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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Lettre au camarade Antoine
Bulletin d’études révolutionnaires n°7 - Novembre 1946
Article mis en ligne le 2 décembre 2016
dernière modification le 15 mai 2018

par ArchivesAutonomies
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Le camarade Antoine, qui a quitté il y a quelques mois l’Union des Communistes Internationaliste, est en correspondance régulière avec les Communistes de Conseils des Etats-Unis. Il a bien voulu nous communiquer pour publication la lettre ci-dessous qui fournit une vue générale vivante du mouvement ouvrier aux Etats-Unis. Il a été nécessaire d’y apporter quelques corrections grammaticales.

Cher copain,

Il est bien regrettable que la situation momentanée ne me permette pas de t’écrire plus vite et maintenir une correspondance un peu plus vive. Mais malheureusement, j’ai trop de travail à faire pour mon "boss" et c’est comme ça que j’ai bien peu de temps à moi à la fin d’une journée qui me prend un minimum de trois heures et demi dans le train et le subway.

(...) Pour le moment, considérons un peu ce qui se passe ici. Mais avant de le faire, en voici un récit très bref, pour te donner une impression un peu plus exacte de ce qu’il y a ici dans le camp du bolchevisme, ainsi que dans le camp de gauche, communiste et libertaire. Touts ces groupements jouent naturellement un rôle minime et souvent bien ridicule ; depuis le commencement de la guerre, il n’a guère de quoi, même, se moquer. En tout cas, il y a quelques groupements d’origine spécifiquement américaine, et il y en a d’autres plus étroitement associés au soi-disant mouvement ouvrier d’aspect européen. Commençons par les premiers :

Il y a ici depuis la fin du siècle dernier, les "Single Taxers" qui basent toute leur argumentation sur les théories d’un nommé George qui dit que toute exploitation est causée par la propriété de la terre ; (ce n’est pas nouveau ; tu connais des gens comme cela en Europe, aussi). C’est donc un mouvement plus ou moins petit-bourgeois, avec des partisans en nombre limité, mais très actifs ; puis, il y a dans le camp dit ouvrier les "De-Leonistes" (De-Leonite) qui suivent l’interprétation de Marx fournie par un Américain du nom de De Léon qui vivait vers le commencement du siècle. C’était une tendance assez révolutionnaire dans la forme qui refusait d’accepter des compromis quelconque avec la bourgeoisie ; mais la phraséologie n’a pas changé et aujourd’hui, ce Socialist Labor Party ne consiste qu’en quelques milliers de gens, bien respectables et qui parlent comme peut-être Jules Guesde aurait parlé ce qui semble assez drôle et vraiment pas très différent du fanatique religieux qui déclame son mécontentement ; il y a quelques années, les jeunes se séparèrent de ce parti et formèrent un groupe plus révolutionnaires mais je ne pense pas qu’ils existent toujours, la plupart de ses membres ayant abandonné le "De-Leonisme" et se trouvant maintenant, s’ils sont toujours actifs, parmi les bolchevistes ou aussi parmi les IWW ou parmi les CC (Council Communist). Puis il y a toujours l’IWW dont je t’ai parlé avant ; mais voilà une affaire tragique parce que, là aussi, on continue généralement la politique d’avant la première guerre, et les membres représentent soit l’esprit (antimonopoliste) du prolétariat des pionniers de ce temps, soit la tradition syndicaliste de leur pays natal (Italie, Suède, Finlande, Hongrie). D’entre ces gens s’est formé de temps à autre, un groupement nouveau avec de nouvelles idées, mais sans grande importance. (Je me souvient du "One Big Union Club" de ce temps-là.)

