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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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A Constantine : l’impérialisme tire profit du massacre de ses instruments
{Bilan} n°10 - Août 1934
Article mis en ligne le 17 décembre 2016
dernière modification le 27 novembre 2016

par ArchivesAutonomies
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Les 3, 4 et surtout 5 août se produisaient à Constantine des évènements d’une gravité exceptionnelle. Les fellahs et ouvriers arabes se ruaient contre le quartier juif de la ville et massacraient impitoyablement petits commerçants, usuriers et boutiquiers juifs. Bientôt les troubles s’étendaient dans d’autres centres de l’Algérie, de nouvelles victimes tombaient. D’après le communiqué officiel du gouvernement, il y aurait eu 27 tués (23 juifs et 4 Arabes, tués vraisemblablement par le service d’ordre) et une vingtaine de blessés. La presse française, par contre, parle de près de 40 morts et de 200 blessés, chiffres où il faudrait voir un certain résultat de la répression française contre les Arabes.
Cette révolte spontanée qui a secoué pendant quelques jours toute l’Algérie et effrayé la bourgeoisie française prend la signification non d’une lutte entre confessions religieuses opposés, mais d’un acte désespéré, d’une violence aveugle de fellahs et d’ouvriers algériens qui abandonnés par le prolétariat de la métropole, sentant peser sur leur dos la domination impitoyable du capitalisme, se sont rués contre les Juifs qui, jouissant des droits identiques aux citoyens français, parviennent à tirer après les exactions et les razzias de l’impérialisme, leurs ressources de l’exploitation des Arabes. Nous parlons évidemment de ces couches juives, très importantes en Algérie, qui ont entre leurs mains le petit commerce et l’usure.
Les événements de Constantine n’entament pas la domination coloniale du capitalisme français. Ils montrent seulement que les couches opprimés des colonies livrées à elles-même, sans aide active du prolétariat sont incapables de mener une lutte conséquente contre l’impérialisme et deviennent fatalement la proie des diversions du capitalisme. Il est faux de crier que les massacres antisémites soient des provocations françaises et, en réponse, de poser des revendications (comme le font l’ "Humanité" et le "Populaire"), telle l’arrestation du gouverneur général Cardes et de tous les responsables, ainsi qu’une série de revendications "révolutionnaires" que les masses opprimées doivent adopter en réponse aux diversions antisémites.
C’est seulement par l’aide active des ouvriers français, desserrant l’étau du capitalisme français dans les colonies, qu’il est possible aux ouvriers et fellahs arabes de mener une lutte efficace. A défaut de cela, le capitalisme qui soutient l’antisémitisme et le fanatisme religieux parmi les peuplades opprimées, pourra exploiter tous les sursauts aveugles et spontanés dans ses colonies pour renforcer son pouvoir.




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