Bandeau
Fragments d’Histoire de la gauche radicale
Slogan du site
Descriptif du site
Le cas Calligaris
{Bilan} n°4 - Février 1934
Article mis en ligne le 17 décembre 2016
dernière modification le 20 novembre 2016

par ArchivesAutonomies
logo imprimer

La C.E. De la fraction de gauche du P.C.I. A publié dans Prometeo (n°99 du 4-2-1934) un communiqué dont nous reproduisons les passages suivants :
"Les centristes écrivent deux affirmations diamétralement opposées, dans le même paragraphe d’un communiqué contenant la décision d’exclusion du parti du camarade Calligaris. Ils disent : “Ce même Calligaris ne veut pas se décider à quitter l’U.R.S.S. Il effectue des gestes objectivement provocateurs, mais ne réussit pas à trouver le chemin pour retourner d’où il est venu”. Les prolétaires doivent savoir que ceux qui empêchent le camarade Calligaris de trouver le chemin du retour, sont justement les centristes, que ces derniers peuvent très bien affirmer : “tu es libre de sortir”, puisqu’ils savent d’avance que “tu es dans l’impossibilité de sortir”. Cela est la réalité : Calligaris, si le centrisme ne lui donne pas la possibilité de sortir, devrait donc commettre des actes illégaux pour pouvoir partir, c’est-à-dire devrait fournir, à ceux qui n’attendent peut être qu’une bonne occasion, des motifs pour le frapper au point de vue juridique aussi.
L’équivoque doit cesser : ceux qui crurent pouvoir acheter la conscience révolutionnaire de Calligaris et qui lui avaient donné les moyens techniques et financiers pour arriver en Russie, doivent lui donner les moyens techniques pour sortir de la Russie. Autrement, la phrase “tu es libre de partir” n’aura que la même valeur que la phrase du sbire fasciste qui dit au prolétaire : “tu es libre de partir d’Italie, mais je te refuse le passeport”. Le prolétaire sait ce qu’il risque en s’évadant d’Italie, sait pouvoir compter la sympathie du prolétariat international. Calligaris, à qui le centrisme propose l’évasion de la Russie, doit-il savoir d’avance que, dans tous les pays, le centrisme emploiera toute la presse, les rapports diplomatiques de l’U.R.S.S. pour frapper le prolétaire qui a osé s’évader du pays du "socialisme" ? Enfin, sans l’appui du prolétariat russe, contrôlé et trompé par le centrisme, le camarade Calligaris ne peut même pas se poser le problème d’une évasion.
Le consulat italien en Russie, d’ailleurs, comme dans les autres pays ne considère jamais sa position envers les Italiens en fonction des intérêts du ressortissant, mais uniquement en fonction des intérêts de son impérialisme. Cela est parfaitement connu du parti et de l’État contrôlés par le centrisme. Ainsi, demain, le camarade Calligaris se trouverait pouvoir utiliser son passeport italien à la seule condition que le gouvernement soviétique donne ordre à la frontière de reconnaître la validité de ce passeport. L’intervention du gouvernement soviétique est donc indispensable, mais puisque - ainsi que les centristes l’avouent - Calligaris "ne parvient pas à trouver le chemin pour s’en aller", le gouvernement soviétique lui validera le passeport à la seule condition que cela réponde aux intérêts de la politique centriste. Or, quels sont les intérêts du centrisme dans ce cas particulier ? Ceux de prouver que ceux qui ne sont pas d’accord avec lui, ce sont des contre-révolutionnaires et, en cela, le gouvernement soviétique peut compter sur l’appui total de l’impérialisme italien. C’est-à-dire l’accord entre le consulat italien et gouvernement soviétique (accord indispensable - nous le répétons - autrement le passeport n’a aucune valeur à la frontière) pourra se faire uniquement à la condition que Calligaris, qui n’a pas voulu vendre sa conscience révolutionnaire au centrisme, fasse cet acte de cession au consulat italien, devienne un instrument à la disposition de la police italienne. Et, dans cette hypothèse, le centrisme aurait partie gagnée en présentant le "prétendu" contre-révolutionnaire comme un contre-révolutionnaire réel et Calligaris, fort de l’appui de l’impérialisme italien (pour le centrisme il n’y a que les forces impérialistes qui comptent), pourrait conquérir la liberté de trahir sa classe".
Calligaris, après quinze de milice dans le parti, après avoir enduré les persécutions du fascisme, qui ont gravement atteint sa santé, n’a pas encore obtenu la liberté de sortir de Russie.


Les travailleurs n’espéraient pas des miracles de la Commune. Ils n’ont pas d’utopies toutes prêtes à introduire par décret du peuple. Ils savent bien que pour réaliser leur propre émancipation, et en même temps la forme plus noble vers laquelle la société actuelle se dirige par ses propres forces économiques, ils auront à traverser de longues luttes et toute une série de progrès historiques, qui transformeront les circonstances et les hommes. Ils n’ont pas à réaliser un idéal, mais à dégager les éléments de la nouvelle société que la vieille société bourgeoise elle-même porte en ses flancs. Dans la conscience pleine et entière de leur mission historique, et avec la résolution héroïque de l’accomplir, les travailleurs peuvent se rire des grossières invectives des gens de plume aux gages des gens du monde, et de la protection pédantesque des bienveillants bourgeois doctrinaires, débitant leurs banalités d’ignorants et leurs billevesées de sectaires sur un ton dogmatique, comme s’ils étaient les oracles infaillibles de la science.

MARX




Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.53