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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Le capitalisme français marque un nouveau point
{Bilan} n°12 - Octobre 1934
Article mis en ligne le 17 décembre 2016
dernière modification le 12 décembre 2016

par ArchivesAutonomies
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La position générale qui est admise, au sujet du tournant du centrisme vers le front unique, l’unité syndicale et l’unité organique avec les socialistes, s’inspire de la considération suivante : cette culbute résulte des nécessités politiques et diplomatiques de l’État russe. Ce dernier ayant opéré un changement dans sa politique, et se rapprochant toujours plus de l’impérialisme français, le P.C.F. s’orienterait, par ricochet, vers une modification substantielle de sa politique au terme de laquelle le prolétariat français aurait pour devoir de prendre les armes pour la défense de l’impérialisme qui se trouverait aux côtés des Soviets dans la prochaine guerre.
Remarquons, tout d’abord, que les principaux partisans de cette position arborent comme programme que le prolétariat devrait adopter, celui de la défense des "libertés démocratiques". Or, le point essentiel où s’est manifesté le changement de la politique centriste est précisément fourni par les mots d’ordre démocratiques, qui furent l’objet d’affirmations du plus plat loyalisme, afin d’arriver ostensiblement à un accord avec le parti socialiste. S’il était vrai que la culbute centriste soit fonction des intérêts de l’État russe, il serait incompréhensible que le gouvernement d’Union Nationale sous le signe duquel s’est scellé l’alliance avec la Russie soit en même temps le point de ralliement de la lutte contre ces libertés démocratiques qui servent actuellement de lieu de concentration pour l’action du parti communiste.
Il est évidemment certains que les défenseurs de la conception qui veut que le tournant centriste soit déterminé mécaniquement par la politique soviétique devraient — puisqu’ils admettent la nécessité de la défense de la Russie Soviétique même au cas où cette dernière serait l’alliée d’un impérialisme — appuyer ce tournant qui permettrait de relier la défense des libertés démocratiques du prolétariat français avec les intérêts de l’Union Soviétique. À ce sujet, les propositions de Trotski en 1931, pour un plan de lutte contre le chômage, obligeant les gouvernements bourgeois à nouer de puissantes relations avec l’URSS, devraient conduire à un accord total de principe des "bolchéviks-léninistes" avec la politique centriste. Comme nous l’examinerons plus loin, il est fort probable que la communauté de positions de ces premiers avec le centrisme — envers l’État Soviétique et de la prochaine guerre — est, au fond, la raison de la dissolution des bolchéviks-léninistes au sein des partis socialistes.
Les derniers événements ont vu marcher de pair l’attaque du gouvernement français contre le prolétariat, les appels de Doumergue aux "concitoyens" pour la lutte contre le "Front Commun" et la politique d’appui de ce même gouvernement à l’entrée de l’URSS dans la Société des Nations, sur la base d’un renforcement de l’alliance entre les deux États. La progression de l’attaque gouvernementale contre le prolétariat ne trouble en rien l’évolution des relations de l’impérialisme français et de l’Union Soviétique. D’ailleurs aucun des participants au "Front Commun" n’escomptera une atténuation des attaques du gouvernement d’Union Nationale en conséquence des relations entre les deux États. Socialistes et centristes appuient la politique russe parce qu’elle est une politique de paix. Le terme général de "politique de paix" prend la signification réelle dans les déclarations sans équivoque des organes responsables soviétiques : l’impérialisme français est "pacifique" parce qu’il maintient son hégémonie impérialiste et, dès lors, la Russie Soviétique s’accroche à des garanties concrètes de tranquillité internationale qui s’appuient sur la domination des plus forts.
Les antagonismes sur lesquels se base le régime capitaliste donnent lieu à deux espèces de mouvements qui diffèrent fondamentalement. Tout d’abord, à des contrastes de classe opposant bourgeoisie et prolétariat ; dans le cadre de cette opposition — le seul centre moteur de la réalité historique actuelle — gravitent les luttes d’autres formations sociales qui oscillent entre les deux classes essentielles de la société capitaliste ; ensuite, à des contrastes qui, après avoir opposé les individualités capitalistes (dans la libre concurrence) les couches différentes d’industriels, de propriétaires fonciers, de banquiers, etc., opposent les grands trusts internationaux, pour arriver enfin à mettre les unes contre les autres les constellations impérialistes se dirigeant vers la guerre.
