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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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De l’Internationale 2 et 3/4 à la Deuxième Internationale
{Bilan} n°10 - Août 1934
Article mis en ligne le 17 décembre 2016
dernière modification le 27 novembre 2016

par ArchivesAutonomies
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"La Quatrième Internationale vous donnera la victoire mondiale".

Manifeste des Bolcheviks-Léninistes, mars 1934.

Il y a quelques mois, les bolcheviks-léninistes [1] lançaient un manifeste sur les événements de France où ils mettaient en évidence le fait que "sur l’arène historique, c’est maintenant le tour de la France prolétarienne. En France se décide de nouveau le sort non seulement de la France, mais aussi de l’Europe et, en fin de compte, du monde entier". On aurait pu croire qu’avec une telle perspective, les partisans de la 4ème Internationale allaient se fixer comme objectifs le renforcement de leur section française, la consolidation de ses bases politiques, sa délimitation de tous les courants adverses avant l’orage révolutionnaire. Mais un coup de théâtre vient de se produire et, au sein de la Ligue française, l’on préconise actuellement comme position centrale, devant les événements actuels, la rentrée dans le parti socialiste. La chute est profonde et significative. En quatre mois de temps, la 4ème Internationale, qui devait conduire les prolétaires à la victoire, est remplacée par l’entrée dans l’Internationale des traîtres, tout étant à recommencer par le début : le chemin conduisant à la trahison, sans doute aussi.
D’un trait de plume, les bolcheviks-léninistes effacent vingt années de lutte ouvrière, les massacres de prolétaires par les sociaux-démocrates dans l’après-guerre, la délimitation de classe, donc d’organisation, introduite par la révolution russe, par la fondation de la 3ème Internationale, et proclament que le seul moyen d’arrêter le fascisme en France, de le dépasser dans sa course vers le pouvoir, c’est de rentrer dans la social-démocratie. Le document du camarade Vidal, qui a ouvert la discussion à ce sujet, pose le problème ainsi : "ou le prolétariat, dans le courant des six mois, d’une année, peut-être des deux années à venir, écrasera le fascisme et fera un pas gigantesque directement en avant vers la conquête du pouvoir ou il sera lui-même écrasé et toute l’Europe deviendra l’arène de la tyrannie fasciste et de la guerre". Cette position fondamentale, même si elle correspondait à la perspective d’une réelle généralisation du fascisme à tous les pays (ce qui ne nous paraît nullement prouvé), devrait conduire à un renforcement de la lutte contre la social-démocratie qui, en Italie, en Allemagne et en Autriche a préparé le lit au fascisme. Mais nous n’en sommes pas à une contradiction près.
Le prolétariat français a en face de lui une bourgeoisie de "pleins pouvoirs" qu’il ne peut faire reculer (et dont il ne peut briser les plans d’affamement et d’asservissement) qu’en réalisant un bloc compact dans ses organisations de classe pour défendre ses revendications immédiates. En face de cette situation, ce qui empêche le prolétariat de réaliser ses mouvements revendicatifs c’est précisément l’épouvantail fasciste que l’on dresse devant lui pour le déterminer à renoncer à la défense de ses intérêts.
Ainsi, le front unique qui vient de se réaliser en France se base sur l’exclusion de la grève en tant que moyen de lutte contre les pleins pouvoirs. Il est clair que la social-démocratie recalque fidèlement les traces suivies par les Wels et Cie en Allemagne en entraînant, au surplus, le parti communiste dans cette voie.
D’autre part, notre appréciation sur l’évolution des gauches socialistes vers la social-démocratie et non vers le communisme s’est rapidement réalisée en France (plus vite que nous ne l’avions prévu) entraînant dans leur course jusqu’aux partisans de la 4ème Internationale entrant dans la SFIO pour ajouter la note "bolchevik-léniniste" au solfège du gauchiste Zyromski qui préconise l’annulation des luttes ouvrières.
Pour ce qui concerne l’appréciation du tournant des partis socialiste et communiste vers le front unique, le camarade Vidal commence par établir que le plongeon dans la social-démocratie trouve sa justification dans la possibilité, et dans la nécessité, de "construire des soviets et accélérer leur transformation en organes de lutte pour le pouvoir". D’un trait de plume, on fera litière de toute la critique faite contre le centrisme au sujet de la nécessité d’un organe et d’une politique absolument indépendante pour la victoire insurrectionnelle, car Vidal n’emploie pas d’euphémisme et parle ouvertement de la lutte pour le pouvoir qui pourrait être menée au sein du parti socialiste. Du document que nous examinons résulte que la politique marxiste consiste à donner un cachet de théorie à l’élan des masses vers leur unité et vers la lutte. Mais il suffit de dépasser la surface et l’apparence de la situation que traverse actuellement le mouvement ouvrier français pour se rendre compte que s’il existe une poussée unitaire des masses, le front unique qui vient de se réaliser n’a d’autre but que d’égarer cette poussée vers l’anéantissement des luttes ouvrières. Lutte et front unique, loin de se conditionner, s’excluent mutuellement lorsque les conditions de l’accord ne comportent pas des objectifs concrets de lutte contre le capitalisme, mais leur abandon. L’intervention des bolcheviks-léninistes ne changera pas le cours des événements mais conduira ces derniers à être emportés dans le tourbillon contre-révolutionnaire de la social-démocratie.

