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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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1er Mai 1934
{Bilan} n°6 - Avril 1934
Article mis en ligne le 17 décembre 2016
dernière modification le 25 novembre 2016

par ArchivesAutonomies
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Guerre ou révolution : voilà les aboutissants inéluctables des situations comprises dans l’époque où nous vivons. En 1914, la trahison de l’Internationale Socialiste - dernière étape de la politique réformiste - permit au capitalisme de déclencher la guerre, d’appeler les prolétariats des différents pays à s’entr’égorger, alors que l’éclosion des contradictions du régime bourgeois posait la condition pour l’attaque du prolétariat international pour la victoire révolutionnaire.
En 1917, en Russie, où existait un parti - le parti bolchevik fondé et construit au prix de longues et profondes luttes théoriques et politiques - qui s’était préparé à l’héritage du régime capitalisme, le prolétariat sut trouver son guide et c’est la victoire d’Octobre 1917 qui signa la fin de la boucherie mondiale. Les prolétaires de tous les pays, dans les tranchées, dans les armées, reconnurent, dans l’insurrection des ouvriers russes la victoire de leur classe, le chemin qu’ils devaient emprunter et en Allemagne, Autriche d’abord, dans tous les autres pays ensuite, brisèrent le lien de sang avec l’ennemi capitaliste imposant ainsi la cessation de la guerre.
Partout ailleurs qu’en Russie, faute d’un parti communiste qui ne pouvait être improvisé subitement, faute d’un guide, les mouvements des masses en révolte devaient se terminer par la série de défaites qui pèsent sur la situation actuelle et qui se manifestent au travers des prisons remplies de prolétaires, des assassinats en masse, du triomphe du fascisme, de la démocratie des pleins pouvoirs, de la faim de millions de chômeurs, de la baisse des salaires, de la destruction de toutes les conquêtes qui étaient le résultat de cinquante années de luttes sanglantes contre l’oppression capitaliste. Les victoires du capitalisme : autant de victoires du régime de la guerre contre le régime du prolétariat, seule classe pouvant s’opposer et détruire la société bourgeoise.
La chaîne des défaites de l’après-guerre nous a conduits à la situation actuelle où le spectre de la guerre se profile à nouveau. Seule, une vision réelle de la terrible situation où nous vivons est de nature à faire des manifestations de ce Premier Mai, une occasion pour la reprise du mouvement prolétarien vers la révolution, unique alternative possible pouvant remplacer l’autre issue des situations : la guerre.

PROLÉTAIRES !

L’écrasement du prolétariat allemand devait emporter dans le tourbillon l’Internationale Communiste, l’organisme que le prolétariat mondial avait bâti pour en faire le guide pour la victoire dans le monde entier. Récemment, en Autriche, des centaines et des milliers d’ouvriers ont préféré la lutte et la mort à la désertion, et, ripostant par les armes aux canons et aux avions, ont sonné en vain l’alarme aux ouvriers des autres pays : L’Internationale n’existait plus en tant qu’organisme prolétarien, elle a abandonné les ouvriers autrichiens, elle a permis que la grève général en France reste disjointe de la révolution simultané de Vienne, de Linz, de Graz.
La Russie, l’ État prolétarien qui avait été fondé en 1917 pour concentrer la lutte de la classe ouvrière mondiale, a inauguré la politique contre-révolutionnaire du « socialisme dans un seul pays », après l’expulsion de la gauche marxiste en 1927. Le réformisme d’avant-guerre prépara la trahison de 1914 en appelant le prolétariat à pénétrer graduellement au sein de l’état capitaliste. Le Centrisme, avec la politique du socialisme dans un seul pays, prépare une nouvelle trahison, en appelant le prolétariat à assister à la pénétration de l’État prolétarien au sein du système capitaliste mondial.
Ce n’est plus sur les luttes du prolétariat que le centrisme s’appuiera pour le salut de l’État ouvrier, mais c’est au capitalisme qu’on fera appel pour assurer les succès de l’industrialisation de l’U.R.S.S.
Indissolublement liés entre eux, procéderont les deux éléments centraux des situations actuelles : l’écrasement du prolétariat de chaque pays est la contrepartie des succès des plans quinquennaux et le capitalisme gagne progressivement à sa cause l’État ouvrier qui célèbrera ses victoires industrielles au même moment où le prolétariat de tous les pays est conduit, par le centrisme, et sous la direction des comités fantômes d’Amsterdam, de Pleyel, du 1er Août, etc., en dehors des mouvements de classe, et sur la ligne des revers et des catastrophes.
Il en était tout autrement tant que l’État ouvrier restait fidèle à la politique révolutionnaire, lorsque le seul appui qu’il recherchait était représenté par les luttes du prolétariat de tous les pays, et quand ses victoires n’étaient que les victoires des ouvriers du monde entier.

PROLÉTAIRES !

La crise économique, qui a nouvellement dévasté l’appareil de production du capitalisme, n’engendre nullement la libération de la classe ouvrière. Cette crise représentera une condition pour la révolution si les mouvements de révolte des masses trouvent à leur tête un parti capable de les conduire à la victoire. Dans le cas contraire la crise, qui ne peut trouver de solution dans un impossible essor du capitalisme agonisant, évoluera vers la catastrophe d’une nouvelle guerre. Et dans cette nouvelle boucherie, le prolétariat ne pourra se retrouver autour d’aucune des « patries » en guerre, ni dans la démocratie, ni dans le fascisme, ni dans le soviétisme, mais par une lutte simultanée contre la patrie fasciste, la patrie démocratique, la patrie soviétique, cette dernière s’accouplant avec la première ou la deuxième, et cela suivant les nécessités pour l’État russe de choisir l’une ou l’autre des constellations impérialistes.
Seule, une lutte, sur ces positions pourra permettre de transformer la nouvelle guerre dans la victoire de la révolution mondiale.

PROLÉTAIRES !

Bien qu’a cause des défaites, de la mort de l’Internationale, de la politique contre-révolutionnaire de l’État ouvrier, les chances d’une victoire ouvrière soient énormément réduites, c’est pourtant uniquement de puissants mouvements que peut résulter la reprise du cours qui nous évitera la guerre. Seulement ces mouvements, leur force, leur cohésion, peuvent accélérer le travail de reconstruction des partis du prolétariat que préparent les fractions de gauche des partis communistes.
En ce Premier Mai, où le capitalisme mondial peut fêter son orgie sur les débris des organismes de classe, sur la défiguration qui s’est effectuée dans l’État ouvrier, où la bourgeoisie du monde entier escompte de pouvoir souder les masses à son char pour la nouvelle guerre, les manifestations prolétariennes retireront leur signification du caractère terrible de la situation.
L’ampleur des manifestations marquera la volonté de se regrouper autour des organisations unitaires, les syndicats, pour livrer les batailles de classe, pour défendre les conquêtes ouvrières car c’est en partant de cette position qu’il est possible de rejoindre le chemin de la révolution contre lequel se trouvent, aujourd’hui comme hier, toutes forces du capitalisme, toutes les formes de sa domination.

VIVE LE PREMIER MAI !
VIVE LE FRONT UNIQUE DES TRAVAILLEURS POUR LA DÉFENSE DE LEURS CONQUÊTES ET SUR LA BASE DE LEURS SYNDICATS !
A BAS LE CAPITALISME !
VIVE LA RÉVOLUTION MONDIALE !




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