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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Résolution de la Ligue des Communistes internationalistes sur la IV Internationale
{Bilan} n°3 - Janvier 1934
Article mis en ligne le 17 décembre 2016
dernière modification le 20 novembre 2016

par ArchivesAutonomies
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MOUVEMENT COMMUNISTE INTERNATIONAL

Résolution de la Ligue sur la nouvelle orientation de l’opposition

La fraction a établi, sur la base d’une lettre de la C.E. qui a été publiée dans le bulletin intérieur de la Ligue des Communistes Internationalistes de Belgique, une collaboration qui ne se base évidemment pas sur une identité de positions politiques. Mais la Ligue n’a pas repris à son compte les condamnations de principe (!) dont la fraction a été l’objet au sein de l’Opposition de gauche et a en outre déclaré vouloir procéder à l’élaboration d’une plateforme politique, sur la base des principes communistes sanctionnés par la révolution russe et la fondation de l’Internationale Communiste. C’est dans de telles conditions que la collaboration continue entre la Ligue et notre fraction. Nous publions la résolution de la Ligue au sujet de la IVe Internationale et qui ne concorde pas - en plusieurs points - avec la résolution de la C.E. de la fraction sur l’Internationale 2 et 3/4, publiée dans le n°1 de Bilan. Nous espérons publier bientôt la résolution qu’adoptera la Ligue au sujet de notre position sur le tournant adopté par l’Opposition de gauche. C’est seulement après qu’il sera possible d’instituer une polémique susceptible de donner des résultats concrets pour le mouvement communiste.

I Par sa participation à Paris à la conférence des partis socialistes n’adhérant à aucune Internationale, apr le caractère des résolutions et déclarations qu’elle y a défendues, l’Opposition Communiste de Gauche Internationale vient de marquer un tournant important dans sa politique. Sa position en faveur de la création d’une nouvelle Internationale et de partis communistes indépendants constitue un progrès sérieux par rapport aux positions défendues précédemment. Le mot d’ordre de la constitution d’une nouvelle Internationale trouve sa justification dans l’effondrement complet de la IIIe Internationale [1] au cours de la défaite du prolétariat allemand. Cet écroulement marque une carence plus grande et plus complète que celles enregistrées au cours d’autres circonstances historiques lorsque le prolétariat mondial attendait de l’I.C. des mots d’ordre et des actes décisifs.
Aussi, si jusque maintenant la Ligue des Communistes Internationalistes avait préconisé l’organisation des communistes oppositionnels dans des organisations indépendantes travaillant à l’échelle nationale, il est manifeste qu’après la catastrophe un pas de plus doit être fait et qu’il faut proclamer maintenant ouvertement la nécessité de la création d’une IVe Internationale.

II La création d’une Internationale Révolutionnaire du prolétariat ne peut se faire à n’importe quel moment. Pour former une telle organisation, il ne suffit pas que les anciennes formations qui prétendaient remplir cette fonction aient démontré, par leur faillite, qu’elles étaient incapables de mener à terme la lutte pour la Révolution. Il faut encore que les principes sur lesquels prétend se baser cette Internationale aient trouvé, dans l’action ouvrière, tant à l’échelle nationale qu’internationale, certains points d’appui. Toute tentative de former une organisation internationale tant que des fractions importantes ne se soient soudées aux principes de cet organisme, est nécessairement vouée à un échec certain. La nouvelle Internationale Communiste qu’il s’agit de créer est conditionnée par la renaissance du communisme dans les prolériats d’au moins un des principaux pays industriels.
Il ne s’agit donc pas, pour l’instant, de proclamer la IVe Internationale, mais de commencer le travail de clarification idéologique et de propagande communiste indispensable pour préparer sa création dans d’autres circonstances.
La défaite douloureuse du prolétariat allemand, la situation en Autriche, donnent à ce travail un caractère d’urgence. L’écrasement du prolétariat dans ces pays a augmenté la force de la réaction capitaliste dans le monde entier et il importe donc de ne pas perdre un seul instant pour donner au prolétariat l’arme indispensable à ses victoires. D’autre part la faillite de la IIe et de la IIIe Internationale ébranle la confiance que les travailleurs avaient mise en elles.
Il peut sembler que ces circonstances rendent superflue la remise de la création de la nouvelle Internationale jusqu’à ce que la classe ouvrière y soit réellement préparée. Ce point de vue là est faux. Toute action prématurée ferait plus de tort que de bien. Un nouvel échec après ceux déjà si nombreux enregistrés dans les années passées, ruinerait pour longtemps l’idée de l’action internationale révolutionnaire du prolétariat.