* * * * *

Tout en rentrant dans la 2ème Internationale, les bolcheviks-léninistes ne renieraient pas les principes du communisme ni leurs aspirations vers la 4ème Internationale. Il s’agirait seulement "d’accorder les méthodes de lutte à la situation et à ses propres forces, c’est l’exigence élémentaire du réalisme". Et, à ce propos, Vidal cite l’exemple de Lénine, des bolcheviks qui se sont, dans certaines circonstances, "alliés" aux mencheviks. Mais, à l’encontre de Lénine, il ne s’agit pas pour les bolcheviks-léninistes de s’ "allier", mais de se fondre dans un parti qui, contrairement aux mencheviks de l’avant-guerre, a derrière lui des fossés de sang prolétarien, qui est un agent de la bourgeoisie. Les références à Marx ne sont pas plus heureuses. En 1848, c’est sur la base d’une perspective, que les événements devaient d’ailleurs démentir, que Marx et Engels rentraient dans le parti démocratique bourgeois de Cologne. Marx pensait que le prolétariat aurait encore pu s’appuyer sur la bourgeoisie progressiste de l’époque pour renverser le féodalisme en Allemagne en poussant la révolution bourgeoise jusqu’à la réalisation des buts spécifiques du prolétariat. L’écrasement des ouvriers français, en février 1848 [2], le rôle de la bourgeoisie allemande, montrèrent l’impossibilité d’appliquer historiquement ce schéma, et c’est sur cette expérience que Marx se basa, par après, pour préconiser l’organisation indépendante du prolétariat. Riazanov, dans son livre "Marx-Engels", a d’ailleurs mis en évidence cette évolution de Marx et c’est aux bolcheviks-léninistes que revient l’honneur de reprendre ce que Marx considéra être une erreur.
Il n’y a donc aucune comparaison possible entre la capitulation des bolcheviks-léninistes, leur passage dans les rangs de l’ennemi de classe, et l’attitude de Marx qui, après l’expérience de 1848-49, loin de pousser à des blocs contre-révolutionnaires, appuya la scission entre possibilistes et marxistes au Congrès de Saint-Étienne en 1882, qui combattit la fusion des Eischenariens avec les Lassalliens au Congrès de Gotha en 1875. De même il n’y a rien de commun entre l’attitude de Lénine qui lutta pour la formation indépendante des cadres révolutionnaires du parti bolchevique, qui repoussa toute compromission de principe sur le terrain de l’organisation avec les mencheviks (lesquels cependant n’avaient pas encore passé la barricade comme la social-démocratie actuelle) et la position des bolchevistes-léninistes. Vidal affirme que si les bolcheviks-léninistes reprochèrent aux anciens spartakistes du groupe Brandler d’être passés au SAP, ce n’était pas pour le fait en lui-même mais bien parce qu’ayant "rentré dans sa gaine le drapeau marxiste". Eux ne le feront pas ! Mais Walcher et ses amis ont cependant raisonné comme Vidal, à l’époque de leur passage dans le parti socialiste indépendant. Où est donc la différence ? Les bolcheviks-léninistes deviendraient "fraction bolchevik-léniniste" du parti social-démocrate français, avec comme organe "La Vérité", sans cesser de lutter pour la 4ème Internationale. Cette dénomination pompeuse est une contradiction flagrante. Le mariage du bolchevisme, des enseignements de Lénine de la révolution d’Octobre, avec la social-démocratie ! Il n’y a pas bien longtemps, le camarade Trotski, dans une brochure "La 4ème Internationale et l’URSS", disait avec pas mal d’ironie que le nom de "communiste-démocrates" (Souvarine) contient déjà une rupture avec le marxisme.
Le "tournant" des bolcheviks-léninistes, qui doit être garanti "par de l’audace, la rapidité et l’unanimité", ne se distingue pas de ceux effectués auparavant par le centrisme. Vidal propose dans son document qu’après accord du C.C., le Bureau politique de la Ligue se "rende sur les lieux pour préparer l’opinion des membres de la Ligue". Ainsi, en vitesse, bureaucratiquement doit être fabriquée une unanimité. Et les bolcheviks-léninistes ont lutté contre les méthodes du centrisme...
En somme nous vivons actuellement le dernier acte de la décomposition de ce qui fut l’Opposition Internationale de gauche. Déjà en son temps nous avions mis le camarade Trotski en garde contre les conséquences de l’orientation qu’il imprimait au mouvement oppositionnel. Nous avons lutté contre la répétition de formules historiquement dépassées ou démenties par les événements, en préconisant la formation de cadres, d’une fraction de gauche armée non du travail littéraire de l’Opposition russe mais d’une analyse critique des expériences effectuées par le prolétariat du monde entier et de chaque pays en particulier. Mais nous n’avons pas été écoutés et le camarade Trotski, nous semble-t-il, reprend le même chemin qu’il suivit entre 1905 et 1917 et qui lui valut d’être si violemment combattu par Lénine.