Les autres groupes, tu les comprendras plus facilement, puisqu’ils sont plus européens en ce qui concerne l’aspect. Y voilà d’ailleurs les réformistes d’ancienne espèce, alliés à quelques syndicats comme les ILGWU (International Ladies Garment Workers Union, composé de travailleurs juifs ou italiens, qui soutinrent Roosevelt jusqu’au bout ; la Socialist Democratic Federation avec sa revue "New Leader" qui est relativement bien écrite, mais dont le contenu à côté du New Dealism pur et simple, se concentre sur les attaques contre la Russie du point de vue d’un Churchill. Mais l’influence de ce groupe est assez grande (Eleanor Roosevelt lui accorde un peu de sympathie) puisqu’il y a pas mal d’avocats et d’autres gens avec beaucoup de "relations" là-dedans. Après, voilà la Socialist Party de Norman Thomas et de ses adhérents, y compris toutes les vieilles femmes qui l’adorèrent à l’époque, il y a trente cinq ans, quand c’était un des orateurs les plus importants de l’Eglise méthodiste et qui le suivirent quand il se réforma en socialisme ; c’est aujourd’hui un parti bien petit, représentent des idées que l’on appellerait centriste, mais dont la vie continue s’explique plus ou moins par son passé illustre au temps de la dernière guerre impérialiste, quand il s’opposait férocement à la lutte impérialiste, et au temps d’Eugène V. Debs, ancien travailleur et syndicaliste d’un esprit vraiment radical au temps où le PS avait des centaines de milliers d’adhérents (1916-1920) et, enfin, à la réputation de Norman Thomas comme personnage honnête, éloquent et doué de ce que l’on considère ici, dans les cercles bourgeois, comme un idéaliste extraordinaire. Ce sont soit des gens traditionnellement socialistes (d’extraction européenne) ou quelques adhérents d’il y a vingt ans qui constituent la majorité de ses membres, plus un nombre bien réduit d’étudiants et d’autres jeunes gens et quelques travailleurs qui, aujourd’hui, constituent les adhérents pas très nombreux du Parti ; (par exemple, les De Leonites obtinrent plus de votes aux dernières élections présidentielles que le PS.) Pendant la guerre passée, le PS n’était pas, pour ainsi dire, pour la guerre, mais la politique officielle n’était pas exactement contre non plus. Une majorité des membres était opposés à la guerre ; il y avait pas mal d’objecteurs de conscience parmi eux dont quelques uns étaient — et sont toujours — emprisonnés ; mais en même temps une minorité d’influence importante, autour de Norman Thomas n’était pas aussi nettement opposée. C’est pour cela que la politique officielle du parti était essentiellement une lutte perpétuelle contre l’introduction du totalitarisme, contre des mesures anti-démocratiques des alliés, et contre l’étatisme. Et maintenant évidemment, c’est l’opposition contre l’inflation et la dénonciation de la politique impérialiste des EU, de l’URSS, etc. Bon ! Il n’y a pas grande nécessité de t’expliquer cela. A côté de ça, le PS a organisé comme tous les groupes, un service assez étendu pour envoyer des paquets en Europe.

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Puis, il y a évidemment les trotskystes avec les leaders venus du PS, mais la majorité des membres probablement du PS. Essentiellement, le groupe entier est bien insignifiant avec tout au plus 4 à 5.000 adhérents dans tous les groupes, peut-être moins de 3.000. Evidemment tu dois savoir que les trotskystes d’aujourd’hui sont organisés dans deux "Partis" officiels et puis un certain nombre de groupements comme par exemple les Oehleristes. Essentiellement, ceux qui se proclament les plus purs, les Cannonistes, avec leur leader absolu Cannon, ont suivi toutes les folies de la 4ème Internationale jusqu’au bout, y compris la défense de l’URSS (Etat travailliste dégénéré) et se proclament constamment les vrais et les seuls serviteurs de Trotsky le Grand. Leur groupe comprend un certain nombre de travailleurs à côté des intellectuels, et le fameux syndicat de chauffeurs de camions de Minneapolis où les trotskystes sont les bonzes a lieu des staliniens ou réformistes habituels. Puis, il y a les Schachtmanistes quelques intellectuels et des étudiants de bonne volonté. Pas grand’chose non plus. Puis des groupes comme les adhérents d’Oehler qui scissionnèrent il y a fort longtemps, quand les trotskystes entrèrent dans le PS. Il y a quelques autres groupes petits, bolcheviks d gauche, les sectes que tu connais bien.