Entre ces deux espèces d’antagonismes engendrés par la société capitaliste, aucune possibilité de correspondance n’existe, comme d’ailleurs n’existe pas la possibilité de s’appuyer sur des contrastes inter-impérialistes pour faire avancer le mouvement révolutionnaire ou de défendre les intérêts de l’État ouvrier. Certaines affirmations de Lénine laisseraient supposer que ce grand chef du communisme faisait dépendre, en principe, le sort de l’État ouvrier de l’exploitation des luttes auxquelles étaient voués les États capitalistes. Mais notre fraction, qui estime indispensable même le réexamen des positions de tactique que Lénine défendit à son époque sans qu’il puisse se référer à une expérience de gestion prolétarienne d’un État, pourra facilement démontrer que, chez Lénine, il s’agissait de positions fortuites et passagères alors que, en tant que question de principe, il défendit avec acharnement la liaison de l’État ouvrier non pas avec les contrastes inter-impérialistes, mais uniquement avec l’évolution révolutionnaire du prolétariat des différents pays.
Ces deux courants contradictoires surgissant de la société capitaliste sont, entre autre, opposés l’un à l’autre de telle sorte qu’aucune possibilité n’existe de relier le mouvement ouvrier à la marche des rapports les États impérialistes. Cela a été prouvé lumineusement par l’expérience d’Autriche où les socialistes ayant accroché le sort des organisations ouvrières au sort de l’impérialisme français, n’ont fait que faciliter l’œuvre que solidairement poursuivaient Boncour, Dolfuss, Hitler et Mussolini, dans l’intérêt du capitalisme mondial : l’écrasement du prolétariat autrichien.
Les manœuvres qu’effectuent les États capitalistes à l’intérieur des autres États qui leur sont antagonistes peuvent s’appuyer sur des mouvements nationaux qui, eux, se déroulent sur la même trajectoire historique que les contrastes impérialistes dirigés vers la guerre. Il est parfaitement vrai que l’impérialisme italien appuie le mouvement séparatiste croate ; l’impérialisme allemand appuie non seulement les mouvements nationaux "allemands", mais aussi le séparatisme irlandais, et cette liste pourrait se prolonger à l’infini, en y comprenant surtout les pays désavantagés par la guerre, mais sans exclure les impérialismes qui ont retiré leur prédominance de la dernière conflagration.
Pour ce qui concerne les mouvements de classe, par contre, ces derniers se vérifiant dans une direction radicalement opposée à celle conduisant aux antagonismes inter-impérialistes, les conditions n’existent nullement pour permettre à un État de s’appuyer sur la classe prolétarienne de l’État capitaliste adverse dans le but d’atteindre ses visées particulières. Ici, nous le répétons, au lieu d’une possibilité de heurt entre les États antagonistes, existe une condition où s’affirme la solidarité du capitalisme mondial pour l’écrasement du mouvement prolétarien et de la révolution communiste.
Le système d’organisation sociale dominant dans une époque donnée n’est pas le conglomérat des différents régimes existants mais résulte du mode de production en vigueur dans les États principaux du monde. Ainsi, à l’heure actuelle, malgré l’extrême variété de sociétés existantes, nous vivons dans une époque capitaliste et le poids spécifique de ces principaux États occupant une partie limitée de la surface du globe, est tel que ces derniers commandent toute l’évolution historique. La fondation de l’État prolétarien, tout en faisant une brèche dans le système capitaliste mondial, ne pouvait prémunir, même à l’intérieur des frontières soviétiques, l’économie et la société russe de l’emprise et des lois du capitalisme. La victoire de l’État ouvrier ne pouvait être considérée que comme la première pierre d’un édifice que le prolétariat russe et des autres pays ne pouvaient construire que sur la base exclusive de la victoire révolutionnaire dans les différents pays, édifice ne pouvant s’achever que par le triomphe de l’insurrection prolétarienne dans les pays que l’évolution productive et industrielle ont placé à la tête de toute l’humanité.