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Trotski dit à propos de Rakovski qu’expliquer ne veut pas dire pardonner. Ce raisonnement s’applique parfaitement à lui-même. Sans doute, l’orientation adoptée par celui-ci, après les événements de janvier 1933 en Allemagne, s’explique-t-elle comme le sursaut de désespoir d’un chef révolutionnaire qui a représenté la réaction d’un prolétariat historiquement épuisé par la fournaise d’Octobre au triomphe du centrisme. Sans doute faut-il accuser tous les parasites, tous les charlatans politiques qui, sans raison, se sont fait les amplificateurs de ce désespoir sans essayer d’apporter l’aide idéologique des luttes et des expériences de leur propre prolétariat. Bien sûr, s’il fallait délimiter les responsabilités dans la débâcle de Trotski, c’est certainement sur tous les "chefs" bolcheviks-léninistes, parasites criminels de celui-ci, qu’il faudrait mettre la plus lourde charge, car eux n’ont que leur présomption pour excuse.
Trotski, depuis toujours et encore aujourd’hui, suit la perspective du déclenchement de la révolution mondiale résultant d’une attaque violente du capitalisme contre la Russie soviétique. Les événements d’Allemagne, l’avènement du fascisme en janvier 1933 ont apporté un démenti catégorique à cette position et l’URSS a pu, par la suite, activer ses alliances avec les États capitalistes. Trotski, avant la victoire de Hitler, le "super-Wrangel", mettait la clé de la situation entre les mains du P.C.A. et écrivait que, "même avec Thaelmann, le parti peut vaincre".
Nous avons, à cette époque, démontré que la défaite des ouvriers allemands était certaine si l’on ne faisait rien pour construire une véritable fraction de gauche qui, pourvue de positions de principes découlant des expériences de l’après-guerre, s’assignait ouvertement pour but de se substituer au centrisme si des conditions favorables s’étaient présentées pour des mouvements révolutionnaires. Rien n’étant fait pour la constituer, la défaite était certaine, car la clé de la situation pouvait seulement se trouver entre les mains d’une fraction de gauche, guide du prolétariat.
L’effondrement du centrisme quand le fascisme prit le pouvoir, la scission dans le groupe oppositionnel, dont une partie rejoignit le parti à ce moment, vérifièrent notre point de vue. Mais Trotski n’a pas essayé de comprendre la signification de ces événements. Son désarroi s’est exprimé avant comme après par une série de positions contradictoires. Huit mois avant la venue au pouvoir de Hitler, le 15 avril 1932, il écrivait : "dès que j’apprendrais télégraphiquement cet événement (l’avènement du fascisme), je signerais un ordre de mobilisation". Cela s’adressait au centrisme dirigeant l’État prolétarien et caractérisait l’opinion profondément erronée de Trotski sur la fonction de l’État prolétarien aux mains de l’opportunisme. N’ayant pas une valeur "en soi", malgré sa nature prolétarienne, l’État soviétique, dirigé par l’opportunisme, s’était lancé dans le jeu des compétitions impérialistes depuis l’exclusion des gauches marxistes en 1928. Il était évident que par là même il ne représentait plus un danger révolutionnaire pour le capitalisme.
En mars 1933, Trotski retira sa position de guerre révolutionnaire préventive en disant que la "politique staliniste en URSS désorganisa tellement l’économie, les rapports entre le prolétariat et la paysannerie, affaiblit tellement le parti, que les prémisses nécessaires n’existent pas maintenant pour une politique extérieure active". Il est évident que les arguments apportés manquent de sérieux : comment en dix mois de temps une telle modification a-t-elle pu s’effectuer en URSS ? Voilà ce que Trotski n’explique pas. Au surplus, un an plus tard, sa fameuse théorie du fascisme allemand super-Wrangel, dirigeant de la guerre universelle du capitalisme contre la Russie, devait à son tour être jetée partiellement à la poubelle.
Dans la brochure "La 4ème Internationale et la guerre", éditée par le S.I. des bolcheviks-léninistes, il est dit : "dans la situation qui s’est formée maintenant, il est absolument impossible de juger exclue, en cas de guerre, l’alliance de l’URSS avec un État impérialiste contre un autre groupement". Il s’agirait, disent ces thèses, d’une conséquence du développement de la bureaucratie soviétique, des pénibles conditions de vie des travailleurs, qui a diminué la force attractive de l’URSS pour les ouvriers du monde entier et qui avec les défaites de l’I.C. et la politique extérieure nationale pacifique du centrisme, a affaibli les craintes de la bourgeoisie et exacerbé les contradictions internes du monde capitaliste. Néanmoins, et ici se situe la contradiction la plus flagrante, malgré cela, historiquement la contradiction entre le monde capitaliste et l’Union soviétique resterait plus profonde que les antagonismes qui opposent les divers pays capitalistes. La preuve en résiderait dans le fait qu’en cas de guerre les contradictions sociales internes de la Russie, jointes à la passivité du prolétariat mondial, entraîneraient une "contre-révolution bourgeoise-bonapartiste".
L’erreur est ici d’admettre ce qui n’est plus, tout en prouvant accidentellement ce qui est. L’alliance avec des États capitalistes dans une prochaine guerre est déjà la fin totale de l’antagonisme entre l’État prolétarien et ceux-ci. Comme tous les participants à la prochaine guerre impérialiste, la Russie verra se déterminer des éruptions sociales sur le fond même de ses contradictions spécifiques internes et extérieures (nous faisons évidemment toutes nos réserves sur les analogies du type "bonapartiste") qui dissiperont l’équivoque du centrisme soit au profit de la révolution mondiale, soit à celui du capitalisme. En tout cas, il est bon de marquer le changement désinvolte qu’opèrent les bolcheviks-léninistes, sans donner - tout comme les centristes - aucune explication sur leur tournant. Nous y reviendrons d’ailleurs lorsque nous examinerons l’attitude de ceux-ci sur le problème de la guerre et de la Russie.

