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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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La bourgeoisie française expulse Trotsky
{Bilan} n°6 - Avril 1934
Article mis en ligne le 17 décembre 2016
dernière modification le 25 novembre 2016

par ArchivesAutonomies
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La racaille journalistique de la France démocratique a mené, ces derniers jours, une campagne de presse effrénée et d’une bassesse répugnante contre le camarade Trotsky. Le gouvernement d’Union Nationale, de Marquet à Tardieu, a compris par là que pour la bourgeoisie Française la présence de celui qui fut un des artisans de la révolution russe était indésirable : elle vient de l’expulser.
Depuis son expulsion de Russie par le centrisme, celui qui fut le compagnon de lutte de Lénine a été en butte aux persécutions continuelles de la bourgeoisie internationale. Et malgré cela, avec un courage et une énergie de fer, Trotsky a maintenu haut et ferme le drapeau de la lutte révolutionnaire face à la meute réactionnaire et centriste l’assaillant sans répit.
Il faut, aujourd’hui, que la bourgeoisie le frappe à nouveau, mette en évidence les responsabilités du centrisme, de la bureaucratie soviétique qui, non seulement l’a éloigné des ouvriers russes, l’a éloigné des conquêtes prolétariennes, dont il fut un des plus précieux artisans, mais a aussi participé au concert capitaliste pour l’expulser de tous les pays ? Que l’on se souvienne de l’attitude criminelle de l’ « Humanité », insultant lâchement Trotsky, appelant les ouvriers à le chasser. Que l’on se souvienne aussi des pressions diplomatiques de l’U.R.S.S, pour empêcher Trotsky de se fixer au Danemark ou dans un autre pays scandinave. Le centrisme comprend parfaitement que c’est seulement par la violence, les privations, les menaces, qu’il lui est possible de réduire au silence les marxistes qui s’obstinent à défendre le drapeau de l’internationalisme prolétarien. Le jour de la reddition des comptes le prolétariat international n’oubliera pas les persécutions que le centrisme fait et fit subir aux militants révolutionnaires. Et, pour Trotsky et pour tous les autres, il exigera des comptes. Mais aujourd’hui, le centrisme triomphe.
Trostky est expulsé de partout et pour lui le monde est « une planète sans visa ». Les chiennes de l’enfer capitaliste aboient sans répit : « Le traître de Brest-Litovsk » ou « le dictateur rouge les mains pleines de sang » : tels sont les cris pour Français « moyen » qu’elles déversent inlassablement. Et l’écho se répercute ailleurs, où les cris reprennent plus frénétiques contre Trotsky. Mais, précisément, le petit bourgeois qui se délecte à la lecture des « crimes atroces » commis par Trotsky dans sa villa de Ker Monique devrait savoir que c’est grâce au « traître de Brest-Litovsk » et au prolétariat russe victorieux que la boucherie capitaliste de 1914-18 a pris fin. La révolution russe a hâté la désagrégation des armées belligérantes et obligé les États capitalistes à terminer leur carnage d’ouvriers et de paysans. Si la bourgeoisie est pleinement justifiée dans son action contre les révolutionnaires, c’est vraiment une abomination que les ouvriers communistes puissent tolérer l’attitude du centrisme envers Trotsky. Que cette attitude soit faite d’un silence hypocrite ou d’injures hystériques, peu importe ; le fait est que le centrisme approuve la campagne capitaliste contre Trotsky après l’avoir expulsé de l’Union Soviétique. Contre cela, les ouvriers du parti doivent violemment s’élever. Il ne faut pas que l’expulsion de Trotsky soit accompagnée de la « protestation » verbale de la sociale-démocratie contre l’atteinte au « Droit d’Asile » ! C’est aux révolutionnaires de prendre sa défense. Et nous, que des divergences très sérieuses séparent de Trotsky, lui exprimons notre solidarité pleine et entière dans sa lutte contre les persécutions du capitalisme. C’est avec respect et admiration que nous saluons la tragédie de sa vie. Ce grand révolutionnaire exilé, démuni de tout moyen de défense, reste redouté et haï par les requins capitalistes et les centristes.
Hier c’était sa fille qui, persécutée par la police allemande, se suicidait ; aujourd’hui, à nouveau, on s’acharne sur lui. La terre est sans visa pour Trotsky et cela caractérise la situation de défaites terribles que connaît aujourd’hui le prolétariat dans tous les pays. Les ouvriers communistes du monde entier et de Russie tourneront leurs regards vers l’exemple lumineux de courage révolutionnaire que représente Trotsky et seront à ses côtés pour exiger au sein des P.C. Que l’on permette au vieux chef communiste de rentrer en Russie, afin qu’il puisse y continuer sa lutte pour la révolution mondiale.




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