Parmi les non-bolchevistes il y a toutes sortes de conglomérats pas très actifs aujourd’hui qui se rencontrent parfois si "Politics" organise un meeting.

La majorité d’entre eux ce sont d’"anciens combattants" du mouvement dit ouvrier, un peu dégoûtés et pas très certains de leurs buts, un groupement d’intellectuels largement non-organisés. Puis, il y a des anarchistes qui sont très actifs mais en partie vraiment ridicules puisque leurs idées n’ont pas changé beaucoup non plus. Ils publient "Why" que tu as vu je crois. Et il y a les syndicalistes révolutionnaires qui en ce moment publient "Direct Action", et puis ce qui reste en ce moment des Communistes de Conseils ici ; parmi eux pas d’activité non plus, mais des contacts bien personnels et maintenant pour la première fois depuis des années, des discussions où l’on discute des idées nouvelles et essaye de trouver quelque sorte d’amplification du marxisme ou des théories nouvelles qui permettront de comprendre un peu mieux le monde du totalitarisme.

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Enfin n’oublions pas les groupes du tout-petit-bourgeois et des bonzes syndicalistes, de quelques travailleurs de langue étrangère avec leurs sections, mais certainement pas aujourd’hui un parti ouvrier composé de membres ouvriers. Et voilà qui est fait !

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La majorité de ces groupements — particulièrement les bolchevistes de toutes tendances — ont leur connexion avec une partie mignonne de la bureaucratie Washingtonienne ; le PC évidemment en a plus ; ce qui fait que son importance est un peu plus grande que le nombre ne le signifie ; mais, essentiellement, ce qui importe le plus à Washington quant à la représentation ouvrière, ce sont les représentants des syndicats, le PAC, etc.

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Quant à la situation actuelle, tout semble bien confus, d’où paraît au plus clair que faute ou manque d’une politique gouvernementale plus forte — le pouvoir toujours très étendu des monopolistes. Les grèves ont été réprimées ; en ce moment les pertes de la classe ouvrière en ce qui concerne le coût de la vie sont énormes de sorte que toutes les améliorations des derniers mois ont été éliminées entièrement, - sinon le standard de vie de la famille ouvrière moyenne n’a pas effectivement été réduit bien plus. Au moment où l’OPA fut éliminée, les prix des denrées alimentaires montèrent d’une manière formidable ; mais au bout de quelques jours se montrèrent des signes, pour la première fois depuis le commencement de la guerre, qu’il n’était pas possible de vendre quoi que ce soit à quelque prix que ce soit, et depuis ce temps-là, la situation s’est stabilisée. La réintroduction récente de l’OPA n’est rien de plus qu’un comédie, puisque l’autorité la plus puissante sera un "De contrôle (...illisible ou incompréhensible ??) qui décidera quelle marchandise seront décontrôlées, cela veut dire mise en état d’être vendues sans contrôle quelconque, et probablement tout ce qui restera dans quelques mois ce seront les loisirs qui resteront sous le contrôle de l’agence. C’est donc vraiment un retour fort rapide à l’économie "libre", telle que je ne l’avais plus imaginée même ici. Les conséquences à l’étranger — tu le vois bien (le change du dollar, blé, etc.). Plus que jamais, je suis donc convaincu qu’en quelques années nous serons en pleine voie vers une crise nouvelle et plus terrible encore, si la possibilité existe en vérité d’utiliser l’énergie atomique industriellement, puisque le capitalisme américain certainement y résistera autant que possible. Mais ce qui t’intéresse plus, ce sont les événements et pas l’interprétation.