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Après la venue d’Hitler au pouvoir et l’effondrement du P.C.A., les bolcheviks-léninistes préconisaient la création d’un nouveau parti en Allemagne afin de redresser l’Internationale Communiste et sauver l’Union Soviétique. Quelques mois plus tard, cette position boiteuse était généralisée à tous les pays et toujours pour sauver l’Union Soviétique, le mot d’ordre de la 4ème Internationale était lancé. Les documents Gourov, qui servirent de base à ce tournant de 180°, jetant par dessus bord la politique de redressement des P.C., furent aussi peu consistants que ceux qui vinrent, par après, justifier l’alliance avec les gauches socialistes et aujourd’hui la rentrée dans la 2ème Internationale. D’une part, Gourov affirma [3] "que c’est précisément dans les périodes de reflux révolutionnaire que se forment les cadres trempés (pour les nouveaux partis), qui seront plus tard appelés à mener les masses vers de nouvelles conquêtes", dans le même article, quelques paragraphes plus bas, au lieu de cadres il s’agissait déjà de la "formation dans quelques pays de fortes organisations révolutionnaires affranchies de la responsabilité pour les crimes et les fautes de la bureaucratie réformiste et centriste". Ensuite, dans le même document, il était aussi recommandé, certainement pas pour former des cadres, "d’entamer avec les organisations socialistes de gauche des pourparlers ouverts". Il est évident qu’il ne s’agissait pas pour Gourov de former des cadres solides, mais bien de créer rapidement une Internationale pouvant sauver l’URSS de l’effondrement. Pour cela les pires compromissions étaient permises.
A peine cette orientation nouvelle adoptée, eut lieu à Paris la Conférence des partis en dehors de la 2ème et de la 3ème Internationales, où participèrent les bolcheviks-léninistes. La conclusion fut la réalisation d’un bloc avec le S.A.P., l’O.S.P. et le R.S.P. pour la création d’une nouvelle Internationale. Déjà les germes d’un opportunisme de "vitesse", qui allait se développer par la suite, se font ici clairement jour. Gourov, dans une lettre de septembre 1933, se félicite des résultats obtenus à Paris et pose le problème de l’élaboration d’un document programmatique pour la nouvelle Internationale : "Un tel document doit être la tâche des deux ou trois mois à venir". Ainsi, à peine proclamée et déjà la course de vitesse se détermine : trois mois pour la plate-forme de la nouvelle Internationale. Est-ce cela former des cadres ? Les contradictions les plus saillantes du tournant effectué à cette époque par les bolcheviks-léninistes furent les suivantes :
1) vouloir créer des nouveaux partis, une nouvelle Internationale sur une base programmatique (les 4 premiers Congrès de l’I.C.) qui contient en germe les causes des défaites de 1923 en Allemagne, du triomphe du centrisme dans l’État prolétarien et dans l’I.C. en s’exposant à répéter les erreurs passées ;
2) vouloir, dans une période de reflux révolutionnaire où le seul travail possible est celui de la révision du bagage théorique de l’avant-garde, de l’établissement d’un bilan des événements de l’après-guerre (afin de préparer une reprise ultérieure de la lutte), créer de nouveaux partis avec des forces de l’ennemi de classe.
Nous n’insisterons plus sur la faiblesse de ces positions ni sur l’impasse où elles mènent. Dans la résolution de notre fraction, parue dans le numéro 1 de "Bilan" : "Vers l’Internationale deux et trois quarts", il est dit tout ce que nous pensons quant au chemin historique à suivre pour la construction des nouveaux partis, de l’Internationale révolutionnaire. Nous ne pouvons qu’y renvoyer le lecteur.
D’ailleurs Trotski lui-même ne manqua pas de contredire Gourov quand, au mois d’avril 1934, il écrivit au sujet de la capitulation de Rakovski que l’opposition russe a succombé dans sa lutte parce que victime d’un rapport de forces défavorable, bien qu’ayant une politique juste, ajoutant que "Engels a plusieurs fois indiqué le fait qu’un parti révolutionnaire, s’il perd une bataille historique décisive, est inévitablement perdu en tant qu’organisation". Même l’organisation des bolcheviks confirme cet exemple ! "En tant qu’organisation de masse, le parti bolchevik avait disparu dans les années 1907-11 (après la défaite de 1905). Il ne restait que des éléments de cadres minuscules, dispersés, la plupart fort chancelants ; il restait une tradition, il restait, avant tout, l’état-major d’émigration avec Lénine en tête. Le flux de 1912-14 mit sur pied une nouvelle génération révolutionnaire, arracha de sa léthargie une partie des vieux bolcheviks et créa ainsi une nouvelle organisation du parti qui, historiquement - mais non organisatoirement - était la continuation du vieux parti bolchevik" (La signification de la "Trêve" de Rakovski).
Appliquer ce raisonnement de Trotski à la situation actuelle aurait signifié l’inverse des positions adoptées par les bolcheviks-léninistes. Après 1905, Lénine, loin de pouvoir effectuer un travail de masse, tira les enseignements de la période passée, fortifia le patrimoine du prolétariat et prépara la substance politique nécessaire pour l’édification de nouveaux cadres. Ce fut l’époque de la lutte contre la pornographie politique, l’opportunisme, le liquidationnisme et non celle des compromissions honteuses, des blocs avec l’opportunisme, des entreprises soi-disant de masse, mais en réalité de confusion.
Mais l’absurde du "tournant" des partisans de Trotski ne s’arrêta pas là. Il faut créer de nouveaux partis, une nouvelle Internationale afin de sauver l’Union Soviétique, mais il faut également créer un parti en URSS. Quelles seront les tâches de ce parti ? Renverser l’État existant ? Orienter les masses vers l’insurrection révolutionnaire ? En aucun cas. Trotski résout ce problème en affirmant que la "véritable guerre civile (en URSS) pourrait éclater non pas entre la bureaucratie staliniste et le prolétariat qui la soutient, mais entre le prolétariat et les forces actives de la contre-révolution" (La 4ème Internationale et l’URSS, page 24). Le nouveau parti bolchevik-léniniste en Russie ne pourra poser la question du pouvoir qu’au moment où, pratiquement, la majorité de la classe ouvrière se rassemblera autour de lui. Il faudra évidemment employer la force, mais le problème sera plutôt de "l’ablation de l’excroissance pernicieuse qui se trouve sur lui (sur la dictature du prolétariat) qu’une insurrection". Mais, dans ce cas, pourquoi créer un parti, si ce n’est pas pour renverser l’État existant et s’emparer par là du pouvoir ? Si la nature prolétarienne de l’État Soviétique subsiste encore (ce que nous croyons également), il est faux de constituer un nouveau parti, au lieu d’une fraction préparant ce dernier, car cela prouve que les formations anciennes qui dirigent l’État prolétarien n’ont pas encore réalisé leur fonction historique, que le centrisme n’est pas encore passé avec armes et bagages de l’autre côté de la barricade. Constituer un parti pour régénérer l’État prolétarien, c’est l’image retournée du réformisme voulant conquérir l’État bourgeois graduellement par sa réforme.

