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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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À nos lecteurs
{Bilan} n°12 - Octobre 1934
Article mis en ligne le 17 décembre 2016
dernière modification le 12 décembre 2016

par ArchivesAutonomies
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Avec le numéro 12 de Bilan nous clôturons notre première année d’existence. Malgré les difficultés, l’indifférence des uns, les sarcasmes des autres, nous avons tenu bon sans vouloir désespérer de l’avenir. Aujourd’hui, un premier jalon est posé sur notre route, mais il faut continuer et faire infiniment mieux. Certes, nous ne sommes pas arrivés à déterminer des discussions sérieuses avec des groupes politiques se réclamant du communisme, mais faut-il y voir un résultat de la désagrégation de ceux-ci, de leur incapacité profonde à affronter une discussion de principe, ou simplement un résultat de notre extrême médiocrité, du peu d’intérêt de nos conceptions. Ce qui est évident, c’est que malgré leur suffisance, nos adversaires s’effritent idéologiquement, se décomposent sous le fouet des évènements, manifestant ainsi leur peu de cohésion devant les nécessités actuelles.
La diffusion si réduite de Bilan est dû à son caractère d’organe de prospection d’un terrain historique auquel presque tout le monde tourne aujourd’hui le dos. Qui donc veut encore songer à reconstituer le bagage idéologique du prolétariat, à préparer la révolution en "comprenant la réaction" que nous vivons, lorsque l’exemple du triomphe du centrisme dans l’État prolétarien, l’incorporation de ce dernier au capitalisme, jette par terre les espérance prolétariennes ?
Notre isolement s’accentue donc en proportion de la débâcle sur tout le front ouvrier. Les uns veulent à tout prix sauver cet État dégénéré d’une chute définitive et, pour cela, deviennent les alliés de la social-démocratie ; d’autres quittent le terrain de la lutte et sombrent dans l’indifférence.
Dans une pareille situation, notre revue devait devenir un objet d’ironie pour ceux qui ont tout résolu, ont des formules toutes prêtes et résolvent les problèmes les plus complexes en un tourne-main avec quelques belles images de style à l’usage du "militant moyen". Nous laissons volontiers la flûte, le tambour et les tréteaux de foire aux confusionnistes qui rejettent toute nécessité de tracer un bilan historique des évènements. Pour nous, aussi modestement que nous avons commencé notre travail, nous continuerons en misant sur le devenir des situations donc nous voulons contribuer à préparer les éléments idéologiques pour la bataille ouvrière. De la dégénérescence de l’État prolétarien aux problèmes complexes que les défaites prolétariennes ont posés, il faut retirer des enseignements pour l’avenir sous peine de commettre les mêmes erreurs, de choir dans le même précipice. C’est dans ce sens que Bilan veut travailler et continuer sa route.
Que notre isolement puisse s’accentuer en fonction de l’accomplissement de notre tâche, n’est pas fait pour nous effrayer : nous payons la rançon de l’écrasement des ouvriers et du triomphe du capitalisme. Et si un jour il arrivait que nous soyions empêchés de continuer notre travail, il faudrait y voir un résultat d’une situation pénible pour les militants restés fidèles à l’idéal révolutionnaire.
Que chaque camarade qui nous lit se rende bien compte de l’effort que notre fraction doit fournir pour sortir Bilan. Mais aujourd’hui, cet effort devient plus important parce qu’il s’avère que seulement quelques rares noyaux marxistes - dont nous sommes - veulent préparer le matériel pour les révolutions de demain, au milieu d’une accentuation vertigineuse de la dégringolade de toutes les oppositions surgies de la lutte contre le centrisme.
L’aide matérielle, financière, de tous ceux qui s’intéressent à notre travail, devient donc de plus en plus essentielle. Il faut aider Bilan à vivre, à se propager. Le numéro 12 qui termine l’année aura 32 pages au lieu de 36, afin que nous puissions rattraper les 4 pages jointes au n°3, paru avec 40 pages.
Dorénavant, Bilan paraîtra avec 32 pages. Nous avons pris cette disposition pour ne pas encourir, éventuellement, le risque d’un déficit. Que nos lecteurs comprennent bien qu’il ne dépend que d’eux de maintenir 36 pages, mais pour cela, il faut augmenter le nombre d’abonnements, activer les souscriptions.




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