III La Ligue des Communistes Internationalistes souscrit à la déclaration de l’Opposition de Gauche à la Conférence de Paris (Vérité, n°170) qui dit "que l’unité de la classe ouvrière ne peut être atteinte par une mixture des conceptions réformistes et révolutionnaires". La manière qui fut celle de la Conférence de Paris peut précisément conduire à une mixture des conceptions réformistes et révolutionnaires. Il est bien entendu que la Gauche Communiste non seulement ne peut se refuser, mais doit encore prendre l’initiative d’une confrontation approfondie de son programme avec les formations venues de la IIe Internationale ou des groupements socialistes qui, depuis longtemps, vivent en marge d’elle. Mais d’un autre côté, il est impossible de voir la Gauche Communiste continuer à ignorer les oppositions communistes qui, au cours des dix dernières années, se sont détachées de l’I.C.
Bon nombre d’entre elles ont participé à la création de l’Opposition Internationale de Gauche. Avant de chercher à s’unir à des socialistes de gauche, l’Opposition Internationale de Gauche doit faire un effort pour unifier ces organisations. La constitution d’une Opposition Internationale unifiée serait un progrès sérieux et formerait un appoint considérable et tout à fait heureux pour entamer une confrontation d’idées avec les groupements venant de la Social-démocratie.
Il va sans dire que même limité aux cadres oppositionnels, le regroupement ne peut pas aboutir à une confusion des principes ou des liaisons sans principes. Pour ne citer qu’un exemple, il semble bien difficile d’arriver à un accord avec les brandlériens aussi longtemps qu’ils tiennent à leurs idées fausses sur la non-culpabilité du Parti Communiste Russe dans l’effondrement de l’Internationale.
N’empêche qu’une confrontation générale et systématique des programmes des différents groupes oppositionnels doit se faire. En France, aucun des groupes communistes ne pourrait être exclu de cette confrontation. A cet effet, la Gauche Communiste Internationale devrait adresser aux groupements adhérant à l’ancienne Communauté de Travail de Berlin, au Cercle Communiste démocratique, à la Fédération Indépendante de l’Est, un appel, ainsi qu’aux autres groupements de ce genre. Une revue internationale de discussion devrait être crée, englobant des représentants de ces organisations. Cette discussion servirait de préparation à la réunion d’un Congrès international des groupements communistes.

IV En Belgique, l’obstacle à la réunion des deux tronçons du communisme de gauche se trouve être levé par la nouvelle orientation de l’Opposition Internationale de Gauche. La fusion entre la section de l’Opposition et la Ligue peut être opérée immédiatement si un accord intervient pour considérer, comme première tâche de la nouvelle organisation unifiée, l’élaboration d’un programme résumant les principes généraux du communisme international et traçant les directives principales pour l’action révolutionnaire dans le pays.
Comme seule limite à la discussion qui précédera l’élaboration de ce programme est posée celle de rester dans les cadres des enseignements du communisme international, tel qu’il résulte de la révolution russe d’octobre et concrétisé par la partie des travaux des quatre premiers Congrès de l’I.C. qui se rapportent aux principes généraux, sans faire une obligation de l’acceptation des règles tactiques qui y furent élaborées.
La même restriction doit être faite pour les travaux de l’Opposition Communiste de Gauche dont la partie principielle doit faire partie intégrante du capital idéologique du communisme rénové, alors que la partie tactique ne peut être considérée comme obligatoire.

V La levée de la part de l’Opposition de Gauche à l’obstacle à la fusion ne signifie pas qu’il n’y a plus de divergences entre les deux organisations. Ces divergences subsistent et s’expriment le plus nettement à l’heure actuelle dans la façon différente d’envisager la voie à suivre pour arriver à la constitution d’une véritable Internationale révolutionnaire. Ces divergences doivent trouver leur solution dans une confrontation permanente de la théorie et de l’action.
Afin de réaliser cette confrontation et d’arriver à sa solution définitive dans un sens ou dans l’autre, il sera garanti aux diverses tendances le droit d’expression le plus complet, y compris celui pour les camarades de ces tendances de se réunir pour présenter les documents qu’ils croiraient nécessaire de devoir présenter.

(Adopté à la réunion nationale des groupes de la Ligue des Communistes Internationalistes, le 24 septembre 1933)


Un révolutionnaire mou, hésitant dans les questions théoriques, borné dans son horizon, justifiant son inertie par la spontanéité du mouvement de masse, plus semblable à un secrétaire de trade-union qu’à un tribun populaire, sans un plan hardi et de grande envergure qui force le respect de ses adversaires, un révolutionnaire inexpérimenté et maladroit dans son métier (la lutte contre la police politique) est-ce là un révolutionnaire ? Non, ce n’est qu’un misérable et grossier manouvrier. Que l’on ne s’offense pas de notre épithète en ce qui concerne l’impréparation, je me l’applique à moi-même le premier. J’ai travaillé dans un cercle qui s’assignait de vastes tâches et, comme tous mes camarades, je souffrais de sentir que nous n’étions que de grossiers manouvriers à ce moment historique où une organisation de révolutionnaires eût suffit pour retourner en Russie.

Lénine (Que Faire ?

Notes :

[1C’est "IIe Internationale" qui est imprimé dans l’original de la revue, mais il s’agit de toute évidence d’une coquille dans ce contexte.




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