Deux voies s’offraient à l’État ouvrier : emprunter le chemin de la révolution mondiale même au risque de voir son sort correspondre à celui des prolétariats des autres pays, donc à être écrasé par l’ennemi en conséquence de l’étranglement de la classe ouvrière mondiale, ou bien se terrer dans les limites territoriales de ses frontières et être ainsi emporté par les lois régissant le système capitaliste mondial. La victoire des centristes et l’expulsion des gauches marxistes en 1927 représentèrent la première condition réalisée pour arracher l’État ouvrier au prolétariat russe et mondial. La victoire fasciste en Allemagne signifia que désormais, ainsi qu’il en avait été pour les partis de la Deuxième Internationale, la régénérescence du mouvement prolétarien ne se serait plus effectuée au travers d’une victoire des fractions au sein des anciens partis dégénérés, mais par la voie des scissions et de la fondation de nouveaux organismes. L’Internationale Communiste s’écroula en 1933 et les faibles liens organisationnels qu’elle maintient encore aujourd’hui pourront bientôt être comparés à ceux qui furent renoués, entre les traitres, par le bureau dirigé par Huysmans à Amsterdam.
À partir de cette époque, marquée par l’écrasement du prolétariat allemand, l’incorporation de l’État Soviétique dans le monde capitaliste est un fait accompli et la loi conditionnant tout le système régit aussi le sort de l’État ouvrier. Tout comme les autres États, la Russie Soviétique pourra vivre à la condition de fournir son appui à l’œuvre qui se poursuit depuis la fondation du capitalisme et qui tend à l’écrasement du mouvement prolétarien dans tous les pays, la Russie y comprise.
Les derniers événements manifestent, avec une clarté cristalline, la fonction qu’occupe l’État ouvrier à l’égard du mouvement ouvrier mondial. En Allemagne, avant la mort de l’Internationale Communiste ce processus ne revêtait pas encore les formes si achevée qu’il atteint actuellement (bien que sous des expressions contradictoires, la fonction de l’État russe se révèle analogue). En Allemagne, en face de l’inévitabilité de la conversion du régime capitaliste vers le fascisme, le prolétariat ne pouvait opposer d’autre perspective que la lutte pour ses positions immédiates de classe dont la défense comportait inévitablement le regroupement ouvrier en vue de l’insurrection. Le centrisme devant cette situation, conscient de l’acuité extrême de la situation et de l’enjeu de la lutte pour le prolétariat mondial n’hésita point et au lieu de joindre le sort de l’État ouvriers aux batailles du prolétariat allemand, se dirigea ouvertement vers le chemin de l’ennemi en obtenant, en échange, la possibilité de procéder avec succès à une course vers l’industrialisation. Au point de vue politique, loin de cimenter, sur la base des revendications immédiates, le front prolétarien, le centrisme souleva le théorème politique de la lutte "contre le social-fascisme d’abord", de la scission syndicale, de l’appui au plébiscite naziste en Prusse, conduisant ainsi le mouvement ouvrier dans le cul de sac où il devait s’écrouler sans réaction, pendant que la politique du socialisme dans un seul pays obtenait de grands résultats des cinq années où elle avait pu s’épanouir par des méthodes de corruption, de terrorisme idéologique et physique, et par la lutte impitoyable pour empêcher la formation d’une fraction de gauche du Parti Communiste Allemand.
