants changent pour leur part leur fusil d’épaule. Ils commencent à remettre en question l’opposition fondamentale au nom d’une opposition réformiste. Le problème ne devient plus de mettre fin au régime mais bien d’en effacer les effets jugés néfastes. Il ne s’agit pas nécessairement d’un ralliement politique au système en place. Mais d’un contast sur le fait que le régime est prêt à admettre un certain degré de critique et de remise en cause. Il convient de rappeler que les allemands de l’est sont eux aussi en contact avec le monde. Ils assistent à l’embourbement des troupes américaines au Vietnam et à la lutte des pays du tiers-monde. Le système occidental leur apparaît tout aussi capable de produire ce qu’il rejette à propos du régime socialiste en RDA et plus largement ce qu’ils remettent en cause dans tout le bloc soviétique. Les universités ne sont donc pas le siège de la contestation. Cela peut s’expliquer par le fait que la RDA dispose d’un système d’éducation ouvert aux jeunes des classes populaires mais fermé à tout élève considéré comme anti-conformiste. Mais il convient de mettre en avant que certaines des idées de la nouvelle gauche ouest-allemande sont proches du répertoire réthorique du régiment est-allemand, en particuliers vis-à-vis de l’impérialisme américain.
Comment s’organise et pense la génération de 1968 ? Où s’exprime-t-elle ? On assiste en fait à la création d’une sorte de communauté au sein du bloc soviétique avec une forte dimension transnational. Cette communauté est marginalisée par tout les régimes socialistes mais elle parvient à exister et surtout à produire des canaux de diffusions des idées de la nouvelle gauche. La dimension politique s’accompagne d’un ralliement aux différentes expressions de la contre-culture à travers la mise en place de modes de vies alternatifs, mais aussi la revendication de la liberté sexuelle, de la liberté vestimentaire, etc... A partir du milieu des années 1960, l’agressivité du régime vis-à-vis des marginaux pousse la contre-culture à se politiser. La music beat devient à la fois un phénomène culturel mais aussi un moyen de développer une pensée autonome et même une identité au sein de la jeunesse. La répression est bien sur sans pitié. En 1965 à Leipzig, des fans de music beat qui manifestaient pacifiquement pour la tenue d’un concert sont violemment chargés par la police est-allemande. S’ensuivent des affrontements particulièrement violents où groupes de beats, fans de football et dissidents s’allient contre les forces de l’ordre. On assiste à des chasses à l’homme, où les beats sont arrêtés, leurs cheveux coupés lors de cérémonies publiques. SI le mouvement impressionne les dissidents, qui sont quelques peu pris à contre-pied, la contre-culture s’y renforce et s’y politise.
En août 1968, dans les heures qui suivent l’intervention soviétique en Tchécoslovaquie, des affiches et des slogans apparaissent sur les murs des villes de RDA. "Russes, hors de Tchécoslovaquie !" peut on lire dans le quartier de Prenzlauer Berg. Des manifestations sont organisés, des tracts distribués. On assiste même à des actes de sabotage et à quelques mouvements de protestation dans certains usines ou dans certaines écoles et universités. Si le rejet du régime et de l’intervention soviétique dépasse les jeunes et les vieux, les intellectuels et les artistes, les ouvriers et les étudiants, il convient de rappeler que ces expressions ne sont pas seulement le fait des dissidents tout acquis à l’ouest. Si les pérégrinations juridiques de certains dissident présentables nous sont aujourd’hui biens connues, il ne reste rien des groupes d’étudiants et de jeunes rassemblés autour des Havermann à la Humbolt Universität ou des actions de ceux que le régime appellera les "asociaux" principalement actifs au sein de le contre-culture à travers des concerts de plus en plus politiques, de plus en surveillés par la police, ce qui donne lieu à de nombreux affrontements.
Le goupe de la Humbolt Universität distribuera des tracts sur plusieurs campus avant de pousser les autorités à réagir en barbouillant les murs de leurs universités de slogans à la gloire de la révolte tchécoslovaque. ou en suspendant des drapeaux tchécoslovaques à des balcons d’appartements. Ce groupe est important car il développe en parallèle avec l’allemagne de l’ouest et la Subversive Aktion, une réflexion sur la vie en communauté. A la recherche de nouveaux champs politiques, quelques membres de ce groupe fondent à Berlin Est, à la fin de l’année 1968, une commune sur le modèle de la Kommune 1. Les similarités avec l’ouest sont manifestent même si les liens entre les deux mouvances sont complexes et par forcément évidents. Leur but est, identique aux communards de l’ouest, la recherche d’une politisation à outrance de leur vie quotidienne. Ils se revendiquent eux aussi en rupture avec le mode de vie bourgeois et contre la répression psychologique. Ils développent une pensée qui met la musique, les drogues, la liberté sexuelle,la critique du sexisme ainsi que l’étude de textes marxistes ou de psychologie au centre d’une nouvelle vie "anti-autoritaire". La Kommune 1 de Berlin-Est parviendra à se maintenir jusqu’en 1973.




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