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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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A propos de Staline et du Stalinisme
{Bilan} n°7 - Mai 1934
Article mis en ligne le 17 décembre 2016
dernière modification le 26 novembre 2016

par ArchivesAutonomies
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Les grandes défaites prolétariennes ont leurs tragédies historiques et, bien souvent aussi, leurs parodies lamentables. L’un ne va pas dans l’autre. D’un côté, des milliers de prolétaires battus, torturés, abattus comme des chiens ; le désarroi, la pornographie, la confusion élevant tout espoir d’un regroupement salutaire des forces révolutionnaires. D’autre part, le triomphe sanglant du capitalisme, l’épanouissement impudent des forces sociales qui l’ont si bien servi. Le centrisme pour enlever la vision de la réalité aux masses en déroute, pour souder les ouvriers et paysans russes à sa politique de pénétration "pacifique" au sein du système capitaliste, ce qui veut dire afin de justifier son intégration à un des deux blocs impérialistes, est obligé de créer une psychose d’agression universelle contre l’U.R.S.S., psychose ayant pour axe la vénération du chef Staline, concrétisant la réaction soviétique au monde bourgeois, et enfin, comme conclusion, l’intronisation du "stalinisme".
Que l’on comprenne bien : tant que le prolétariat eu la possibilité d’intervenir internationalement, le centrisme, incrusté dans l’État Soviétique, se para de l’ombre de Lénine pour accomplir sa fonction de dispersement des forces révolutionnaires au grand profit du renforcement de l’État prolétarien. Puis s’accentuèrent les défaites, plus se concrétisa la "notion du socialisme en un seul pays" et moins il devint nécessaire d’employer le nom de Lénine. Le problème essentiel, dès lors, fut la mobilisation effective des ouvriers et paysans russes autour du centrisme engageant l’U.R.S.S. dans le jeu d’alliances impérialistes et non plus l’appel aux ouvriers de tous les pays. Pour cela, Staline convenait évidement mieux que Lénine, dont le souvenir et les enseignements restent profondément internationalistes. Et, depuis le XVIIe Congrès du partis bolchevik russe, fort de l’appui de l’impérialisme yankee, l’État ouvrier, pour qui le prolétariat international battu en Allemagne et en Autriche est devenu tout au plus un instrument d’appoint pour renforcer ses positions diplomatiques, a accentué sa politique d’incorporation au capitalisme et, parallèlement, a déterminé, en guise d’explication, une campagne aussi stupide que grotesque autour de Staline et du Stalinisme. Il ne faut poins s’y méprendre, cette campagne fait partie de la mobilisation des ouvriers russes autour de la politique actuelle du centrisme et, pour cela, il faut absolument "trouver" les éléments apportés par Staline au marxisme et à la révolution internationale, éléments qui font de lui l’égal - que disons-nous, le génie supérieur - à Lénine et tout au moins l’égal de Marx. Sans la réalité terrible que cache cette campagne idiote, il y aurait vraiment de quoi rire.
Ainsi, de tristes bureaucrates, dont le métier consiste a écrire des platitudes et des panégyriques sur commandes, ont le front d’affirmer sans rougir mille fois de honte, que l’essai de vulgarisation du léninisme que Staline fit dans ses conférences à l’Université de Sverdlov "pour faire pénétrer dans les masses la conscience socialiste et la théorie marxiste-léniniste, ne peut être comparée qu’à l’importance du Manifeste Communiste, du Capital, de la Critique du programme de Gotha, de Que faire ?, de l’État et la Révolution et de la Maladie infantile du communisme de "gauche".
Le nommé Knorine, père de cette prose éloquente, s’efforce même de démontrer que des brochures écrites par Staline en 1912 - restées hélas inconnues jusqu’à ce jour - méritent par leur profondeur, de se trouver à côté des meilleures oeuvres écrites par Lénine à l’époque. Fort probablement, puisque selon ce même biographe impudent, Staline a déjà, au "IVe Congrès des bolcheviks, remplaçant Lénine en qualité de rapporteur du Comité Central, donné une interprétation des problèmes fondamentaux du bolchevisme et des perspectives de sa lutte pour le pouvoir et le socialisme, qui est devenu la base de toute l’activité ultérieure de notre parti.". Découvrira-t-on demain que, somme toute, Lénine fut un bon bougre, mais sans Staline que serait-il bien devenu ?
La campagne du centrisme tend à mettre en évidence les réalisations de "dix années d’appréciation staliniennes de la situation internationale". Par internationale, le centrisme entend évidement les succès des plans quinquennaux en U.R.S.S. Et comme ces succès furent obtenus grâce au défaites ouvrières dans tous les pays, le stalinisme consacré aujourd’hui est donc la théorie des défaites prolétariennes et du national-bolchevisme. Jusqu’ici, nous avions repoussé le "stalinisme" en considérant que les évènements qui amenèrent le triomphe du centrisme dans l’I.C. et en Russie, ne sont pas fonction de Staline ou de Trotsky. Il s’agit du choc de forces sociales : l’histoire étant l’histoire des luttes de classes et non d’individus isolés. La victoire du centrisme était pour nous un renforcement du capitalisme international obtenu grâce à la faiblesse du mouvement révolutionnaire dans tous les pays et non le résultat de l’influence machiavélique de Staline. Aujourd’hui le centrisme, procédant à la mobilisation des masses russes, des prolétaires encore rattachés au centrisme autour des réalisations obtenues au cours de ces dernières années au prix de la débâcle des partis communistes, certains de l’impuissance des rares noyaux marxistes qui maintiennent malgré tout le drapeau véritable de l’internationalisme, passe à la déification de Staline, ce qui représente , somme toute, une idéalisation de la situation contre-révolutionnaire actuelle : un appel aux masses à suivre le centrisme dans le chemin de la trahison jalonné par l’apport spécifique des théories que le centrisme appelle aujourd’hui staliniennes : la construction du socialisme en un seul pays.
La pornographie politique du centrisme déifiant son idéologie de défaites, chargeant quelques obscures Knorine de ramasser coûte que coûte des éléments de déification des "grands chefs", la crasseuse ignorance de ces gens, pourraient prêter à rire si, comme nous l’avons dit, il ne s’agissait de préparatifs infiniment sérieux de mobilisation contre-révolutionnaire des ouvriers.
C’est dans ce sens que nous réagirons contre ceux qui "sont fiers d’être staliniens" et qui sont aujourd’hui, après la social-démocratie, une des forces essentielles d’immobilisation du prolétariat révolutionnaire.




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