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La course des bolcheviks-léninistes vers la constitution de nouveaux partis les a également déterminé à modifier substantiellement l’opinion communiste sur la social-démocratie. Ne possédant ni le matériel idéologique nécessaire (celui-ci ne pouvant résulter que d’une analyse marxiste des événements de l’après-guerre, d’une remise sur le métier des décisions des quatre premiers congrès, du rôle et de la fonction de l’État prolétarien dans le mouvement international), ne possédant non plus les cadres (ceux-ci se formant au feu du passage des forces opportunistes dans les rangs de l’ennemi et de l’élaboration de nouvelles données de principe), dans une période de reflux profond du mouvement révolutionnaire, ils ne pouvaient que rechercher dans les rangs contre-révolutionnaires de la social-démocratie les forces nécessaires à la création de la 4ème Internationale.
En effet, dès juillet 1933, Gourov écrivait : "l’opposition de gauche internationale se trouve devant une tâche nouvelle : accélérer l’évolution des organisations socialistes de gauche vers le communisme, en introduisant dans ce processus ses idées et son expérience". Et au mois d’août, à la Conférence de Paris, les bolcheviks-léninistes ne manquèrent pas d’appliquer cette position. À ce moment nous avons essayé de démontrer que les gauches socialistes n’évoluent pas vers le communisme, mais vers la social-démocratie. Nous nous appuyions sur l’expérience des partis socialistes indépendants, la fameuse Deuxième Internationale et demi et surtout sur l’expérience des gauches socialistes en Belgique et en France.
Actuellement cette altération de principe du rôle et de la nature de classe des tronçons de la social-démocratie a conduit les bolcheviks-léninistes dans la 2ème Internationale. Le rythme des événements voyant le capitalisme des pays démocratiques passer à l’attaque contre les travailleurs afin de désagréger leurs organisations, de réduire leurs conditions de vie en même temps que leurs conquêtes pour préparer les conditions sociales pour la guerre, ne laisse pas de place pour une position intermédiaire telle la leur. Ou bien l’on se résout à lutter pour le maintien intégral des principes du communisme, leur élévation historique, et alors il faut savoir attendre et se préparer aux changements des situations, sans vouloir les modifier par des entreprises sans lendemain, ou bien l’on se laisse entraîner par les forces contre-révolutionnaires qui agissent parmi le prolétariat, en conservant l’espoir vain de regrouper sur une pareille base, pour des batailles révolutionnaires, le prolétariat. Dans ce dernier cas, on ne peut qu’échouer et devenir la proie de l’ennemi du fait qu’un compromis de principe et d’organisation avec les forces de l’ennemi signifie l’altération des positions de classe sur la base desquelles le prolétariat peut seulement passer à l’attaque du capitalisme.
Aussi déjà la dernière brochure des bolcheviks-léninistes : "La 4ème Internationale et la guerre" présente-t-elle une rupture nette avec l’esprit du marxisme révolutionnaire, une consécration de la position social-démocrate que prennent aujourd’hui les bolcheviks-léninistes. Au surplus, leurs positions en France, pendant et après les événements de février, ne se distinguent plus fondamentalement de celles de la S.F.I.O. [4]
Les bolcheviks-léninistes acceptent la défense de la démocratie. "Nous défendons la démocratie, dit cette brochure, contre le fascisme à l’aide des organisations et des méthodes du prolétariat. A l’encontre de la social-démocratie, nous ne donnons pas mandat pour cette défense à l’État de la bourgeoisie". C’est donc là une position nette et claire, mais qui n’a rien à voir avec la lutte pour la dictature du prolétariat, programme des communistes.
Sur le problème même de la guerre, les bolcheviks-léninistes s’écartent dangereusement de la réalité lorsqu’ils prétendent que si "l’État national représentait un facteur progressif, il faudrait le défendre indépendamment de sa forme politique et au moins en tout cas sans tenir compte du fait de qui, le premier, a "commencé" la guerre".
A l’époque de Marx, lorsque l’Europe était travaillée par les convulsions de la révolution bourgeoise, la guerre progressive c’était enfin escompter la transformation de la révolution bourgeoise en une révolution prolétarienne. Marx l’a préconisée contre la Russie, bastion de la réaction féodale après 1848. Mais actuellement il est absurde et dangereux de poser de telles éventualités. Nous vivons une époque où le capitalisme représente désormais une force rétrograde au point de vue international. Il est donc totalement exclu qu’il puisse encore exister un État national progressif. Même dans les colonies, ou les semi-colonies, cette possibilité est totalement exclue, comme les massacres d’ouvriers chinois par le Kuomintang l’ont parfaitement prouvé en 1927. Une bourgeoisie nationale ne peut faire appel au prolétariat pour lutter contre l’oppression des impérialismes sous peine de voir celui-ci se servir des armes pour ses propres buts. C’est pourquoi elle préfère subir la domination étrangère, pactiser, plutôt que d’entreprendre une "guerre nationale progressive".