Et bien, les grèves ne sont plus nombreuses en ce moment et tout semble monter l’orientation vers la soi-disant "normalisation". De l’autre côté, quant aux prix, et aussi quant à la production de moyens de consommation, cela ne va pas très vite. Faute, principalement, de manières premières, ce qui semble une affaire bien intéressante. Les accusations contre l’US Stell, par exemple, se font entendre une fois de plus, disant que ces messieurs-là ne veulent pas produire tout ce qu’il faut. Pendant la guerre, quoiqu’on ait dit la même chose au commencement, ces rumeurs furent supprimées bien vite quoique tout le monde sût que l’industrie lourde ne faisait rien pour agrandir la capacité productive. De même maintenant, et justement aujourd’hui, M. Henry Kaiser, dont je te parlerai plus tard, vient de dénoncer la politique de US Dtell, Kaiser, qui veut produire des autos, ne reçoit pas de matériel du tout, et on lui fait de grandes difficultés en ce qui concerne le fer nécessaire. Pendant la guerre, quand c’était le producteur de bateaux on masse le plus efficient, il demanda la permission au gouvernement de bâtir quelques aciéries en Californie, on le lui rendit extrêmement difficile, même en ce temps-là ; finalement le gouvernement lui prêta de l’argent, mais pas trop. Par contre, en même temps, l’US Steel voulait installer des aciéries nouvelles dans l’Etat de l’Utah, et sans difficultés aucunes le gouvernement les a édifiées et les a louées à l’US Steel pour les gérer (management) en temps de guerre — c’étaient les aciéries les plus modernes du monde -, avec permission de les acheter après la guerre pour un prix fort réduit. Maintenant, l’US Steel les achète à 20 % du coût d’il y a 4 ou 5 ans, pendant qu’en Californie Kaiser doit rembourser au gouvernement 100 % du capital prêté. Par contre kaiser maintient toujours le fonctionnement de l’aciérie californienne, tandis que celle de l’Utah est fermée malgré le manque d’acier en ce moment.

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A vrai dire, ce n’est pas la sympathie pour Kaiser qui me fait écrie tout cela, mais plutôt le fait que l’US Steel représente une organisation du capitalisme monopoliste à son maximum de pureté (quoiqu’il y a ait d’autres compagnies, mais toutes beaucoup moins puissantes, et complètement dépendantes de la politique générale de l’US Steel) tandis que Kaiser est strictement l’homme d’un capitalisme étroitement lié à l’Etat, au fonctionnement bureaucratique de l’ordre nouveau, ou disons de l’ordre d’aspect différent. En tout cas, il savait se servir mieux que tout autre des commandes de l’économie de guerre pour s’édifier un empire à lui-même bien entendu, où il produisait des bateaux "Liberty" et "Victory" et quelques autres, des avions, de la machinerie, et toute sorte de construction générale du type du Grand Coulee Dam (où il avait obtenu ses premiers contrats d’importance avec le gouvernement bien avant la guerre. Son expérience générale, largement acquise dans l’industrie de construction (ciment et fer), l’aida plus tard de beaucoup de façons ; 1) il connaissait l’attitude de l’administrateur gouvernemental puisque sa compagnie avait toujours travaillé pour des Etats ou le gouvernement fédéral ; 2) il avait développé à Grand Coulee un système neuf d’assemblage et de production standardisée en dehors de l’usine propre, un système basé sur l’assemblage préalable d’une grande partie de l’objet de construction, ce qui nécessitait un minimum de ce travail manuel dont l’industrie du bâtiment a la particularité de faire un si grand usage. Cette expérience l’aida énormément quand il commença à fabriquer ses bateaux, complètement ignorant des méthodes courantes dans l’industrie jusqu’alors (encore une fois, US Steel était le constructeur principal de bateaux avant la venue de Kaiser) ; 3) Kaiser s’identifiait entièrement avec la politique de Roosevelt et le New Deal et avec les intérêts de l’Etat ; 4) à cause de cette attitude, il n’avait presqu’aucune difficulté avec les syndicats dont la politique était la même que celle de Kaiser. Mais maintenant, les pouvoirs monopolistes s’exercent plus librement encore une fois et Kaiser se trouve dans une situation moins favorable.