En France, c’est sur un front analogue qu’agira la Russie Soviétique, bien que le chemin qu’elle suivra ne sera plus le même. C’est vers l’écrasement du prolétariat français que se dirige la politique appliquée par le Parti Communiste Français, sur l’intervention des organes dirigeants l’État russe. Le front unique se réalisera, en effet, sur la base de l’acceptation des propositions de la gauche du Parti socialiste français pour exclure, aux termes de l’accord, les mouvements de classe des ouvriers en vue de la défense de leurs intérêts et de leurs positions de classe. L’unité syndicale ne sera nullement poursuivie comme un couronnement au déclenchement de la grève générale du prolétariat français mais s’orientera vers la dissolution des syndicats de la C.G.T.U. au sein de la C.G.T. repoussant catégoriquement les mouvements revendicatifs. L’unité organique entre socialistes et P.C.F. viendrait sanctionner la dissolution totale du mouvement prolétarien français. En Allemagne, par le canal de la lutte contre le "social-fascisme", le centrisme liait les mains aux ouvriers pour les livrer au fascisme, en France, il les livre aux compères des massacreurs de la révolution allemande de 1919-1920.
C’est donc sur le fond de la lutte pour l’écrasement du mouvement prolétarien mondial que se situe la politique centriste, et nullement en fonction des intérêts particuliers et limités de l’État russe suivant l’évolution actuelle des constellations impérialistes.
À l’occasion de la guerre, et pour rendre possible cette dernière, le capitalisme a besoin de poser des alternatives comme en 1914 ; par exemple, celle qui aurait opposé le tsarisme aux organisations ouvrières allemandes, ou l’empire teutonique à la république française. Ainsi se trouve facilitée l’œuvre de mobilisation des cerveaux ouvriers. Il est trop tôt pour discerner, dès maintenant l’alternative qui sera soulevée demain et pour dire qu’elle se concentrera autour de la lutte entre fascisme et antifascisme. Au surplus, faudra-t-il considérer que dans les termes de cette tromperie capitaliste bien des incohérences formelles pourront se trouver, comme en 1914 lors de la participation au même bloc "démocratique" de la France et de la Russie tsariste. De toute façon ce qui domine c’est évidemment la position occupée par les différents États et le masque sera facilement collé aux drapeaux qui jetteront, dans l’intérêt de l’impérialisme, les ouvriers les uns contre les autres.
La manœuvre qu’accomplit actuellement le centrisme et qui — comme nous l’avons dit — tend fondamentalement à permettre l’écrasement de la classe ouvrière française, se relie à une situation qui évolue vers la guerre et aux deux hypothèses suivantes : si la Russie marche avec l’impérialisme français alors les perspectives de l’"unité" seront stables et se résoudront dans la trahison et la nouvelle "union sacrée" qui sera constituée. Au cas où la Russie devait marcher avec l’Allemagne, la politique du centrisme s’efforcerait de mobiliser les ouvriers pour la défense de l’URSS et de mettre à nouveau en évidence les trahisons des social-démocrates depuis 1914. De leur côté ces derniers trouveraient de quoi alimenter leur influence pour entraîner les ouvriers à défendre la démocratie dans le fait qu’ils pourront facilement faire apparaître la nouvelle orientation de l’État ouvrier comme une trahison à l’égard de la classe ouvrière. Dans ce deuxième cas, la politique centriste d’aujourd’hui, après avoir obtenu comme résultat l’écrasement de la classe ouvrière française, aura simplement pour effet de démontrer l’impossibilité de s’appuyer sur la social-démocratie, préparant ainsi les conditions pour la nouvelle culbute à l’occasion de la guerre.
Dans la situation historique de l’avant-guerre, le problème des rapports du mouvement ouvrier envers l’État constitue le point essentiel autour duquel se déterminèrent les scissions au sein des partis socialistes et enfin la victoire de l’opportunisme conduisant à la trahison de 1914. Au fond, la démarcation entre la contre-révolution et la révolution s’est effectuée autour du problème central de l’État que les uns voulaient graduellement conquérir au socialisme et que les révolutionnaires considéraient comme une machine de domination à détruire par l’insurrection prolétarienne.
Dans l’après-guerre, les situations historiques posèrent un autre problème au prolétariat mondial : les rapports entre l’État ouvrier et le mouvement prolétarien de tous les pays en vue de la révolution internationale. C’est en relation avec cette question essentielle que des scissions successives se sont déroulées, ces dernières années, au sein des partis communistes.
Nous n’avons pas considéré les partis socialistes, après leur trahison de 1914, comme restant des organismes "ouvriers", mais des instruments directement reliés aux intérêts du capitalisme.