Là où la phraséologie des bolcheviks-léninistes est particulièrement dangereuse c’est lorsque, à l’instar du centrisme, ils substituent au marxisme un "communisme national". L’organe de la Ligue française attaque les centristes qui prétendent "aimer leur patrie" en publiant l’appréciation de Lénine sur la brochure de Junius. Mais ne disent-ils pas dans leurs thèses que "la classe ouvrière ne prend pas une attitude indifférente envers sa nation. Au contraire, précisément parce que l’histoire l’a chargé de prendre en mains le sort de celle-ci, elle se refuse à confier la cause de sa liberté et de son indépendance à l’impérialisme qui "sauve" la nation... Nous pensons avec Lénine que la classe avancée n’a pas à se tourner vers le passé, mais bien vers l’avenir".
La nation est un concept propre au capitalisme, à la lutte pour la conquête des débouchés, à la mobilisation des exploités pour la guerre et n’a rien à voir avec l’idéal internationaliste du prolétariat révolutionnaire. Il est donc faux de prétendre que les travailleurs puissent se préoccuper de son sort, puisque leur victoire signifie son anéantissement.
Mais l’altération la plus essentielle de l’essence même du marxisme révolutionnaire est certes donnée par leur attitude envers l’Union Soviétique et les dangers de guerre. Les thèses admettent le rapprochement avec la SDN, le justifient en le donnant pour un résultat de l’affaiblissement extrême de la révolution prolétarienne internationale. Ce qui sépare les bolcheviks-léninistes du centrisme, c’est que pour eux les "formulations pacifistes abstraites de la diplomatie soviétique et ses compliments à l’adresse de la SDN n’ont rien de commun avec la politique du parti prolétarien international qui n’en prend sur lui aucune responsabilité". En outre, selon les bolcheviks-léninistes, en cas "d’alliance de l’URSS avec un État impérialiste ou avec un groupement impérialiste contre un autre groupement", le prolétariat international devra quand même défendre l’URSS. Le prolétariat d’un pays allié maintiendrait son hostilité implacable envers son gouvernement impérialiste mais pratiquement ne pourrait en toutes circonstances agir comme le pays d’un pays adverse de la Russie. Ainsi, "il serait, par exemple, absurde et criminel, en cas de guerre entre l’URSS et le Japon, que le prolétariat américain sabote l’envoi d’armes américaines pour l’URSS".
Nous n’avons, naturellement, rien de commun avec ces positions. Une fois engagée dans la guerre impérialiste, la Russie, non pas objet en soi, mais instrument de la guerre impérialiste, doit être considérée en fonction de la lutte pour la révolution mondiale, c’est-à-dire en fonction de la lutte pour l’insurrection prolétarienne dans tous les pays.
D’ailleurs la position des bolcheviks-léninistes ne se distingue déjà plus fondamentalement de celle des centristes et des socialistes de gauche. Il faut défendre la Russie, même si elle s’allie avec un État impérialiste, tout en maintenant une lutte impitoyable contre "l’allié" ! Mais cependant cette "lutte impitoyable" contient déjà une trahison de classe dès qu’il est question d’interdiction de grève contre la bourgeoisie "alliée". L’arme spécifique de la lutte prolétarienne est précisément la grève et l’interdire contre une bourgeoisie c’est en réalité renforcer ses positions et empêcher toute lutte réelle. Comment les ouvriers d’une bourgeoisie alliée à la Russie peuvent-ils lutter impitoyablement contre cette dernière s’ils ne peuvent déclencher des mouvements de grèves ?
Nous estimons qu’en cas de guerre le prolétariat de tous les pays, y compris en Russie, aurait pour devoir de se concentrer en vue de la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile. La participation de l’URSS à une guerre de rapine n’en modifierait pas le caractère essentiel et l’État prolétarien ne pourrait que sombrer sous les coups des contradictions sociales qu’une telle participation entraînerait.
Les bolcheviks-léninistes quittent le terrain du marxisme lorsqu’ils poussent le prolétariat à sacrifier sa lutte pour la révolution mondiale en échange d’une défense de l’URSS, seulement possible en temps de guerre par le renforcement des groupes impérialistes alliés du centrisme.