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Evidemment, graduellement le temps approche où le Sénat et la Maison Blanche ouvriront une enquête sur quelques cas très "graves" de corruption et de profits incroyables de la part des industriels. Il ne fut de même après la dernière guerre, avec l’enquête la plus étendue en 1932-33 sur les "marchandes de munitions" et maintenant on a découvert quelque chose, mais en vérité tout le monde le savait tout le temps et cela a l’air un peu ridicule.

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Les commentaires sur la situation en France, si tristes qu’ils soient, me paraissent bien instructifs. Ce qu’il y a de nouveau, c’est l’avance graduelle du cynisme chez vous aussi. Je t’en ai parlé avant... De même qu’ici, il y a pas mal de copains qui voudraient bien discuter des idées nouvelles, mais un isolement véritablement effrayant empêche tout, isolement largement aidé par le scepticisme.

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En politique étrangère, je pense qu’on peut voir un peu plus loin déjà. A mon avis, les fascistes du Kremlin ont définitivement abandonné l’idée de se servir du PC français, parti le mieux organisé et le plus large, pour s’assurer la domination de l’Europe occidentale. (Cela veut dire, depuis les élections récentes ; voir particulièrement la politique déclarée en Allemagne), et, une fois de plus, l’Allemagne devient l’espoir principal, pour la Russie, d’exercer son contrôle décisif en Europe, mais cette fois-ci, avec beaucoup de raisons. Donc l’attitude de plus en plus "combative" des PC partout en dehors de la zone de domination russe immédiate, avec l’intention de créer au moins une 5ème colonne, à défaut d’un parti de gouvernement à contrôle complet.

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Quelques mots sur les journaux que tu m’as envoyés. L’opposition de gauche, particulièrement le syndicalisme de Monatte, nous montre bien la situation des anciens. Et ne parlons pas des trotskystes, parce que leur stalinisme est de l’ordre le plus pur du monde (slogans, gouvernement PC-SFIO-CGT, etc.) Malheureusement, les anarchistes ne disent pas beaucoup non plus. En ce qui concerne "Diogène" et les autres journaux de niveau un peu plus élevé, rien de nouveau et l’impression me semble la plus évidente que voilà les derniers vestiges d’une société bourgeoise d’avant-guerre, à l’exception de l’existentialisme qui nous montre bien clairement le processus transitoire de l’intellectuel vers le parti totalitaire et l’Etat (et même Bettelheim dans son article dans la Revue Internationale que tu m’avais envoyée il y a quelques mois en a quelque chose.) Le plus intéressant, c’étaient pour moi les quelques lignes de Monatte où il déplore la tendance parmi le prolétariat d’abandonner l’idéologie dite prolétarienne : "Le mépris du travail manuel, ce travail réservé aux seuls imbéciles, était un article du catéchisme bourgeois. Va-t-il entrer dans la pensée des ouvriers eux-mêmes ? La grande préoccupation va-t-elle être de ne plus rester ouvrier ? Alors comment bâtirons-nous une société socialiste ?... Ce qu’il importe de revaloriser,... c’est le travail manuel, le travail réel".

Bien drôlement, ce sont les nazis qui pourraient écrire ça aussi. Et drôlement aussi, c’est un fétichisme du mouvement "ouvrier" qui se montrer ici si bien. Evidemment, c’est le débrouillardisme qui est le plus effectif aujourd’hui, à nous d’en tirer des conséquences sur la société socialiste dont la tâche principale devrait être de réduire le travail humain au minimum et maintenant une production maximum.

Je te prie de m’écrire un peu plus sur la situation belge et hollandaise.

Pour en dire un peu plus, Spartacus me paraissait entièrement impossible. Ce n’est même plus le réformisme de Bernstein, mais le nationalisme et chauvinisme pur et simple [1].

Le 1er août 1946

Notes :

[1Il s’agit de Spartacus de Lefeuvre.




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