Pour cela nous nous sommes guidés sur cette appréciation : c’est la fonction des forces sociales et non la position de classe occupée par leurs composants, qui détermine leur rôle.
Or, dans la question des rapports entre l’État russe et le mouvement ouvrier des autres pays, la position des bolcheviks-léninistes est analogue à celle des centristes. En effet, elle consiste à confondre la fonction de l’État russe et sa nature prolétarienne et en conséquence, avec les centristes, à préconiser la concentration du prolétariat mondial autour de l’URSS qui, parce que prolétarien, déterminerait automatiquement — en cas de guerre — l’éclosion de mouvements révolutionnaires dans tous les pays.
Actuellement centristes et bolcheviks-léninistes soulèvent la perspective d’une guerre de l’impérialisme mondial contre l’URSS ; d’autre part la variante qui vient d’être dernièrement admise par Trotsky, arrive jusqu’à défendre la nécessité de ne pas obstruer le chemin qui relie un impérialisme à l’État ouvrier, dont il serait l’allié, et de cesser les mouvements de classe dans les industries de guerre travaillant pour l’URSS
Cette analogie de positions fondamentales en face des problèmes centraux de notre époque, explique le changement de position effectué par les bolcheviks-léninistes. Ces derniers, en face du tournant effectué par le centrisme, loin d’en analyser la signification, la portée, les objectifs immédiats et lointains, loin d’établir si le "front commun" réalisé en dehors et contre les mouvements de classe n’est en définitive qu’un instrument de trahison des ouvriers, ont salué ce tournant en le qualifiant de victoire des positions politiques qu’ils avaient auparavant défendues. Au premier moment, ils essayèrent même d’avoir leur part dans le front unique réalisé. Mais ensuite, se voyant écartés par l’accord entre centristes et socialistes, ils ne virent d’autre issue que celle de rejoindre l’un ou l’autre des deux partis, et cela après avoir fait une lutte "de principe" contre les propositions de Doriot pour le "parti unique". En somme, après avoir écarté la capitulation devant le P.C. à cause des difficultés contingentes, les bolcheviks-léninistes ont rejoint le parti socialiste.
Admettant en principe l’alliance de l’URSS avec un impérialisme, soutenant malgré cela la nécessité de la défense de l’URSS, les bolcheviks-léninistes ne pouvaient donner qu’une seule solution à un problème de contingence. Risquant d’être négligés en cas où ils auraient maintenu leur organisation indépendante, les bolcheviks-léninistes ont entrepris une course de vitesse avec les centristes pour se classer premiers et conquérir ainsi un droit de priorité dans l’éventualité d’une dissolution du parti communiste français dans la S.F.I.O. où il réaliserait l’unité organique avec les traitres de 1914.
Ainsi se clôture lamentablement une expérience qui avait soulevé les plus ardents espoirs des communistes du monde entier, qui escomptaient pouvoir relier les mouvements révolutionnaires de leurs pays à une fraction du parti bolchevik, dirigée par un des chefs d’Octobre 1917. Les récents événements brisent cette continuité historique et mettent les prolétaires devant la nécessité de faire appel uniquement à leurs forces pour l’œuvre de construction des fractions de gauche, pour la fondation de nouveaux partis pour la victoire révolutionnaire dans le monde entier.


L’État étant né du besoin de tenir en bride les antagonismes de classes, mais étant né en même temps au milieu du conflit de ces classes, il est en règle général l’État de la classe la plus puissante, de celle qui a la domination économique, laquelle, par son moyen, devient aussi classe politiquement dominante et ainsi acquiert de nouveaux moyens d’assujettir et d’exploiter la classe dominée. C’est ainsi que l’État antique était avant tout l’État des propriétaires d’esclaves pour tenir ceux-ci sous le joug, de même que l’État féodal fut l’organe de la noblesse pour assujettir les paysans serfs et vassaux, et que l’État représentatif moderne sert d’instrument à l’exploitation du travail salarié par le capital.

F. ENGELS, L’Origine de la Famille...




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