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L’heure est venue où il faut absolument tirer quelques conclusions de principe des expériences effectuées par Trotski et les bolchevik-léninistes. En 1928, le prolétariat mondial subit une défaite immense lorsque l’aile marxiste de l’Internationale Communiste fut exclue et que la domination du centrisme pu s’épanouir dans tous les P.C., comme à la tête de l’État prolétarien. En 1934, le prolétariat voit ses derniers sursauts de conscience sombrer lamentablement. Trotski et toute la tradition révolutionnaire d’Octobre 1917, qu’il représentait, sombre dans la social-démocratie. Lui et les bolcheviks-léninistes appartiennent désormais à un passé dont le prolétariat ne peut se détourner que pour se diriger dans les nouvelles situations de demain, vers ces formations communistes qui maintiennent contre vents et marées le patrimoine révolutionnaire. Actuellement le bilan, aussi tragique qu’il puisse être, est le suivant : tous ceux qui, après la catastrophe allemande, la mort de l’I.C., ont voulu se lancer dans des constructions aussi rapides que dépourvues de base de principe de nouveaux partis et d’une Internationale, sont rejetés par les événements dans les bras de l’ennemi. Ceux-là qui ont voulu, sous prétexte d’internationalisme, construire un organisme mondial avec la social-démocratie de gauche, ont par leur faillite honteuse fait tout ce qui était possible pour rendre la construction des partis de demain, de la nouvelle Internationale, pénible et difficile. Si Trotski, les bolcheviks-léninistes, avaient suivi la voie de Marx, de Lénine, probablement les possibilités de regroupement, de progression de la lutte révolutionnaire seraient infiniment supérieures à celles qui subsistent aujourd’hui. Marx, en 1852, s’est séparé de ceux qui ne comprenaient pas qu’après une défaite d’envergure, l’heure n’était pas aux entreprises "insurrectionnelles" ; il a prôné la dissolution de la Ligue des Communistes, voulant montrer par là la nécessité de remettre sur le métier toutes les données qui servirent à la fondation de la Ligue afin de les élever à la nouvelle période qui s’ouvrait, de les compléter par l’analyse de la défaite. Marx attendit les changements de la situation pour appuyer et participer à la fondation des nouveaux organismes du prolétariat. Lénine, et c’est Trotski qui le remarque, attendit après 1905 que le flux révolutionnaire des masses se reconstitue et jusqu’en 1914 étudia la marche des événements, tira les enseignements de principe de la période passée, poussa à la formation de cadres. La 3ème Internationale elle-même n’est née que de l’explosion de la révolution russe. Seulement, les communistes qui se donnent pour tâche de compléter le patrimoine idéologique de la révolution russe, qui rejettent toute compromission sur le terrain des principes et de l’organisation avec des forces sociales historiquement liquidées, telle la social-démocratie, qui répudient la démocratie bourgeoise, forme de domination du capitalisme, qui constituent les cadres pour les situations de demain restent fidèles aux enseignements des grands chefs du communisme et travaillent pour la révolution prolétarienne.
La 4ème Internationale, avorton mort-né, disparaît dans l’Internationale des traîtres et des renégats. Les leçons de l’histoire sont terribles. Vouloir à tout prix créer des organisations sur des bases historiques qui ont conduit au triomphe du centrisme, à la défaite du prolétariat, vouloir braver la déroute des masses, la crise de la révolution pour fouetter l’histoire de désirs inespérés, c’est tomber dans la boue, aussi grand aigle que l’on puisse être.
Maintenant, de cette entreprise fausse et dangereuse, subsiste encore des convulsions "anti-centristes" qui, en France, en Belgique, sous le nom de bolcheviks-léninistes se rapprochent à toute vitesse de la social-démocratie en attendant d’accepter le point de vue du camarade Vidal, de l’entrée immédiate dans la 2ème Internationale.
L’opportunisme a gagné l’Internationale Communiste après les défaites de 1923 : pour construire le socialisme en un seul pays, il fallait briser le prolétariat mondial et pactiser avec les États capitalistes et leurs capitaux. La défaite de 1933, en Allemagne, a transformé l’opposition de gauche de groupe rongé par l’opportunisme en formation évoluant vers la social-démocratie. Eux aussi ont exclu les marxistes qui luttèrent contre la répétition de formules périmées, contre la sanctification de positions opportunistes.
Pour sauver la Russie, les centristes ont introduit le socialisme en un seul pays, démoli les ouvriers dans le monde entier. C’est encore pour sauver l’Union Soviétique que Trotski et ses partisans ont sacrifié la lutte pour la révolution mondiale, seul moyen de sauver le prolétariat dans son ensemble et toutes ses conquêtes, Russie y comprise.
Avant 1933, toutes les formules opportunistes (front unique avec la social-démocratie, mots d’ordre démocratiques, redressement des P.C. au lieu de création de fractions, etc.) permettaient aux marxistes de cohabiter dans une même organisation avec les bolcheviks-léninistes, comme d’ailleurs avec les centristes, à la condition de pouvoir délimiter sérieusement les positions respectives, par l’organisation de fractions distinctes. La réalisation presque totale du cours de l’opportunisme au sein des partis centristes : la défaite allemande et leur fonction d’appoints aux manœuvres diplomatiques de la Russie dissolvant le prolétariat mondial au sein du capitalisme, rendent désormais toute possibilité de cohabitation à jamais impossible. Le mot d’ordre des communistes est de quitter les partis centristes, comme ceux de la social-démocratie.
Aujourd’hui que l’opportunisme des bolcheviks-léninistes n’est plus un problème de discussion, mais que sur une série de problèmes ils ont rompu pratiquement avec les principes du communisme, qu’ils admettent ou la rentrée dans la Deuxième Internationale ou l’accord avec les socialistes de gauche pour créer les nouveaux partis, qu’au surplus envers la guerre leur position ne se distingue pas de celle du centrisme, oblige forcément les communistes à adopter envers ceux-ci cette position : les prolétaires n’ont plus rien à faire dans les groupes "socialistes-bolcheviks-léninistes". Ces derniers prennent place parmi les forces de l’ennemi qu’il faudra balayer pour asseoir les nouveaux organismes du prolétariat. La "deux et trois quart" n’a mis que quelques mois de temps pour rejoindre la IIe Internationale !

Notes :

[1Appellation que se donnent les différents groupes trotskistes dans les années 30. (Note Smolny)

[2Probablement un lapsus du rédacteur, il s’agit bien sûr de juin 1848. (Note Smolny)

[3Ces documents parurent dans "La Vérité" et les bulletins intérieurs des bolcheviks-léninistes français et belge.

[4Rappelons seulement le mot d’ordre de la dissolution des ligues fascistes, demandée aux gouvernements bourgeois, et le bloc entre S.F.I.O. et bolcheviks-léninistes en février. Aujourd’hui "La Vérité", dont la ligne politique est plutôt "l’anti-centrisme" que l’opposition de principe au centrisme, a beau jeu pour accuser les centristes d’avoir la même position sur les ligues fascistes qu’elle auparavant. Actuellement, les bolcheviks-léninistes demandent aux ouvriers et non plus au gouvernement de dissoudre eux-mêmes les ligues fascistes !




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